Les Bleues plus armées que jamais pour battre Team USA ?

Deux ans après leur médaille d’argent aux Jeux olympiques de Paris, les Bleues sont de nouveau dans le dernier carré d’une compétition internationale. Sans avoir encore égalé le résultat de 2024, cette Equipe de France version 2026 semble disposer de davantage d’armes offensives.

L'Equipe de FranceIl y a deux ans, il avait manqué quelques centimètres à Gabby Williams pour envoyer la finale des Jeux olympiques face à Team USA en prolongation. Depuis, l’Equipe de France a connu quelques turbulences, avec sa quatrième place à l’Euro 2025, mais la voilà de nouveau dans le dernier carré d’une compétition majeure.

Et après sa démonstration face à la Chine (90-61), une question commence forcément à se poser : cette Equipe de France version 2026 est-elle déjà plus forte que celle qui avait décroché l’argent à Paris ?

Interrogée sur le sujet, Marine Johannès préfère évidemment éviter la comparaison. « C’est un groupe différent, je ne voudrais pas faire injure aux précédents », a-t-elle expliqué à L’Equipe après le quart de finale.

Une menace qui vient désormais de partout

Il faudra attendre la fin du tournoi pour comparer les palmarès. Dans le jeu, en revanche, les Bleues semblent avoir franchi un cap, particulièrement en attaque.

Même après le quart de finale, elles tournent quasiment à 100 points de moyenne par rencontre depuis le début de la compétition, très loin devant les Etats-Unis (90,5), l’Espagne (81,0) et le reste des équipes engagées. Surtout, leur adresse extérieure a complètement changé leur plafond offensif. Après avoir établi un record du Mondial avec 22 tirs à 3-points face au Nigeria, elles en ont encore inscrit 14 contre la Chine, à un très correct 38% de réussite.

Selon les données de la FIBA, la France est ainsi devenue la première sélection de l’histoire de la compétition à réussir au moins 12 tirs primés lors de quatre rencontres consécutives.

« On est dangereuses de partout », résume Pauline Astier. « On aime jouer ensemble, on se passe la balle, on défend fort. Dès que l’une entre, elle est meilleure que celle qui est sur le terrain. Tout le monde apporte énormément et on se fait confiance. »

C’est peut-être la différence majeure avec 2024. Gabby Williams reste la patronne, avec 17,5 points, 5,3 rebonds et 2,5 interceptions de moyenne, mais elle est entourée de menaces permanentes. Marine Johannès (16,5 points de moyenne) est devenue un vrai joker de luxe, Janelle Salaün (11,5 points) peut sanctionner dès qu’elle a un peu d’espace tandis que Dominique Malonga, quasiment inutilisée lors de la finale olympique de 2024, est désormais une pièce majeure du dispositif avec 11,0 points et 7,3 rebonds de moyenne.

Cette transformation dépasse d’ailleurs les statistiques. Nommée capitaine juste avant le début du Mondial, Gabby Williams est devenue le relais principal de Jean-Aimé Toupane.

« Elle est juste : elle encourage mais nous dit aussi nos vérités », explique Leïla Lacan. « Sur le terrain, elle insiste sur le fait qu’elle nous fait confiance. Elle nous guide dans le rythme et dans l’intensité. Elle est exemplaire, ça nous donne envie de la suivre. »

Même constat chez Romane Bernies : « Gabby est montée en puissance au niveau de son leadership. C’est une leader d’exemple sur le terrain, par ce qu’elle donne comme énergie. Ça impulse une certaine dynamique. »

Une nouvelle culture autour de Gabby Williams

Un leadership qui accompagne le changement de culture déjà évoqué par Gabby Williams depuis l’arrivée de Jean-Aimé Toupane.

« Les filles ont compris l’importance d’être ensemble », apprécie justement le sélectionneur. « C’est mon mot d’ordre depuis le début : on gagnera, et on gagnera gros si on est ensemble. Elles ont de l’ambition et elles le revendiquent. Elles se donnent les moyens de gagner. »

C’est d’ailleurs une vraie rotation à dix joueuses, Leïla Lacan, Marième Badiane, Carla Leite, Migna Touré et Pauline Astier apportant également chacune leurs forces, qui maintient l’intensité défensive et le rythme de relance souhaités par le staff. Pour cela, les dix joueuses de la rotation principale jouent entre 15 et 23 minutes.

« Nous voulons être l’une des meilleures Equipes de France de l’histoire ! » lançait Gabby Williams après le quart de finale. « C’est en ce sens que j’ai déjà dit que je voyais que notre culture était en train de changer. Je vois la différence, surtout grâce à la nouvelle génération qui est en train d’arriver. Elles ne sont pas juste ici pour faire partie de l’équipe, elles sont là pour écrire l’histoire. »

Les Bleues de 2026 sont-elles donc déjà meilleures que celles de 2024 ? Pas encore dans les résultats. Mais elles semblent aujourd’hui plus dangereuses offensivement et peut-être encore plus sûres de leurs forces. L’Allemagne, samedi en demi-finale, sera le prochain test après avoir surpris la Belgique d’Emma Meesseman.

Et au bout du chemin pourrait de nouveau se dresser Team USA. En 2024, les Bleues avaient échoué à un point des Américaines avec une attaque encore largement dépendante des exploits de Gabby Williams. Deux ans plus tard, elles disposent de davantage de shooteuses et de menaces capables de surgir de partout. Rien ne garantit évidemment qu’elles retrouveront les Etats-Unis en finale, ni qu’elles les battront. Mais elles semblent aujourd’hui plus armées que jamais pour réussir ce qu’elles avaient manqué d’un rien à Paris : faire tomber Team USA…

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Rédacteur de contenu Dimitri Kucharczyk

Tombé amoureux de la balle orange au son de la voix de George Eddy et des arabesques de Penny Hardaway et Hakeem Olajuwon, Dimitri a intégré BasketUSA en 2008, avant d'en devenir rédacteur en chef

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