Assistant GM pendant plus de quatre ans à Brooklyn, Jeff Peterson a débarqué en mars 2024 chez des Hornets à la dérive, avec pour mission de les relancer. Le chantier était immense, et la reconstruction n’a évidemment pas été simple. Mais deux ans plus tard, les premiers résultats tangibles sont bien là.
La franchise de Caroline du Nord a dû traverser deux saisons à plus de 60 défaites avant de rebondir. Il a fallu faire le ménage, installer de nouvelles méthodes de travail et accepter de laisser du temps au projet.
Charles Lee, premier pari gagnant
Le début de saison a pourtant été poussif, avec un bilan de 14 victoires pour 26 défaites à la mi-janvier. Puis le déclic s’est produit, et la dynamique enclenchée constitue sans doute la meilleure récompense pour Jeff Peterson.
« Ce qui m’enthousiasme le plus, ou me procure le plus de joie, c’est qu’on a mis ce processus en place dès mon arrivée, à plusieurs niveaux, et qu’on a su s’y tenir », a-t-il expliqué dans un long entretien accordé au Charlotte Observer. « Ça ne veut pas dire que le résultat est toujours celui qu’on espérait. Mais je dors tranquille en sachant qu’on avait un processus en place pour la Draft, la trade deadline et la free agency, et qu’on a pu appliquer ce qu’on voulait. Je ne suis donc pas vraiment surpris que l’équipe soit plus performante cette année. Parce que ce travail a commencé dès mon arrivée, mais aussi parce qu’il s’est poursuivi cet été. Je n’ai jamais fait partie d’une équipe où tous les joueurs étaient présents l’été pour bosser. Et ils l’ont fait de leur propre initiative. »
Parmi les nombreux chantiers ouverts, le choix de confier les clés de l’équipe à Charles Lee apparaît comme l’un des plus convaincants. Après dix ans dans des staffs NBA (à Atlanta, Milwaukee puis Boston), l’entraîneur a finalement obtenu sa chance. Et malgré une première saison très compliquée, la direction a maintenu le cap.
Aujourd’hui, Charlotte récolte les fruits de cette stabilité. Charles Lee a su installer une vraie identité de jeu, dans un groupe plus sain, plus compétitif, mais aussi plus exigeant au quotidien.
« Si tu ne suis pas le plan de jeu, tu iras t’asseoir à côté de lui, et ça ne le dérange pas », ajoute Jeff Peterson. « Je sais que les gars respectent ça. Sur le moment, ça peut être dur, gênant, tu peux ne pas apprécier. Mais si tu veux vraiment progresser, tu comprends que ce n’est jamais personnel avec Charles. Il veut simplement ce qu’il y a de mieux pour l’équipe dans son ensemble. Et puis il a déjà vu ça, il l’a déjà vécu. Il a gagné au plus haut niveau. Et Charles est aussi quelqu’un qui veut continuer à progresser lui-même. Il enseigne aux joueurs l’importance de s’améliorer chaque jour. Il peut être dur avec eux, mais c’est aussi comme ça qu’il a grandi. »
LaMelo Ball a saisi l’occasion
Sans surprise, tout s’est ensuite mieux imbriqué. De la Draft de Kon Knueppel (un exercice où Charlotte a pourtant souvent déçu ces dernières années…) à l’arrivée de Coby White à la « trade deadline », en passant par la montée en puissance des cadres, chacun a apporté sa pierre à l’édifice.
LaMelo Ball, Miles Bridges, Brandon Miller, mais aussi des profils davantage dans l’ombre comme Moussa Diabaté, devenu une pièce importante dans la raquette, ont tous participé à cette montée en régime.
Régulièrement pointé du doigt pour son attitude ou son déficit de leadership depuis son arrivée en NBA il y a bientôt six ans, LaMelo Ball a sans doute été la plus belle surprise. Enfin épargné par les blessures, le meneur impressionne autant sur le parquet que dans le vestiaire.
« Il faut rendre hommage à LaMelo, car depuis que je suis ici, il s’est toujours montré très sérieux », souligne Jeff Peterson. « L’an dernier, il s’est blessé et il n’a simplement pas pu finir la saison. Mais même cet été, il a pris les choses extrêmement au sérieux, en passant énormément de temps en salle de musculation. Il a pris entre cinq et six kilos de masse musculaire, ce qui aide déjà, et nous aidera encore davantage en playoffs si on y va, parce que le jeu devient plus physique. Les équipes savent que LaMelo est la tête du serpent, donc si on arrive à le frustrer… Encore une fois, c’est lié au travail qu’il a fourni cet été et au sérieux avec lequel il a mené sa rééducation. »
Un nouvel état d’esprit : la haine de la défaite
Une fois toutes les pièces du puzzle assemblées, c’est surtout la mentalité globale de la franchise qui a changé. Et c’est peut-être d’ailleurs la plus grande satisfaction de Jeff Peterson à l’heure actuelle.
« Maintenant, ça fait beaucoup plus mal quand on perd. Avant, c’était juste : ‘On a perdu, passons au match suivant dans quelques jours…’ Pour certains, c’était un peu cette mentalité. Mais aujourd’hui, c’est plutôt : ‘Non, on a perdu, il faut qu’on trouve comment régler ça.’ Je déteste perdre plus que j’aime gagner. Les défaites m’empêchent de dormir. Et je sais que même nos rookies sont comme ça. Le fait qu’une, deux ou trois nouvelles personnes arrivent avec une perspective différente, un autre regard sur les choses, je pense que ça aide. Ça nous a tous aidés. Moi aussi. Je pense qu’on a tous grandi » développe le dirigeant.
Il reste désormais deux gros rendez-vous pour conclure la saison régulière : Detroit ce soir, puis un déplacement au Madison Square Garden pour défier les Knicks, avant de se lancer dans l’épreuve du play-in.
Une qualification en playoffs relevait encore du fantasme il y a quelques mois. Désormais, ne pas y parvenir ressemblerait à une vraie déception. Et c’est sans doute le signe le plus révélateur des progrès accomplis à Charlotte depuis le début de la saison. Et des perspectives enfin positives qui ont vu le jour en Caroline du Nord.
| Tirs | Rebonds | |||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Joueurs | MJ | Min | Tirs | 3pts | LF | Off | Def | Tot | Pd | Bp | Int | Ct | Fte | Pts |
| Brandon Miller | 63 | 30:19 | 43.5 | 38.5 | 89.3 | 1.1 | 3.9 | 5.0 | 3.4 | 2.5 | 1.0 | 0.7 | 2.7 | 20.2 |
| Lamelo Ball | 70 | 27:57 | 40.8 | 36.9 | 89.5 | 0.9 | 3.9 | 4.8 | 7.1 | 2.8 | 1.2 | 0.2 | 2.7 | 20.0 |
| Kon Knueppel | 79 | 31:31 | 47.8 | 42.9 | 86.2 | 1.2 | 4.1 | 5.3 | 3.4 | 2.0 | 0.7 | 0.2 | 2.1 | 18.7 |
| Miles Bridges | 75 | 31:12 | 46.1 | 33.5 | 82.6 | 1.0 | 4.9 | 5.9 | 3.2 | 1.4 | 0.6 | 0.4 | 1.7 | 17.3 |
| Coby White | 19 | 19:41 | 45.5 | 37.6 | 85.7 | 0.5 | 2.6 | 3.1 | 3.2 | 1.9 | 0.3 | 0.2 | 1.9 | 15.7 |
| Collin Sexton | 42 | 22:20 | 48.8 | 39.3 | 87.7 | 0.4 | 1.5 | 1.9 | 3.7 | 2.1 | 0.9 | 0.2 | 1.8 | 14.2 |
| Moussa Diabaté | 71 | 26:02 | 62.9 | 50.0 | 66.3 | 3.8 | 5.0 | 8.7 | 1.9 | 1.0 | 0.8 | 1.0 | 2.4 | 7.9 |
| Ryan Kalkbrenner | 67 | 21:26 | 74.8 | 0.0 | 70.8 | 2.4 | 3.1 | 5.5 | 0.8 | 0.9 | 0.5 | 1.5 | 1.6 | 7.6 |
| Grant Williams | 34 | 19:39 | 42.5 | 39.1 | 81.5 | 1.2 | 2.7 | 3.9 | 1.6 | 0.9 | 0.4 | 0.5 | 1.6 | 7.1 |
| Tidjane Salaün | 36 | 15:52 | 50.6 | 43.4 | 65.0 | 0.7 | 3.4 | 4.1 | 0.8 | 0.7 | 0.4 | 0.2 | 1.5 | 6.2 |
| Pj Hall | 12 | 15:35 | 50.0 | 100.0 | 80.8 | 2.5 | 3.0 | 5.5 | 0.7 | 1.3 | 0.3 | 0.7 | 1.6 | 6.1 |
| Kj Simpson | 14 | 15:56 | 34.8 | 30.8 | 62.5 | 0.4 | 1.7 | 2.1 | 2.5 | 1.7 | 1.1 | 0.0 | 1.0 | 6.0 |
| Tre Mann | 51 | 12:58 | 36.2 | 32.7 | 85.2 | 0.4 | 1.4 | 1.8 | 1.7 | 1.0 | 0.5 | 0.1 | 1.4 | 5.7 |
| Sion James | 80 | 22:34 | 37.2 | 35.5 | 83.7 | 0.6 | 2.9 | 3.5 | 2.0 | 0.8 | 0.6 | 0.3 | 1.8 | 5.4 |
| Liam Mcneeley | 30 | 12:06 | 40.4 | 40.0 | 82.1 | 0.4 | 2.0 | 2.4 | 0.8 | 0.4 | 0.2 | 0.1 | 1.2 | 4.4 |
| Josh Green | 56 | 15:50 | 45.8 | 41.9 | 89.3 | 0.8 | 1.0 | 1.8 | 0.8 | 0.6 | 0.6 | 0.1 | 1.1 | 4.4 |
| Antonio Reeves | 10 | 6:48 | 50.0 | 53.8 | 0 | 0.2 | 0.6 | 0.8 | 0.3 | 0.1 | 0.1 | 0.0 | 0.3 | 2.7 |
| Pat Connaughton | 41 | 7:09 | 45.2 | 40.4 | 65.0 | 0.4 | 1.1 | 1.5 | 0.4 | 0.2 | 0.3 | 0.0 | 0.2 | 2.7 |
| Mason Plumlee | 14 | 8:56 | 75.0 | 0 | 66.7 | 0.7 | 2.1 | 2.9 | 1.1 | 0.6 | 0.4 | 0.0 | 0.7 | 1.9 |
| Drew Peterson | 6 | 10:40 | 12.5 | 0.0 | 50.0 | 0.5 | 1.0 | 1.5 | 0.3 | 0.0 | 0.5 | 0.2 | 0.5 | 0.8 |
| Xavier Tillman | 15 | 4:36 | 35.7 | 0.0 | 25.0 | 0.6 | 0.5 | 1.1 | 0.5 | 0.2 | 0.2 | 0.2 | 0.4 | 0.7 |
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