La « mutual option », cette vieille clause qui fait son retour en NBA

Portée disparue depuis 25 ans, la « mutual option » a refait surface cet été dans plusieurs contrats. De Keon Ellis à Isaiah Hartenstein, en passant par Moe Wagner et désormais Pelle Larsson, cette clause très particulière permet au joueur comme à son équipe de verrouiller la dernière année du contrat.

Isaiah HartensteinUne « player option » laisse le dernier mot au joueur. Une « team option » donne ce pouvoir à la franchise. Mais que se passe-t-il lorsque les deux sont réunies sur la même saison ? On obtient une « mutual option », une curiosité contractuelle portée disparue en NBA et qui vient pourtant de refaire surface.

Dernier exemple en date : Pelle Larsson, prolongé par le Heat pour quatre ans et jusqu’à 60 millions de dollars, avec une « mutual option » sur la saison 2030/31. Avant lui, Keon Ellis, Moe Wagner et Isaiah Hartenstein avaient déjà accepté ce type de montage durant l’été.

Il suffit qu’un seul camp dise « oui »

Le nom peut toutefois prêter à confusion. Il ne faut pas comprendre que le joueur et sa franchise doivent tous les deux accepter d’activer l’année supplémentaire. Dans la version utilisée actuellement en NBA, c’est même l’inverse : chacun possède le pouvoir de l’activer.

Le contrat de Keon Ellis, signé pour 18 millions de dollars sur deux ans à Brooklyn, est le meilleur exemple. Shams Charania avait précisé que l’accord était entièrement garanti et que « les deux camps pourront discuter d’un nouveau contrat l’été prochain, mais chacun peut activer l’option, et non en sortir ».

Concrètement, si Keon Ellis réalise une saison exceptionnelle et souhaite devenir free agent, Brooklyn peut activer sa deuxième année. À l’inverse, s’il déçoit et que les Nets souhaitent s’en séparer, l’arrière peut lui-même activer cette même année et conserver son salaire. Pour que le contrat s’arrête après une saison, il faut donc que les deux parties soient d’accord pour ne pas valider la dernière année du contrat.

C’est ce qui distingue cette « mutual option » d’une option mutuelle classique telle qu’on peut notamment la rencontrer en MLB, où les deux parties doivent généralement dire « oui » pour poursuivre le contrat.

Une porte ouverte pour renégocier

À première vue, la formule ressemble donc donc simplement à une année garantie. Mais son intérêt est surtout qu’elle crée un rendez-vous contractuel. Si joueur et franchise veulent ainsi continuer de travailler ensemble, mais que le salaire prévu pour l’année optionnelle ne correspond plus à la situation, ils peuvent en effet s’entendre pour abandonner cette année et négocier un nouveau contrat.

C’est notamment l’idée derrière l’accord d’Isaiah Hartenstein au Thunder. Son contrat de 75 millions de dollars sur trois ans comprend une « mutual option » sur sa dernière saison, précisément pour permettre aux deux camps de retravailler éventuellement leur accord auparavant. « Je voulais absolument rester plus longtemps dans cette équipe et continuer à jouer pour un candidat au titre », expliquait d’ailleurs le pivot cet été.

Le joueur obtient ainsi une sécurité importante, puisqu’il peut protéger son salaire si sa valeur baisse. La franchise bénéficie, elle, d’un contrôle sur le contrat si sa valeur explose. Et si les deux parties veulent poursuivre leur collaboration à d’autres conditions, elles disposent d’une occasion naturelle pour remettre l’accord à plat.

Une clause oubliée depuis Jerome Williams

La mécanique n’est d’ailleurs pas nouvelle. Selon Bobby Marks, spécialiste des questions salariales pour ESPN, il fallait simplement remonter… 25 ans en arrière pour retrouver une véritable « mutual option » de ce type en NBA.

En juillet 2001, Jerome Williams avait ainsi prolongé avec Toronto pour sept ans et 40.8 millions de dollars, avec une option mutuelle sur la dernière saison.

Tombée dans l’oubli pendant un quart de siècle, la clause a donc soudainement retrouvé des adeptes. Car dans une NBA où chaque dollar et chaque année de contrat comptent pour gérer le « salary cap » et les différents « aprons », cette vieille formule offre finalement quelque chose de très moderne : de la sécurité et de la flexibilité aujourd’hui, tout en conservant tout de même une possibilité de renégocier demain.

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Rédacteur de contenu Dimitri Kucharczyk

Tombé amoureux de la balle orange au son de la voix de George Eddy et des arabesques de Penny Hardaway et Hakeem Olajuwon, Dimitri a intégré BasketUSA en 2008, avant d'en devenir rédacteur en chef

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