À la mode new-yorkaise, l’effervescence pour ce Game 3 était extrêmement élevée. Fiers des deux victoires de leur équipe à San Antonio, les fans des Knicks avaient déjà annoncé la prophétie d’un « sweep » qui leur tendait les bras. L’atmosphère s’annonçait électrique. Les Spurs s’attendaient même à franchir les portes de l’enfer au coin de la 33e rue et de la 8e avenue.
« Ça va être l’environnement le plus hostile auquel nous allons faire face de toute la saison » disait même Mitch Johnson dans les coursives du Madison Square Garden avant le match. « Ce sont les Finals, c’est New York. Je ne sais pas comment je peux décrire ce à quoi on s’attend de façon précise. »
Quatre heures plus tard, les Spurs sont repartis avec la victoire dans un match qu’ils ont contrôlé, et dans un Garden relativement décevant.
L’énergie autour de la salle pendant toute la journée était unique en son genre. La ferveur populaire était palpable, même à l’approche du match, malgré un dispositif de sécurité renforcé pour accueillir Donald Trump. Avant le match, on pouvait ressentir ce « je ne sais quoi » dans l’air. Ce sentiment que l’on a avant d’être témoin d’un match historique.
La température est montée lors de l’arrivée des Knicks sur le terrain jusqu’à la présentation des équipes. Protégé dans sa loge en plexiglas pour éviter tout incident, le président américain n’a pas pu esquiver la huée de la salle lorsqu’il est apparu sur l’écran géant pendant l’hymne national.
La Mecque transformée en théâtre
Une fois ce moment gênant passé, les fans pouvaient enfin se tourner vers le match. Les Knicks ne leur ont cependant pas fait de cadeau en entamant la rencontre de la pire des façons. Deux fautes rapides de Mikal Bridges et trois ballons perdus lors des cinq premières minutes ont propulsé les Spurs à plus de dix points d’avance.
La veille, les coéquipiers de Victor Wembanyama avaient expliqué vouloir chercher à saper l’énergie des fans, comme ils avaient réussi à le faire lors du Game 7 à Oklahoma City. C’est exactement ce qui s’est passé.
Les Knicks et leurs fans ont réagi en deuxième quart-temps, rentrant à la mi-temps avec sept points d’avance. Les joueurs ont toutefois récidivé avec un début de troisième quart-temps catastrophique qui a immédiatement effacé leur avance. Avec une deuxième mi-temps hachée, les fans des Knicks n’ont pas eu l’opportunité de jouer ce rôle de sixième homme dont leur équipe avait besoin.
À plusieurs reprises, la salle avait des airs de théâtre plutôt que de grande finale. Comme le Parc des Princes il y a quelques années… Le MC du Garden a eu besoin de jouer le rôle de chef de meute pour arracher des « Defense » et autres cris de soutien. C’est comme ça lorsque le prix des places explose et que les plus fidèles et chauds des supporters ne peuvent pas assister à la rencontre…
Une des ambiances les plus ternes depuis des années…
Après la défaite, les joueurs de Knicks ont pourtant tenu à saluer « l’énergie » de leurs fans. « Évidemment que nos fans ont répondu présents. Ils répondent toujours présents. Ils ont dépassé les attentes » disait Karl-Anthony Towns tout en avouant que « nous n’avons pas fait notre travail, nous ne leur avons pas donné beaucoup d’occasion de nous soutenir. »
Côté Spurs, les mentions d’hostilité avaient laissé place à une toute autre tendance. « L’énergie était sympa. Arriver sur le terrain et voir toutes ces célébrités, ça fait bizarre. Je regarde beaucoup Law & Order, et les deux stars du show étaient là. C’était vraiment cool » nous disait Julian Champagnie dans le vestiaire. « Jay-Z est mon artiste préféré et j’étais juste à côté de lui pendant l’échauffement, c’était fou » ajoutait Carter Bryant.
Cette nuit, le Madison Square Garden n’a pas été à la hauteur. À Oklahoma City et Indiana lors des Finals 2025, c’était assourdissant. Les fans des Knicks à San Antonio étaient bien plus bruyants. Cleveland à l’époque de LeBron James, le Toronto champion en 2019, l’Oracle Arena des Warriors… Autant d’exemples qui peuvent faire pâlir les New Yorkais.
Trump s’est endormi…
Un confrère allemand présent à Athènes pour le Final Four nous disait que le bruit du Garden n’était même pas un dixième de ce qu’il venait de vivre en Grèce. Mais peut-on vraiment en vouloir aux fans des Knicks ? Avec des places hors de prix, pouvait-on vraiment s’attendre à une bronca prête à faire trembler l’Empire State Building ?
En conférence de presse d’avant-match, Josh Hart répétait qu’il était déçu de voir que « les fans qui attendent ce moment depuis des dizaines d’années ne vont pas pouvoir être dans la salle. »
À l’image d’un Président Trump qui a piqué un somme pendant le match, les Knicks et leurs fans ont manqué l’occasion de solidifier leur réputation. Les Spurs ont marché sur le match. Ils ont été agressifs, ils ont empêché les fans de monter dans les tours… et personne n’a répondu.
Comme sur Broadway, les Knicks ont l’occasion de monter de nouveau sur scène dans 48 heures, et leur performance dictera celle de leur public.
Propos recueillis à New York.
Suivez toute l'actualité NBA sur la
Suivez nous également sur