Jeudi soir sur le parquet de l’Oracle Arena, Patty Mills a écrit un chapitre glorieux dans le livre d’or du basket australien. Certes, le shooteur de Canberra n’était pas seul à tenir la plume. Aron Baynes et Andrew Bogut l’ont eux aussi accompagné dans le premier match de l’histoire de la NBA avec trois « Aussies » titulaires. Pour le meilleur marqueur du tournoi olympique de 2012, l’honneur récompense sa meilleure saison professionnelle chez l’Oncle Sam.
Devenu la doublure de Tony Parker au poste 1, le 55e choix de la draft 2009 tourne à 10 pts et 47,8% de réussite sur le mois de décembre. Devant les frères filoches à Oakland, Mills l’affable a assumé son statut et la confiance de Gregg Popovich : 20 pts, 5 rbds, 3 steals et 2 passes en 34 minutes. « Pour moi, c’est génial de voir à quel point le banc participe à notre très bon début de saison », nous assurait l’ex-Blazer quatre jours plus tôt en préambule de son 2/4 derrière l’arc face aux Clippers.
Pour la gâchette des Boomers – qui en aparté nous a confirmé sa présence au Mondial de l’été prochain, la discipline collective des remplaçants explique l’apport des substituts.
« Tout le monde dans cette équipe comprend son rôle et respecte les consignes. Chacun connaît son boulot. A chaque match, tu peux être certain que l’exécution collective sera en place. Je m’inscris dans cet esprit, je n’essaye pas d’en faire trop et n’en ferai jamais moins que ce que le coach me demande. Quand dans un groupe tout le monde sait ce qu’il a à faire, la contribution de chacun n’en est que meilleure. Nous n’en sommes qu’au premier quart, il faut maintenir cette intensité mentale et cette implication collective. Le coach partage bien les minutes, nous devons donc continuer de faire le boulot. »
Priorité à la défense
Le schéma dépeint par le sympathique Patty ne dépareille pas franchement avec celui des saisons précédentes. Ce respect de l’entité collective constitue la marque des Spurs. N’avait-il donc pas plutôt besoin d’une saison d’adaptation pour apprivoiser la philosophie d’une franchise qu’il a rejoint à l’intersaison 2012 ? « C’est une très bonne question, vraiment. Personne ne me l’a encore posée cette saison », nous flatte-t-il avant de nous livrer sa réponse.
« Pour être honnête, j’ai en effet eu besoin d’une saison pour réaliser certaines choses. A la fin de la saison passée, j’ai pu prendre du recul et dresser le bilan. Le constat était clair : je n’avais pas beaucoup joué et avais passé beaucoup de temps sur le banc. J’aime cette équipe et mes coéquipiers, je me suis donc demandé ce que je devais faire pour apporter ma contribution. Je me suis posé, j’ai analysé et j’ai fait ce qu’il fallait pour revenir plus fort et mieux préparé. La priorité a été de bosser mon physique afin d’être capable de défendre plus longtemps sur jeu rapide. »
La défense, c’est le mot d’ordre, le fil directeur, le paradigme. Pop pèse ses minutes sur le trébuchet de l’intensité défensive, Mills le sait.
« Avant même de parler de contribution offensive, ma première priorité c’est la défense », nous assure-t-il. « Je sens que je peux peser dans un rôle de perturbateur pour l’adversaire, sur demi-terrain comme en transition. Je suis là pour déranger et sortir le meneur adverse de sa zone de confort. C’est difficile mais c’est mon boulot, je dois le faire. »