Alors que la NBA a mis des années à “réparer” ses relations avec la Chine suite au fameux tweet de Daryl Morey sur les manifestants de Hong Kong, c’est le Congrès américain qui risque de provoquer une nouvelle rupture.
La Commission bipartisane exécutive du Congrès sur la Chine, qui regroupe des élus républicains et démocrates, a ainsi envoyé une lettre à la NBA et au syndicat des joueurs pour leur demander de tout simplement bannir les produits utilisant du coton du Xinjiang, la Chine utilisant officiellement l’industrie locale du coton (20% de la production mondiale !) comme un “programme d’intégration culturelle et de lutte contre la pauvreté”.
Appel au boycott
Mais pour les ONG, il s’agit surtout d’un vaste programme de « travail forcé » impliquant au moins un demi-million de Ouïghours (une population musulmane), obligés de travailler dans les champs de coton de la région et dans des usines transformées en espaces fermés garnis de mirador.
“Les joueurs de la NBA ne devraient pas financer un génocide en soutenant ou en portant des chaussures et des équipements provenant de marques chinois complices de ce travail forcé”, expliquent ainsi le républicain Chris Smith et le démocrate Jeff Merkley, le président et le coprésident de cette Commission sur la Chine.
Ils en appellent ainsi aux valeurs humanistes prônées par la NBA et ses joueurs, les États-Unis et d’autres pays ayant déjà acté le boycott du coton du Xinjiang depuis près de deux ans.
La lettre envoyée à la NBA et au syndicat des joueurs contient par ailleurs des accusations d’Enes Freedom, qui avait multiplié les messages contre la Chine et ceux qui utilisaient les “esclaves modernes” du Xinjiang, le basketteur expliquant que le syndicat des joueurs de CJ McCollum a fait pression pour qu’il arrête ses critiques.
L’embarras du syndicat des joueurs
Reste désormais à attendre la réponse de la ligue et du syndicat des joueurs, une précédente alerte de la Commission sur la question étant restée lettre morte. À l’époque, la présidente de l’union des basketteurs NBA, Michele Roberts, avait simplement répondu que son syndicat “n’approuvait pas la perpétration de génocides ou de crimes contre l’humanité”.
Et alors que de plus en plus de joueurs NBA signent des contrats avec des équipementiers chinois, CJ McCollum étant par exemple lié à Li-Ning, le sujet est particulièrement délicat pour la ligue et ses acteurs.
La Commission bipartisane exécutive du Congrès sur la Chine note d’ailleurs qu’après avoir entendu Enes Freedom, elle a appris le lendemain que Kyrie Irving signait de son côté chez Anta, l’équipementier le plus impliqué dans l’utilisation du coton du Xinjiang. Aux côtés de Li-Ning et Peak.
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