Avec 41 points, 18 rebonds et 3 contres face aux Warriors, Victor Wembanyama a ajouté un argument supplémentaire dans sa course pour le trophée de MVP. Que le Français soit sacré ou non, sa saison régulière et celle des Spurs (58 victoires – 18 défaites) resteront de grandes réussites.
Pour sa troisième saison dans la ligue, le pivot de San Antonio s’est affirmé comme un des meilleurs basketteurs du monde et son équipe vise clairement le titre.
Pour un joueur attendu comme un phénomène dès la Draft, l’enjeu n’était pas seulement de confirmer son talent. Il fallait aussi voir si une équipe pouvait grandir à son rythme, absorber son évolution, puis se redéfinir autour de lui. C’est précisément ce que Stephen Curry dit reconnaître aujourd’hui chez les Spurs.
« C’est une évolution naturelle qu’on ne peut pas vraiment forcer tant que son talent n’est pas devenu indéniable dans son style », résume le meneur des Warriors, qui a lui aussi connu ce style de progression parallèle : la sienne et celle du groupe. « Et si ça mène à des victoires, ça devient un effort collectif : on libère ce potentiel, on le laisse s’exprimer et on parvient alors à motiver les joueurs qui nous entourent. C’est une relation à double sens. »
« Quand il entre dans le vestiaire, tout le monde est convaincu que l’équipe peut gagner »
Le parallèle avec Stephen Curry ne porte évidemment pas sur le profil. Le meneur a révolutionné le jeu en agrandissant le terrain quand l’intérieur semble le rétrécir. Mais la ressemblance se situe dans ce moment où un talent individuel cesse d’être une simple curiosité pour devenir l’axe central d’un projet collectif.
Stephen Curry assure ainsi retrouver chez Victor Wembanyama une atmosphère proche de celle qu’il a connue à Golden State au début des années 2010. Quand la présence d’un joueur change la psychologie du vestiaire.
« Je suis sûr que, grâce à son état d’esprit, quand il entre dans le vestiaire, tout le monde est convaincu que l’équipe peut gagner. C’est rare, ça aussi », ajoute le double MVP (2015, 2016).
Harrison Barnes est bien placé pour comparer les deux époques puisqu’il a remporté le titre en 2015 avec les Warriors et Stephen Curry. Il a ainsi vu le collectif de Golden State, ce qui deviendra sa force, sa marque de fabrique, se mettre en place avec Mark Jackson puis surtout sous les ordres de Steve Kerr.
« Il faut que tout le groupe en prenne conscience pour pouvoir laisser de la marge à Victor, lui permettre de devenir le type de joueur qu’il souhaite être », confie l’ailier. « C’est parfois facile de cataloguer les gens : est-ce tel ou tel type de joueur ? Doit-on mener notre attaque de cette manière ? Cette personne doit-elle s’adapter ? Au fil de la saison, son jeu a évolué. Il a changé. Il est devenu plus confiant, plus sûr de lui et plus agressif. »
Curry et Wemby « incarnent le système »
Ce fut la même évolution pour Stephen Curry et Golden State. « Ils deviennent en quelque sorte naturellement le pilier de l’équipe », confirme Steve Kerr. « On place tous les autres autour d’eux. On construit autour de Wemby ou de Stephen et on essaie de trouver des joueurs qui les complètent. Ils incarnent le système. En fin de compte, c’est ce qui fait des superstars ce qu’elles sont. Elles sont tellement douées qu’on façonne son équipe autour d’elles. »
Devenir une référence de la saison régulière, c’est fait. Reste à confirmer en playoffs (voire à digérer un possible trophée de MVP qui lui passe sous le nez), là où « Wemby » et une majorité du groupe n’ont jamais mis les pieds.
Le niveau va augmenter, les coups vont faire plus mal et les défaites avec…
« L’important, c’est de gérer tout cela, car ça ne se passe pas toujours sans encombre. Donc comment on fait avec l’échec, avec l’expérience en playoffs, tout ça définit beaucoup les choses. La plupart des gens n’y arrivent pas dès le premier essai », prévient Stephen Curry, champion NBA lors de sa troisième campagne de playoffs. « Qui sait comment ça va se passer ? C’est la partie la plus importante du parcours : savoir s’adapter au fur et à mesure. »
| Victor Wembanyama | Pourcentage | Rebonds | |||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Saison | Equipe | MJ | Min | Tirs | 3pts | LF | Off | Def | Tot | Pd | Fte | Int | Bp | Ct | Pts |
| 2023-24 | SA | 71 | 29:40 | 46.5 | 32.5 | 79.6 | 2.3 | 8.4 | 10.6 | 3.9 | 2.2 | 1.2 | 3.7 | 3.6 | 21.4 |
| 2024-25 | SA | 46 | 33:12 | 47.6 | 35.2 | 83.6 | 1.8 | 9.2 | 11.0 | 3.7 | 2.3 | 1.1 | 3.2 | 3.8 | 24.3 |
| 2025-26 | SA | 61 | 29:15 | 50.9 | 35.0 | 82.3 | 2.0 | 9.4 | 11.5 | 3.0 | 2.5 | 1.0 | 2.5 | 3.1 | 24.7 |
Comment lire les stats ? MJ = matches joués ; Min = Minutes ; Tirs = Tirs réussis / Tirs tentés ; 3pts = 3-points / 3-points tentés ; LF = lancers-francs réussis / lancers-francs tentés ; Off = rebond offensif ; Def= rebond défensif ; Tot = Total des rebonds ; Pd = passes décisives ; Fte : Fautes personnelles ; Int = Interceptions ; Bp = Balles perdues ; Ct : Contres ; Pts = Points.
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