C’était il y a tout juste six ans, mais ça semble presque une autre époque. En 2020, la mort de George Floyd avait ainsi déclenché une vague de protestations dont la NBA s’était faite l’une des principales porte-paroles.
On était alors sur la fin du premier mandat de Donald Trump, et beaucoup pensaient sans doute que la parenthèse allait se refermer sur des prises de conscience. C’est l’inverse qui s’est produit et le deuxième mandat de Donald Trump va encore plus loin… alors que les voix contestataires se font de plus en plus timides. En particulier en NBA.
Il n’y a ainsi eu guère que Steve Kerr et Doc Rivers pour prendre position contre l’utilisation des agents de l’ICE, la police anti-immigration.
Après la mort de Renee Good, tuée par un agent de l’ICE dans sa voiture, les Wolves ont certes observé une minute de silence, tout en restant très prudents dans leurs déclarations. Suite à la mort d’Alex Pretti, également tué par des agents fédéraux à Minneapolis, la NBA a reporté la rencontre face aux Warriors d’un jour, pour assurer « la sûreté et la sécurité de la communauté de Minneapolis ». Sans mentionner l’origine des problèmes.
Hier, alors que la ville de Minneapolis est devenue un laboratoire de la stratégie de la tension de Donald Trump, les franchises sportives de la ville, ainsi que des entreprises, ont finalement publié un communiqué commun.
« Au vu des tragiques événements d’hier, nous appelons à une désescalade immédiate »
« Au vu des tragiques événements d’hier, nous appelons à une désescalade immédiate des tensions et demandons aux autorités fédérales, locales et de l’État de travailler ensemble pour trouver des solutions concrètes », déclare ainsi ce texte, toujours très prudent, alors que le syndicat des joueurs NBA (NBPA) embrayait.
« Aujourd’hui plus que jamais, nous devons défendre le droit à la liberté d’expression et être solidaires avec les habitants du Minnesota qui manifestent et risquent leur vie pour réclamer justice », peut-on ainsi lire dans la déclaration de la NBPA. « La fraternité des joueurs de la NBA, à l’image des États-Unis eux-mêmes, est une communauté enrichie par ses citoyens du monde entier, et nous refusons de laisser les flammes de la division menacer les libertés civiles qui sont censées nous protéger tous. »
Steve Kerr avait d’ailleurs du mal à se réjouir de la victoire de son équipe dans le Minnesota, dans « l’un des plus étranges et tristes matchs » auxquels il a pu participer.
« En tant qu’Américains, nous ne sommes pas parfaits et nous ne l’avons jamais été » résume-t-il. « Mais nos idéaux étaient les bons, tout comme nos valeurs. Peu importe votre opinion politique, il est très important aujourd’hui, compte tenu de l’extrémisme que nous pouvons ressentir, de se souvenir des valeurs inscrites dans la Constitution, liées à la citoyenneté, des valeurs qui consistent à prendre soin les uns des autres. »
Signe des temps, le message le plus fort est venu… de la troupe de dunkeurs sur trampoline des Wolves, qui arborait des t-shirts « Ice Out » lors de la rencontre entre leur équipe et les Warriors.
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