Michigan, économies ou Français… Les mentions de la Draft 2026

Draft – Les deux soirées au Barclays Center de Brooklyn ont rendu le verdict d’une promotion 2026 très prometteuse, et qui pourrait rester dans les mémoires pour plus d’une raison.

NBA Draft 2026Un Top 4 de très haut niveau, des potentiels All-Stars en pagaille, quelques larmes mais peu de mouvements d’envergure… Le chapitre de la Draft 2026 est désormais clos. Les deux tours n’ont pas débouché sur des tremblements de terre, avec AJ Dybantsa en premier choix attendu, direction Washington. Darryn Peterson (Jazz), Cameron Boozer (Grizzlies) et Caleb Wilson (Bulls) suivent, comme la promesse d’une belle cuvée.

Celle-ci n’a pas manqué de petites histoires et d’enseignements. Voici nos mentions.

Le pick « Wolverine » : Morez Johnson (Dallas / 9e choix)

La signature de Dusty May comme nouveau coach des Mavericks à la veille de la Draft pouvait ressembler à un indice sur la stratégie texane. Et cela n’a pas manqué, puisque Dallas a récupéré l’un des anciens protégés de May à Michigan, Morez Johnson, avec le neuvième choix.

L’intérieur n’avait pourtant pas effectué de workouts avec la franchise, et il n’était pas anticipé dans le Top 10 de très nombreuses mock Drafts. Mais les informations précieuses de leur nouveau technicien semblent avoir suffi pour convaincre les « Michigan Mavericks ».

« Dusty nous a fait un excellent résumé de plusieurs prospects qu’il connaît », a expliqué le GM, Mike Schmitz. « Il parlait beaucoup de Morez … Entendre son avis sur lui nous a donné encore plus confiance en Morez. »

Costaud, besogneux et défenseur acharné, le champion NCAA devrait faire du bien à sa nouvelle équipe. Il s’annonce notamment comme un bon complément à Cooper Flagg.

Le pick… qui pique : Yaxel Lendeborg (Golden State / 11e choix)

Autre joueur de Michigan récompensé de sa très belle saison, Yaxel Lendeborg va renforcer les Warriors. Le « forward », quasi vétéran pour un rookie, va faire du bien par sa dimension « two-way » à des postes où Golden State manquait de profondeur.

Le vestiaire californien ne manquait pas de caractère, mais il vient d’en obtenir un peu plus encore. Yaxel Lendeborg est une personnalité à part dans cette Draft, très direct, au point d’avoir dérouté certaines franchises lors de ses entretiens.

À peine sélectionné, l’ancien Wolverine s’est déjà signalé, expliquant qu’il détestait Stephen Curry en 2016 car il était un grand fan de Kyrie Irving. Il a aussi prévenu qu’il était hors de question pour lui de porter des vêtements aux couleurs de Michigan State, l’ancienne fac de Draymond Green, même si cela lui permettait de récupérer son numéro 23, déjà porté par l’intérieur vétéran…

« Oh non, je ne vais pas faire ça, je déteste ces mecs », a-t-il assuré en conférence de presse. « Ils ne peuvent rien me dire parce que je les ai battus 2-0 cette saison. Ils seront toujours comme des petits frères pour moi, et je ne représente pas les losers. »

Son entente avec Draymond Green promet, entre deux langues bien pendues, alors que Yaxel Lendeborg a aussi liké un post Instagram d’une personne semblant donner un coup de poing, avec la légende « Draymond Green quand il va se rendre compte que Yaxel a été dans la même université que Jordan Poole ».

L’ailier a toutefois montré qu’il était bien plus qu’un trashtalkeur, ne cachant pas son émotion envers sa maman, dont il a expliqué qu’elle avait sauvé sa carrière, voire sa vie.

Le pick audacieux : Jayden Quaintance (San Antonio / 20e choix)

Les playoffs ont été une belle réussite pour les Spurs, arrivés encore plus tôt qu’imaginé jusqu’en finale. Ces Finals ont aussi affiché certaines limites de l’équipe texane, notamment près du cercle. Victor Wembanyama a été trop seul pour contenir les Knicks, et San Antonio a décidé d’utiliser la Draft pour corriger cet impair.

Les dirigeants ont notamment tenté un vrai pari avec Jayden Quaintance, retenu avec le 20e choix. Le pivot passé par Kentucky la saison dernière est intrinsèquement un potentiel bien supérieur à sa place dans cette Draft. Mais une grosse blessure au genou survenue en 2024/25, et toujours pas complètement résorbée, a inquiété de nombreuses équipes.

Le risque est réel alors que Jayden Quaintance compte notamment sur ses qualités athlétiques pour être une menace défensive. S’il parvient à retrouver la plénitude de ses moyens, les Spurs pourront sans doute se targuer d’avoir fait un des très gros coups de cette année.

La perspective d’aligner des cinq avec Stephon Castle, Dylan Harper, Carter Bryant, Jayden Quaintance et Victor Wembanyama a de quoi donner quelques sueurs froides à bien des attaquants.

Et les Spurs sont allés au bout de leur logique avec Tarris Reed Jr, pour lequel ils sont allés récupérer le 26e choix à Denver afin de mettre la main sur un pivot « à l’ancienne », capable de faire le sale boulot.

Les picks Deutsche Qualität : Hannes Steinbach et Christian Anderson (Charlotte / 14e et 18e choix)

Avec deux picks rapprochés en fin de lottery et juste après celle-ci, les Hornets étaient dans une situation idéale, avec plusieurs options face à eux. Charlotte a finalement conservé ses choix et en a profité pour densifier sa rotation sur des postes clés.

Hannes Steinbach (14e choix) va compléter la raquette avec Moussa Diabaté et Ryan Kalkbrenner, tout en donnant un nouveau rebondeur de premier ordre à Charles Lee. Quatre choix plus tard, Christian Anderson Jr a été appelé, alors qu’il manquait au technicien des Hornets un vrai meneur passeur en relais de LaMelo Ball, pour peu que ce dernier soit encore en Caroline du Nord à la rentrée…

L’ancien de Texas Tech ne devrait pas jurer au sein de ce groupe, lui qui tournait à 42% à 3-points en NCAA.

Surtout, Anderson Jr et Steinbach pourraient apporter une synergie immédiate en sortie de banc à Charlotte, seulement 19e de la ligue en moyenne de points marqués. Les deux compères sont coéquipiers dans les sélections allemandes de jeunes depuis trois ans, notamment lors des derniers Championnats du monde U19. Ils y avaient décroché la médaille d’argent et avaient tous les deux brillé, avec une place dans le meilleur cinq de la compétition.

« Il n’y a aucun autre endroit où je voudrais être », a réagi Christian Anderson Jr. « Avec Hannes, ça va être une connexion dès le premier jour, il n’y en a aucune meilleure dans cette Draft. »

Les picks absents : les Knicks, les Nuggets, les Wolves et les Cavaliers

Alors qu’ils disposaient d’un choix au premier tour, bien qu’hors du Top 20, New York, Denver, Minnesota et Cleveland ont préféré passer leur tour. Les quatre franchises ont échangé leurs picks, respectivement avec les Lakers, les Spurs, les Grizzlies et les Hawks.

Leur point commun ? Les quatre équipes sont des candidats ou des outsiders pour le titre… et toutes sont déjà dans le Top 5 des plus grosses masses salariales avant même de commencer l’été.

Pour s’éviter les pénalités du « second apron » et conserver de la flexibilité financière et sportive, il a donc fallu faire un sacrifice. Quand bien même les Nuggets auraient pu être à la recherche d’un back-up à Nikola Jokic, comme Tarris Reed Jr, que les Spurs ont récupéré avec ce qui était leur 26e choix.

Le pick surprise : Dailyn Swain (Chicago / 15e choix)

Dailyn Swain était attendu plus loin au premier tour, plus sûrement au-delà de la 20e place. Le ratio taille/création très intéressant de l’ancien joueur de Texas offre un « ballhandler » de plus à Chicago, une sorte de Josh Giddey du poste 3.

Cette sélection soulève aussi quelques questions dans la construction globale de ces Bulls nouvelle mouture. Voir Caleb Wilson retenu avec le 4e choix tombait sous le sens, et va offrir une potentielle star à cet effectif. Mais entre Wilson, Swain et Nic Claxton, autre « recrue » de la Draft dans le deal à trois équipes autour de Julius Randle, aucun n’est un shooteur ne serait-ce que correct, tout du moins pour l’instant en ce qui concerne Wilson et Swain.

Josh Giddey et Matas Buzelis sont davantage en développement que fiables au tir. Parmi les joueurs actuellement sous contrat, le meilleur sniper se nomme Jalen Smith, à 37,3% derrière l’arc. Progrès soudains durant l’été ou recrutement ciblé : Chicago va devoir travailler activement son spacing durant l’intersaison.

L’équipe maline : les Grizzlies

Dans une Draft où le sommet de la hiérarchie n’a pas été bousculé, difficile de faire ressortir des « perdants » évidents de ces deux soirées. Mention spéciale toutefois pour le travail effectué par les dirigeants de Memphis.

Les Grizzlies abordaient la Draft avec les picks 3, 16 et 32. Ils repartent avec :

– un potentiel franchise player, qui devrait contribuer dès son arrivée, en Cameron Boozer
– un prospect à développer à court et moyen terme avec Karim Lopez, qui pourrait aussi amener avec lui le potentiel commercial du marché mexicain
– un deuxième tour qui aurait vraisemblablement été choisi plus haut sans sa blessure, avec Richie Saunders, lui aussi très mature dans son jeu
– Isaiah Stewart, récupéré à Detroit, une rotation intérieure précieuse par sa dureté défensive, qui colle avec l’ADN des Grizzlies
– deux futurs deuxièmes tours.

Cela ressemble à une Draft rondement menée, entre apport immédiat, reconstruction et perspectives d’avenir. Après deux dernières années bien nébuleuses, entre les différentes frasques de Ja Morant, les changements d’entraîneur surprise et le démantèlement progressif de l’équipe, voilà une base intrigante avec laquelle travailler.

Le pick « historique » à plus d’un titre : Narcisse Ngoy (LA Clippers / 57e choix)

Ce devait être une fin de série pour le basket français, cela va peut-être au contraire entrer dans les annales. Alors qu’aucun Tricolore n’était inscrit pour cette Draft, Narcisse Ngoy a été retenu avec le 57e choix.

Le pivot de Bourg-en-Bresse, très bon lors de son prêt à Poitiers en deuxième division cette saison, perpétue une série en cours depuis 2016 avec au moins un joueur français drafté chaque année. Hormis les États-Unis, aucun autre pays n’est un pourvoyeur de jeunes talents aussi régulier sur la période.

Narcisse Ngoy est toutefois un cas particulier. Il devrait devenir dans quelques mois le premier joueur drafté… avant de faire ses débuts à l’université. Le joueur avait déjà donné son accord pour rejoindre Auburn la saison prochaine et devrait bien y disputer une saison NCAA.

Les dernières modifications du règlement universitaire, en date d’avril dernier, permettent ainsi à un joueur qui entre dans sa dernière année d’éligibilité – ce sera le cas pour Ngoy, qui aura 22 ans au début de la saison – de pouvoir jouer en NCAA quand bien même il aurait été choisi lors de la Draft.

Ce scénario n’est en revanche pas possible pour les joueurs disposant de plusieurs années d’éligibilité universitaire. L’international jeunes devrait ainsi être le premier « draft-and-stash » de l’histoire de la NCAA, sur le modèle des joueurs sélectionnés avant de continuer leur développement en Europe.

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