Pour la première fois depuis longtemps, Team USA semblait prenable. Privées au dernier moment d’A’ja Wilson et de Kelsey Plum, les Américaines avaient péniblement battu l’Italie de trois points en phase de poules, avant de se faire peur face à l’Espagne en demi-finale.
De quoi donner quelques raisons d’espérer à une Equipe de France passée à un point de l’exploit lors des Jeux olympiques de Paris. Mais au moment d’aborder la finale, Breanna Stewart n’affichait aucun doute.
« J’ai déjà disputé ce genre de matchs », avait-elle rappelé à la veille de la rencontre. « C’est l’aspect émotionnel qui peut faire basculer les équipes lorsque les choses ne tournent pas en leur faveur. Mais mon équipe sera concentrée et très calme. Peu importe ce qui nous arrivera, nous savons que le match sera long. »
Vingt-quatre heures plus tard, la capitaine américaine retrouvait la salle de conférence avec le drapeau des États-Unis sur les épaules et une médaille d’or autour du cou. Avec 22 points et 10 rebonds, elle avait conduit Team USA à une victoire 97-79 face à la France, tout en décrochant le trophée de MVP de la Coupe du monde.
Une confiance « presque irréaliste »
Malgré les difficultés rencontrées par les États-Unis durant la compétition, Breanna Stewart n’a jamais cessé de croire en la supériorité de son équipe. Ni en sa propre capacité à répondre présente lorsque la pression augmente.
« Je suis fière d’être constante, d’être présente dans les grands moments, dans les petits moments et dans tous ceux qui se trouvent entre les deux », a-t-elle expliqué après la finale. « J’ai une confiance presque irréaliste en moi-même, surtout dans ces grands moments. Je crois que j’ai toujours une chance de gagner, peu importe ce qui se passe pendant le match. »
Une conviction nourrie par un palmarès devenu vertigineux. À ses quatre titres NCAA et ses trois bagues WNBA s’ajoutent désormais trois médailles d’or olympiques et quatre titres mondiaux. Elle rejoint ainsi Sue Bird au sommet du classement des joueuses les plus titrées en Coupe du Monde.
Et Stewart a ajouté une autre ligne à son héritage en devenant la première joueuse à être élue deux fois MVP du Mondial, après son premier trophée décroché en 2018.
À Berlin, son influence était d’autant plus importante que cette sélection américaine manquait d’expérience. Seules Stewart, Kahleah Copper et Chelsea Gray avaient déjà participé à une Coupe du monde, tandis qu’une grande partie du groupe découvrait une compétition majeure à cinq avec l’équipe nationale senior.
« Elle est la sélection américaine »
Meilleure marqueuse (12,8 points), meilleure rebondeuse (7,3 prises) et joueuse la plus efficace (18,8 d’évaluation) de Team USA sur l’ensemble du tournoi, Breanna Stewart a accepté toutes les missions. Elle a protégé le cercle, organisé le jeu et même occupé le poste de meneuse lorsque la situation l’exigeait.
Face aux Bleues, ses 12 points inscrits en première mi-temps ont notamment permis aux Américaines de rester au contact alors que la France avait pris jusqu’à 14 longueurs d’avance.
« Ce que j’apprécie le plus chez elle, c’est sa volonté de faire absolument tout ce qui est nécessaire pour aider l’équipe », a confié la sélectionneuse Kara Lawson. « C’est très rare chez une joueuse de son calibre. Elle peut jouer à n’importe quel poste pour nous permettre de gagner, et c’est probablement pour cela qu’elle est la plus grande gagnante que nous ayons connue. »
Transmettre les codes de Team USA
Son rôle ne s’est toutefois pas limité au terrain. Après la victoire étriquée contre l’Italie, elle avait remarqué l’inquiétude chez ses jeunes coéquipières. Elle leur avait alors rappelé qu’avant la Coupe du Monde 2014, les États-Unis avaient perdu un match de préparation contre la France avant de finalement remporter le tournoi.
Une manière de transmettre les codes d’une sélection qui a appris depuis longtemps à ne pas paniquer lorsqu’un match ne suit pas le scénario attendu.
« Stewie a été une leader formidable tout au long de cette aventure », a confirmé Caitlin Clark. « Après ce match serré contre l’Italie, elle a pris la parole dans le vestiaire pour nous dire : ‘Ne vous laissez pas déstabiliser. C’est normal dans une Coupe du Monde. Il faut parfois aller chercher les victoires dans la difficulté. Ce ne sera pas toujours joli.’ »
Dans un groupe largement renouvelé, Breanna Stewart a donc été bien davantage que sa meilleure joueuse. Elle en a été le repère, la mémoire et la garante d’une culture de la victoire transmise d’une génération à l’autre.
« Tout commence avec Stewie », a résumé Kara Lawson. « Par son leadership, elle a guidé les plus jeunes et leur a montré ce qu’il fallait faire pour gagner. Elle est la sélection américaine. Quand on pense aux quinze dernières années, on pense à Stewie. Nous avons beaucoup de chance de faire partie de son époque. »
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