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Interview Ajay Mitchell : « C’était important pour moi d’avoir une mentalité d’underdog, y compris en NBA »

NBA – Après une saison rookie tronquée, Ajay Mitchell a fait sa place dans l’effectif du Thunder pour venir épauler Shai Gilgeous-Alexander et Jalen Williams en tant que créateur.

Ajay MitchellNé à Ans (Belgique) alors que son père Barry Mitchell, ancien MVP de la CBA en 1992, y évoluait, Ajay Mitchell est en train de se faire une solide place au soleil lors de sa deuxième saison NBA.

L’arrière a saisi sa chance à pleines mains au sein du champion en titre. Défenseur agressif, à l’aise balle en main, capable de se créer son tir comme de faire jouer les autres, il s’impose comme l’une des dernières trouvailles de Sam Presti. Comme un poisson dans l’eau dans le système du Thunder, son temps de jeu est en hausse.

En 25 minutes, il tourne à près de 14 points et 4 passes par match. Mark Daigneault lui confie de plus en plus de responsabilités à la mène pour seconder le MVP Shai Gilgeous-Alexander et l’All-Star Jalen Williams.

Nous avons profité du passage du Thunder à Golden State, le 2 janvier, et de sa large victoire (131-94) pour échanger avec Ajay Mitchell sur son parcours, sa longue blessure lors de sa saison rookie, mais également ses souvenirs de Victor Wembanyama, avec lequel il a joué plus jeune, du côté de Nanterre.

« La NBA, en Belgique, c’était un rêve… puis c’est devenu un objectif »

En grandissant en Belgique, à quel moment vous vous êtes dit que la NBA était un objectif atteignable ?

Quand j’étais en Belgique, c’était toujours un rêve. Et puis, quand je suis arrivé à l’université aux États-Unis, c’est devenu un objectif. C’est là que j’ai eu un déclic. Je me suis dit : ‘OK, maintenant il y a vraiment une chance’. Il faut tout donner et ne pas avoir de regrets. Ma mentalité, en arrivant aux États-Unis, c’était : tout donner et devenir un meilleur joueur, et on verra ce qui se passe. J’ai eu la chance d’être drafté et d’être en NBA, donc c’est une expérience assez folle.

Aviez-vous d’autres choix que UC Santa Barbara (UCSB) quand vous êtes arrivé aux États-Unis ?

Oui, j’avais plusieurs options : Davidson, UNC Greensboro, et UC Santa Barbara faisait partie de mon Top 3. Pour moi, Santa Barbara, c’était d’une part la vie là-bas : quand j’ai vu le campus, c’était assez fou. Et puis ma maman voulait vraiment que je sois dans une bonne école, donc c’était important. Évidemment, voir l’effectif et les opportunités que j’allais avoir dès le début comptait aussi. C’est pour ça que j’ai fait ce choix.

Il y a d’autres joueurs dans votre équipe, Jalen Williams en particulier, qui sont passés par des « mid-majors » comme UCSB. Qu’est-ce que ça vous a apporté par rapport à une université plus prestigieuse ?

Déjà, beaucoup plus d’opportunités basket. La possibilité de jouer davantage, d’être un peu le leader d’une équipe. Je ne suis pas sûr que ça aurait été possible ailleurs, surtout lors de mes deux premières années. Et puis, en « mid-major », tu as toujours cette mentalité d’underdog (d’outsider). C’était important pour moi de l’avoir, y compris en arrivant en NBA. Tu es choisi au deuxième tour, c’est la même chose : tu as envie de prouver que tu as le niveau de ceux qui sont passés par les plus grosses facs.

Une fois arrivé à Oklahoma City, vous aviez réussi à vous faire une place avant votre blessure. Est-ce que cette période, en observateur, a changé votre façon de voir le jeu ?

Exactement. Quand on a su que j’allais être absent pendant plusieurs mois, il y a eu la déception, évidemment. Mais après quelques jours, je me suis dit : ça va être un mal pour un bien. Ça va me donner l’opportunité de grandir. D’abord, de travailler sur mon corps. On a eu énormément de temps pour le préparer, pour bosser les points à améliorer. Et puis, tu regardes tellement de matchs sur le côté, tellement de vidéos… Avoir toutes ces opportunités-là au milieu d’une saison, je pense que ça m’a aidé à me préparer et à revenir plus fort. Donc oui, ça m’a vraiment aidé.

« Ce qui était vraiment différent chez Victor Wembanyama, et qui l’est toujours, c’est sa mentalité. C’est un tueur »

Comment avez-vous géré le fait de ne pas pouvoir mettre immédiatement en pratique ce que vous voyiez ? Et en quoi ça a influencé votre intersaison ?

C’est sûr que c’est difficile. Dès que j’ai pu rejouer, juste avant les playoffs, j’avais une énorme envie de jouer. Mais l’intersaison, pour moi, c’était surtout une bonne nouvelle : enfin pouvoir travailler sur mon jeu et me préparer pour ma deuxième saison. C’était dur, mais c’était un mal pour un bien.

Pour vos premiers playoffs, vous finissez champion. Comment décririez-vous cette expérience ?

Comme un rêve de gosse. Juste pouvoir vivre ce moment-là… Et je pense que ça m’a aidé aussi, parce que tu vois ce qu’il faut faire pour être à ce niveau, la mentalité qu’il faut avoir tous les jours. Chaque série est différente, donc il faut tourner la page à chaque match, et gagner quatre matchs avant l’autre équipe. On a eu Denver qui était une grosse équipe, Minnesota, Indiana en finale qui était vraiment fort… Toutes ces expériences m’ont permis d’apprendre ce que c’est, les playoffs, et ce niveau-là. Pour moi, c’était que du bonus, que du positif.

Vous avez été coéquipier de Victor Wembanyama à Nanterre, en jeunes. À l’époque, vous pouviez imaginer qu’il allait devenir ce type de joueur ?

Bien sûr, c’était évident. Il avait 15 ans. Il s’entraînait déjà avec les pros. Ce qu’il faisait contre les pros, c’était dingue. Et même jouer avec lui, c’était assez simple : tu voyais déjà les choses. Mais ce qui était vraiment différent chez lui, et qui l’est toujours, c’est sa mentalité. C’est un tueur. Et ça, je pense que ça l’aide beaucoup.

Pourquoi les Spurs vous posent-ils autant de problèmes cette saison ?

Parce que je pense que c’est une très bonne équipe. Ils ont un très bon effectif, ils jouent de la bonne façon, et ils sont aussi physiques que nous. Ça a été un gros test pour nous, une bonne leçon. C’est une équipe qui va continuer à évoluer. Nous aussi, on veut continuer à évoluer… et les battre.

Propos recueillis à San Francisco.

Ajay Mitchell Pourcentage Rebonds
Saison Equipe MJ Min Tirs 3pts LF Off Def Tot Pd Fte Int Bp Ct Pts
2024-25 OKC 36 16:35 49.5 38.3 82.9 0.5 1.4 1.9 1.8 1.9 0.7 0.8 0.1 6.5
2025-26 OKC 36 25:53 47.5 35.4 89.0 0.6 2.8 3.4 3.6 2.2 1.5 1.4 0.3 13.9

Comment lire les stats ? MJ = matches joués ; Min = Minutes ; Tirs = Tirs réussis / Tirs tentés ; 3pts = 3-points / 3-points tentés ; LF = lancers-francs réussis / lancers-francs tentés ; Off = rebond offensif ; Def= rebond défensif ; Tot = Total des rebonds ; Pd = passes décisives ; Fte : Fautes personnelles ; Int = Interceptions ; Bp = Balles perdues ; Ct : Contres ; Pts = Points.

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