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La NBA coincée entre la torche et le dragon

Un simple tweet de Daryl Morey, le GM des Rockets, a fissuré les liens entre la NBA et la Chine, provoquant des réactions en chaîne inimaginables il y a encore une semaine. Et pourtant…

Qui aurait pensé qu’un message (supprimé) d’un dirigeant NBA, sur un réseau social interdit en Chine, provoquerait un tel séisme ? Avec son soutien aux manifestants de Hong Kong le 6 octobre, Daryl Morey a provoqué une tempête qu’il n’imaginait pas, avec le boycott de ses Rockets, un malaise général et des conséquences financières lourdes.

« Au final, j’ai la responsabilité, par rapport à mes propriétaires, de faire rentrer de l’argent. Je ne peux pas l’oublier »

La NBA savait pourtant depuis longtemps qu’elle était sur un fil dans son aventure chinoise.

« Croyez-moi, la situation en Chine me gêne », expliquait ainsi David Stern dans une interview de 2006. « Une voix chez moi (sa femme) me le rappelle sans arrêt. Au final, j’ai la responsabilité, par rapport à mes propriétaires, de faire rentrer de l’argent. Je ne peux pas l’oublier, peu importe ce que peuvent être mes sentiments personnels ».

La déclaration, déterrée par The Athletic, a le mérite d’être claire. Quelques jours avant l’affaire chinoise, l’ancien commissionner se réjouissait d’ailleurs du développement de la NBA en Inde.

« C’est utile pour nous de grandir en Inde, et c’est formidable d’avoir un groupe de propriétaires (les Kings) qui est si enclin à soutenir la croissance de la NBA dans un marché potentiellement très important. L’Inde est rendue plus importante car, vous savez – comment dire cela de façon diplomatique ? – on ne sait jamais comment les guerres commerciales internationales, les attaques terroristes et tout ça peuvent arriver. Donc il faut se préparer à toutes les possibilités quand vous faites du développement international ».

Donald Trump s’est en effet engagé dans une guerre commerciale avec la Chine, et les entreprises comme la NBA qui ont investi massivement dans l’Empire du Milieu savent qu’elles seront touchées dans le choc des deux géants.

« Avec la Chine, l’Inde et l’Afrique, vous avez environ 60% de la population mondiale. On consacre beaucoup d’énergie pour devenir le sport n°1 dans ces pays et continents »

Pour la NBA, dont la Chine représente 10% de ses revenus à l’heure actuelle, et peut-être 20% à l’horizon 2030, les mauvaises relations sino-américaines et le tweet de Daryl Morey sont donc de sacrées épines dans le pied. La ligue ne cachait ainsi pas son ambition de devenir le premier sport mondial… en s’appuyant justement sur la Chine, l’Inde et l’Afrique. Trois marchés en développement où ce sont les infrastructures qui feront la différence.

« Je pense que nous pouvons être le sport n°1 dans le monde » assurait Adam Silver l’an passé. « Quand je regarde la trajectoire croissante (de l’intérêt pour le basket), le fait que les jeunes, garçons et filles, continuent à aimer ce sport, le pratiquent, s’y intéressent avec les réseaux sociaux ou les jeux en ligne, je ne sais pas où est la limite ».

Son bras droit, Mark Tatum, était aussi très clair quant aux ambitions de la ligue. « Nous savons à quoi ressemblera l’avenir. Avec la Chine, l’Inde et l’Afrique, vous avez environ 60% de la population mondiale. On consacre beaucoup d’énergie pour devenir le sport n°1 dans ces pays et continents ».

« Dans tous les cas, la NBA ne peut pas se permettre de réguler ce que joueurs, employés ou propriétaires diront ou ne diront pas sur les différents sujets »

Sauf que l’avenir s’est assombri d’un coup pour la NBA. Confronté à la puissance du Parti communiste chinois et aux déferlements sur les réseaux sociaux, la ligue a très mal réagi, publiant des communiqués différents en anglais et en chinois, se mettant en plus à dos une partie de l’opinion américaine.

Adam Silver, qui a construit son image en opposition à la NFL, endossant un costume de patron ouvert qui laisse les basketteurs exprimer leurs opinions, s’est donc retrouvé à jouer les équilibristes. Finalement, il a refusé de s’excuser pour le tweet de Daryl Morey, comme le souhaitait la Chine, réaffirmant que la liberté d’expression était fondamentale pour la NBA, même s’il était bien conscient qu’il « fallait désormais faire avec les conséquences ».

« Dans tous les cas, la NBA ne peut pas se permettre de réguler ce que joueurs, employés ou propriétaires diront ou ne diront pas sur les différents sujets. Nous ne pouvons simplement pas opérer de cette façon ».

Après l’escalade, la Chine a de son côté commencé à calmer les choses, demandant aux médias d’arrêter de mettre de l’huile sur le feu. Le risque était en effet de politiser les fans de sport, pas vraiment intéressés par la situation de Hong Kong auparavant et qui pourraient commencer à se pencher sur le sujet. Un mauvais calcul pour les autorités chinoises, piégées par un excès de susceptibilité nationaliste… ou une démonstration de force totalement disproportionnée face à un dirigeant méconnu pour dissuader les stars NBA d’évoquer les sujets brûlants à l’avenir ? « En tuer un pour en terrifier un millier » expliquait Sun Tzu il y a plus de deux mille ans…

« Un traitement hospitalier gratuit pour les masses ayant des pensées malades »

Du côté de la NBA, cet épisode aura bien sûr des conséquences économiques mais également des répercussions en termes d’image. Comme toutes les entreprises occidentales parties tenter de profiter de l’énorme marché chinois, elle fait face à des choix moraux, qu’elle avait habilement réussi à contourner jusqu’à présent.

La situation de Hong Kong est d’ailleurs loin d’être le pire, puisque dans son souci d’expansion, Adam Silver a négocié l’ouverture d’une académie de basket à Ürümqi, la capitale de la région autonome ouïghoure du Xinjiang, au nord-ouest du pays. Problème : le Parti communiste chinois mène dans la province une campagne de « rééducation » de la population locale, musulmane. Plus d’un million de Ouïghours sont ainsi internés, recevant ce que la Chine appelle un « traitement hospitalier gratuit pour les masses ayant des pensées malades ». Ceux qui y sont passés parlent plutôt de « camps de concentration » ou de « camps de torture ».

Ces arrangements avec la morale ne sont pas neufs. En 1993, lorsque Bill Clinton a décidé d’ouvrir en grand les portes du commerce vers la Chine, il avait promis que l’accord ne serait prolongé que si Pékin prenait des mesures en faveur des droits de l’homme. Au moment de la prolongation, rien n’avait été fait, mais l’accord a été prolongé.

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