Pivot titulaire des Hornets depuis presque un mois, Moussa Diabaté compile 8,2 points et 8,4 rebonds en 24 minutes de moyenne. Le Français s’est fait une place en NBA en jouant plus dur que tout le monde et en acceptant le sale boulot. Son entraîneur et ses coéquipiers l’adorent pour ça. Lui voit les choses simplement : il joue comme il sait le faire, sans se prendre la tête et sans trop prêter attention au bruit autour de lui.
Que ce soit les critiques liées à son absence de l’Equipe de France l’été dernier ou les comparaisons flatteuses avec Ben Wallace et Dennis Rodman : Moussa Diabaté encaisse et trace sa route.
Cette solidité mentale vient aussi d’un parcours rare. Il a quitté la France pour les États-Unis à 13 ans. Repéré très tôt, il est sélectionné au McDonald’s All-American Game, avant de rejoindre l’université de Michigan. Après des débuts discrets aux Clippers, il s’est installé à Charlotte, où son profil colle aux besoins de l’équipe.
Pour Basket USA, Moussa Diabaté revient sur son jeu, son parcours américain et sa volonté de revenir en équipe de France si l’opportunité se présente.
Moussa, vous ne jouez pas ce soir. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre blessure ?
Non, ça va. C’est un petit truc. J’espère pouvoir être de retour dès le prochain match.
Votre coach parle beaucoup de votre énergie, et vous a même comparé à Ben Wallace. Cette énergie, vous l’avez toujours eue ?
Oui, je pense que je l’ai toujours eue. J’ai toujours eu ce « juice », cette envie de jouer à fond. J’ai joué comme ça toute ma vie.
À quel moment vous vous êtes dit que ce style pouvait être votre meilleur moyen de durer en NBA ?
Honnêtement, ce n’est pas un déclic. Ça s’est fait naturellement, organiquement. Quand je suis arrivé à Charlotte, on jouait l’été et moi je jouais dur, c’est tout. Puis je me suis dit : ‘Ok, ça marche, on continue’. Je ne me focalise pas uniquement là-dessus, mais l’équipe en a besoin, donc ça fonctionne.
Il vous a aussi comparé à Dennis Rodman au rebond offensif. Vous travaillez ça (placement, trajectoires…) ?
Non, pas du tout. Moi, je joue seulement. Je ne suis pas dans les ‘Regarde la balle, la trajectoire…’. Je pense qu’à la fin, c’est surtout une histoire d’envie. La balle est en l’air : qui veut la prendre ? C’est une question de réaction et d’agressivité. Et la plupart du temps, je me dis : je vais aller la chercher.
Nicolas Batum disait avec affection que vous étiez « son petit ». Quel rôle a-t-il joué à vos débuts aux Clippers ?
Énorme. Il m’a donné beaucoup de conseils, surtout quand j’étais jeune et que je ne jouais pas beaucoup. Il a toujours été bienveillant. Il a toujours cherché à me mettre en avant, à m’aider à comprendre certaines choses, à accompagner ma progression. Je lui en suis très reconnaissant.
« Boris m’a envoyé un message, il faut que je l’appelle. Moi, je n’ai aucun souci avec eux. Comme je l’ai dit, s’ils m’appellent, il n’y a pas de problème »
Vous êtes titulaire depuis une dizaine de matches. Quel est le prochain objectif ?
Je ne vais pas mentir : j’ai mes objectifs personnels, mais je préfère garder ça pour moi. Je ne raisonne pas par étapes, je ne me prends pas la tête. Ce qui doit arriver arrivera. J’essaie ne pas me laisser affecter par le reste.
Votre parcours est atypique : départ très jeune aux États-Unis, McDonald’s All-American, puis Michigan. Comment l’expliquer à ceux qui ne connaissent pas le système américain ?
C’est complètement différent. Et je pense que je suis le seul Français à avoir fait ça, en vrai. Je sais qu’il y a des Français qui sont partis aux États-Unis, mais arriver au niveau où je suis arrivé, je ne pense pas.
Il me semble que vous êtes le seul Français à avoir été McDonald’s All-American (sorte de All-Star Game pour les lycéens).
Je pense que je suis le seul, oui. C’est un système complètement différent, surtout quand on est si jeune. Je ne sais pas comment l’expliquer mais c’est une période où on est tiraillé, où on se cherche, et évidemment ce n’est même pas juste par rapport au basket. Humainement, on se retrouve dans un environnement qui est complètement différent, avec une langue différente, une culture complètement différente aussi.
Au moment de partir, avez-vous eu des doutes ?
Oui, bien sûr. Les premiers mois d’adaptation, c’est extrêmement dur. La vie en général devient très dure. Beaucoup de gens ne réalisent pas à quel point le confort de chez ses parents, c’est énorme. Quand tu le quittes à 13 ou 14 ans, ça peut être un choc. Certains rentrent parce qu’ils n’arrivent pas à s’acclimater. C’est un choix fort : il faut de la conviction et une détermination quotidienne. Moi, j’avais ma famille derrière moi, qui m’a poussé… même si, au final, tu es tout seul à l’autre bout du monde.
Dernière question : depuis l’été dernier, avez-vous eu des contacts avec la Fédération ou Boris Diaw ?
Oui, c’est marrant que tu demandes : Boris m’a envoyé un message, il faut que je l’appelle. Moi, je n’ai aucun souci avec eux. Comme je l’ai dit, s’ils m’appellent, il n’y a pas de problème.
Et vous sentez que de leur côté, il n’y a pas non plus de problème par rapport à ce qui s’est passé cet été ?
Je ne sais pas, je ne suis pas devin donc je ne vais pas te mentir mais je dirais qu’il n’y a pas de problème. Je ne pense pas qu’il y ait de quiproquo.
Propos recueillis à San Francisco.
| Moussa Diabaté | Pourcentage | Rebonds | |||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Saison | Equipe | MJ | Min | Tirs | 3pts | LF | Off | Def | Tot | Pd | Fte | Int | Bp | Ct | Pts |
| 2022-23 | LAC | 22 | 8:52 | 51.1 | 50.0 | 62.5 | 1.4 | 0.9 | 2.3 | 0.2 | 0.7 | 0.3 | 0.4 | 0.4 | 2.7 |
| 2023-24 | LAC | 11 | 5:49 | 52.6 | 64.3 | 1.4 | 0.8 | 2.2 | 0.4 | 0.4 | 0.5 | 0.2 | 0.1 | 2.6 | |
| 2024-25 | CHA | 71 | 17:29 | 59.6 | 0.0 | 59.5 | 2.6 | 3.5 | 6.2 | 0.8 | 1.5 | 0.6 | 0.9 | 0.6 | 5.7 |
| 2025-26 | CHA | 38 | 24:27 | 62.4 | 66.7 | 3.7 | 4.7 | 8.4 | 1.5 | 2.6 | 0.8 | 0.9 | 1.0 | 8.2 | |
Comment lire les stats ? MJ = matches joués ; Min = Minutes ; Tirs = Tirs réussis / Tirs tentés ; 3pts = 3-points / 3-points tentés ; LF = lancers-francs réussis / lancers-francs tentés ; Off = rebond offensif ; Def= rebond défensif ; Tot = Total des rebonds ; Pd = passes décisives ; Fte : Fautes personnelles ; Int = Interceptions ; Bp = Balles perdues ; Ct : Contres ; Pts = Points.
Suivez toute l'actualité NBA sur la
Suivez nous également sur