Il y a peu de chances que Victor Wembanyama décroche le trophée de MVP cette saison. Deuxième meilleur marqueur de la campagne et leader de la meilleure équipe de la saison régulière, Shai Gilgeous-Alexander semble ainsi parti pour réaliser le doublé, Luka Doncic étant désormais vu comme son dauphin le plus probable.
Néanmoins, le joueur des Spurs a de très bonnes chances d’être sur le podium, ce qui serait une première pour un Français. Et il a surtout avancé des arguments plutôt intéressants dans ce débat.
« La première chose, c’est que la défense représente 50 % du jeu et qu’elle est sous-estimée dans la course au MVP. Je pense être le joueur le plus impactant défensivement de la ligue » a-t-il ainsi développé. « Le deuxième, c’est qu’on a presque balayé Oklahoma City cette saison, et qu’on les a dominés trois fois avec leur équipe au complet. Le troisième, c’est que l’impact offensif ne se limite pas aux points. »
Le seul leader offensif et défensif de son équipe dans la course au MVP
C’est la ligne des soutiens de « Wemby » ces derniers temps : il est le seul véritable candidat de la course au MVP à être à la fois le leader offensif et le leader défensif de son équipe. La définition du « two-way player », comme l’explique Nicolas Batum ou encore son coach, Mitch Johnson, qui préfère pourtant éviter le débat.
Surtout que comme chaque année, la course pour le MVP mélange donc arguments objectifs et subjectifs…
« Il pèse sur le jeu à tous les niveaux : sur le terrain, des deux côtés du terrain, avec ou sans le ballon, sur ce que l’autre équipe tente de faire, prévoit, met en place et à quoi elle s’adapte des deux côtés du terrain. À mon humble avis, autant que n’importe quel autre joueur que j’ai jamais vu » résume son coach. « Prenez cela pour ce que ça vaut, mais c’est quelqu’un qui influence absolument tous les aspects de notre programme, sur le terrain, et je n’ai même pas encore parlé de ce qui se passe en dehors. »
Face au Heat, la nuit dernière, Victor Wembanyama a ainsi mis en avant ses arguments, tant en conférence de presse que sur le terrain. Face à la troupe de Bam Adebayo, son impact défensif était ainsi plus clair que jamais.
What a preposterous defensive sequence from Victor Wembanyama. pic.twitter.com/LvZIXmBddP
— Jason Timpf (@_JasonLT) March 24, 2026
En attaque, son influence est parfois moins évidente, comme il l’explique, mais il suffit de voir cette séquence pour comprendre la peur que sa taille génère lorsqu’il se rapproche du cercle. Toute la défense floridienne se contracte dans la raquette pour gérer son pick-and-roll avec Devin Vassell, libérant donc Keldon Johnson dans le coin.
Sur cette séquence, Victor Wembanyama n’est crédité d’aucune stat, mais son influence est pourtant bien réelle.
Make that three. Insane roll gravity. pic.twitter.com/TW6QNF4BHX
— Jason Timpf (@_JasonLT) March 24, 2026
Réussir à quantifier l’influence, tant offensive que défensive, des joueurs, est une tâche extrêmement complexe. Le site Bball-Index tente d’y parvenir en utilisant le « Luck-adjusted player Estimate using a Box prior Regularized ON-off », connu sous l’acronyme malicieux de « LEBRON ».
Derrick White, Bam Adebayo et les autres…
Pour faire simple, l’idée est de combiner les statistiques brutes (points, rebonds, passes, contres, interceptions…) avec les performances de l’équipe quand le joueur est (ou pas) sur le terrain, tout en faisant des ajustements pour ne pas tenir compte des éléments liés à la chance. Par exemple, cette métrique ne tient pas compte de l’amélioration de l’adresse aux lancers-francs des coéquipiers d’un joueur lorsque celui-ci est en jeu.
Evidemment, comme toute donnée statistique, elle a ses biais en favorisant les intérieurs, ou en sous-estimant parfois l’influence des coéquipiers d’un joueur. Mais, sur de grands échantillons, l’image produite est parlante.
Ainsi, c’est Nikola Jokic (+5.86) qui améliore le plus l’impact offensif de son équipe sur 100 possessions, devant Luka Doncic (+5.57), Shai Gilgeous-Alexander (+5.35). Par contre, défensivement, c’est Victor Wembanyama (+3.57) qui est très largement premier pour aider l’impact défensif de son équipe sur 100 possessions.
En cumulé, des deux côtés du terrain, c’est ainsi le Français qui est à la première place du classement, en améliorant l’efficacité de son équipe de +6.93 points sur 100 possessions. Nikola Jokic (+6.60) est deuxième, devant Shai Gilgeous-Alexander (+5.85), Cade Cunningham (+5.38), Kawhi Leonard (+5.37) et Luka Doncic (+5.09).
Bball-Index calcule aussi les points « ajoutés offensivement » et « sauvés défensivement » depuis le début de la saison. De quoi visualiser les différents profils, notamment dans la course au MVP.
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Avec 113.88 points « ajoutés offensivement » et 126.44 points « sauvés défensivement » pour son équipe, Victor Wembanyama est clairement le profil le plus équilibré de cette course au sommet, et donc potentiellement le meilleur « two-way player » de NBA. Derrick White n’est pas loin derrière avec 111.22 points « ajoutés offensivement » et 105.44 points « sauvés défensivement », ce qui faisait dire récemment à Kenny Atkinson que le meneur de jeu des Celtics faisait carrément partie du Top 5 des joueurs NBA.
Et parmi les autres « two-way players », on retrouve logiquement Bam Adebayo (+66.87 | +78.60), Evan Mobley (+63.33 | + 51.45), Cade Cunningham (+177.95 | +65.88) ou Chet Holmgren (+48.19 | +107.60).
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