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Interview Tidjane Salaün : « Il n’y a pas le temps d’être négatif »

NBA – Pour sa deuxième saison NBA, Tidjane Salaün est en progrès mais il doit quand même prendre son mal en patience pour faire sa place dans la rotation des Hornets.

Tidjane Salaün

Comme beaucoup de jeunes Français draftés en NBA, Tidjane Salaün traverse un apprentissage long et exigeant. Ses opportunités restent comptées, mais l’ancien de Cholet avance dans la bonne direction.

Après la défaite des Hornets à Golden State, il nous a livré un état des lieux lucide de sa situation. Entre incertitude et discipline, il s’accroche et tente de répondre au quotidien aux attentes de son entraîneur.

Tidjane, c’est votre deuxième saison en NBA. On vous sent plus à l’aise. Pouvez-vous nous décrire le rôle que vous jouez chez les Hornets ?

Oui, je me sens plus à l’aise. Je dirais que je suis plutôt un connecteur. Je pose de bons écrans, j’essaie de faciliter le jeu en faisant circuler le ballon, et je prends les tirs quand je suis ouvert. En défense, j’essaie d’être polyvalent : on me demande d’utiliser mon envergure pour couvrir plus d’espace et apporter de la taille.

Depuis quelques semaines, vous avez un temps de jeu un peu plus constant. Ça doit aussi vous aider à enchaîner ?

Oui, bien sûr. Quand j’ai un temps de jeu régulier, ça se passe bien. Après, ça va et ça vient. Le dernier match (contre les Lakers), j’en ai eu un peu moins et j’ai mis du temps à trouver mon rythme. Mais en général, quand j’enchaîne, c’est plus facile.

On connaît le cliché, certes vrai, du « rester prêt ». Comment faites-vous pour l’être avec un temps de jeu qui fluctue et peu d’entraînements collectifs pendant la saison ?

Dans ma situation, c’est compliqué. Je n’ai pas forcément beaucoup d’opportunités. Quand tu ne joues plus du tout et qu’on te relance d’un coup, forcément, c’est dur. En NBA, tout peut aller très vite. Même si je m’entraîne en dehors des séances, le manque d’opposition reste pénalisant. Une semaine NBA, ça passe très vite : les matchs s’enchaînent, les déplacements aussi, et tu as peu de temps pour t’entraîner. Ceux qui jouent sont souvent en soins, donc il n’y a pas assez de joueurs disponibles pour faire de l’opposition. Du coup, je dois beaucoup m’entraîner seul. Et ce ne sera jamais le même niveau d’intensité que sur un vrai terrain.

« Je suis un compétiteur. Forcément, je suis dégoûté : j’aimerais être sur le terrain pour aider mon équipe »

Mentalement, comment gérez-vous ça ?

C’est la mentalité ici : il faut être prêt. Si tu ne l’es pas, tu ne peux pas être sur le terrain. J’essaie de me préparer au maximum, pour chaque éventualité. Sur les derniers matchs, on ne sait jamais : s’il y a un problème de fautes, une blessure, je dois être prêt. Il n’y a pas le temps d’être négatif. Je suis un compétiteur. Forcément, je suis dégoûté : j’aimerais être sur le terrain pour aider mon équipe. Mais si je n’ai pas joué, je dois tourner la page et passer tout de suite au match suivant, en restant rigoureux : travailler dur entre les matchs, prendre soin de mon corps…

Collectivement, vous êtes mieux depuis plusieurs matchs, avec notamment cette belle victoire contre les Lakers. Comment analysez-vous votre situation à mi-saison ?

Plus le temps passe, plus on progresse dans notre manière de jouer. On sait comment on doit jouer : sur un rythme rapide. C’est comme ça qu’on peut être une bonne équipe offensive, et l’accent est beaucoup mis là-dessus. Et puis, ça fait depuis août qu’on joue tous ensemble, donc collectivement on est plus à l’aise. Par rapport à la saison dernière, on a progressé dans notre capacité à nous adapter aux adversaires : c’est ça qui fait la différence. Aujourd’hui, par exemple, la façon dont on a défendu sur Curry, c’était complètement différent. Là, on n’a pas su dérouler notre plan de jeu. Mais sur les derniers matchs, je pense qu’on l’a mieux fait. On veut garder une mentalité positive pour continuer à progresser.

Vous parlez de Stephen Curry. Vous l’avez défendu en « boîte » tout le match, dès la première possession. Vous aviez dû voir ça en grandissant… Ça fait quoi de le vivre ?

Oui, c’est dingue. Quand tu es en Europe, petit, tu le regardes : les highlights, les réseaux, tout le monde en parle comme d’une immense star. Et maintenant, tu es sur le terrain avec lui… Ça fait bizarre, mais tu n’as pas le temps de le regarder avec des grands yeux. Tu essaies juste de jouer et de faire de ton mieux pour le stopper.

Votre entraîneur, Charles Lee, est dans sa deuxième saison. Quel type de coach est-il ?

Il est très communicatif, il sait mettre les choses au clair. Dans sa deuxième année, il a clarifié nos rôles. C’est quelqu’un de dur et c’est important qu’il le soit, parce que si tu ne l’es pas dans ce milieu, tu te fais manger. Même si on est jeunes, il attend beaucoup de nous. Il nous pousse tous les jours.

Propos recueillis à San Francisco.

Tidjane Salaün Pourcentage Rebonds
Saison Equipe MJ Min Tirs 3pts LF Off Def Tot Pd Fte Int Bp Ct Pts
2024-25 CHA 60 20:44 33.0 28.3 71.3 1.2 3.5 4.7 1.2 1.4 0.5 1.0 0.2 5.9
2025-26 CHA 26 16:07 49.6 41.9 70.4 0.7 3.4 4.1 0.8 1.5 0.4 0.7 0.2 6.2

Comment lire les stats ? MJ = matches joués ; Min = Minutes ; Tirs = Tirs réussis / Tirs tentés ; 3pts = 3-points / 3-points tentés ; LF = lancers-francs réussis / lancers-francs tentés ; Off = rebond offensif ; Def= rebond défensif ; Tot = Total des rebonds ; Pd = passes décisives ; Fte : Fautes personnelles ; Int = Interceptions ; Bp = Balles perdues ; Ct : Contres ; Pts = Points.

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