La multiplication des insultes racistes, des messages haineux et même des menaces de mort visant plusieurs joueuses a poussé la WNBA à agir. La ligue et le syndicat des joueuses (WNBPA) ont organisé mardi une visioconférence exceptionnelle afin d’évoquer les mesures à mettre en place pour mieux protéger les basketteuses.
Réclamée par le syndicat, cette réunion a notamment rassemblé son comité exécutif ainsi que sa commission Justice, Équité, Diversité et Inclusion. Elle marque le début d’un travail de fond entre les deux parties.
Une coopération renforcée
Dans un communiqué commun publié mercredi, la WNBA et la WNBPA ont expliqué que les échanges avaient mis en évidence « l’importance d’aborder ces problèmes le plus tôt possible grâce à une communication proactive et à un renforcement de la relation entre la ligue et le syndicat ».
La ligue s’est engagée à consolider ses dispositifs de sécurité, tout en travaillant avec le syndicat sur de nouveaux partenariats avec des organisations partageant les mêmes valeurs.
Parmi les pistes évoquées figurent également une collaboration plus étroite avec les plateformes numériques afin de mieux identifier les auteurs des messages haineux, ainsi qu’une coordination accrue avec les forces de l’ordre lorsque les menaces dépassent le simple cadre des réseaux sociaux.
Depuis la saison dernière, la WNBA dispose déjà du programme « No Space for Hate », qui s’appuie sur des outils d’intelligence artificielle permettant aux joueuses de filtrer automatiquement les messages injurieux reçus sur les réseaux sociaux. Les cas les plus graves donnent lieu à des enquêtes menées par le service de sécurité de la ligue.
Chelsea Gray et Alyssa Thomas parmi les dernières victimes
Pour Elizabeth Williams, secrétaire générale du syndicat des joueuses, cette réunion constituait une première étape importante. « Le plus important, c’était la communication. Nous voulons des échanges plus réguliers avec Cathy Engelbert et la ligue afin que les joueuses se sentent davantage écoutées et en confiance. »
Longtemps critique envers la commissioner de la WNBA, Natasha Cloud a reconnu que la ligue ne pouvait pas tout contrôler. « Il y a des gens qui resteront malheureusement haineux. Mais nous pouvons retrouver certaines adresses IP, bannir des supporters à vie des salles et continuer à faire le maximum pour protéger les joueuses. »
Cette réunion intervient après plusieurs incidents très médiatisés. La semaine dernière, Chelsea Gray a publié sur Instagram la capture d’écran d’un message raciste reçu après la défaite des Aces face au Fever. « Les gens pensent qu’on invente tout ça. Et ils ont en plus le culot de nous dire de ‘nous taire et de jouer au basket’. »
Quelques jours plus tôt, Alyssa Thomas avait révélé avoir reçu des menaces de mort, des insultes racistes et même vu son adresse circuler sur Internet après sa suspension d’un match pour un vilain geste sur Caitlin Clark.
« On parle sans cesse de sécurité sur le terrain, mais on menace nos vies. On diffuse nos adresses, on publie des montages qui n’ont rien à voir avec le basket. C’est inacceptable. »
L’affaire Brondello également évoquée
La question du climat entourant la WNBA a également été alimentée ces derniers jours par la suspension d’un match infligée à Sandy Brondello.
La coach du Toronto Tempo avait qualifié Angel Reese « d’espèce protégée » auprès des arbitres après une faute sifflée contre Nyara Sabally.
Si cette expression est relativement courante en Australie, le pays d’origine de Brondello, elle peut revêtir une connotation raciste dans le contexte américain en déshumanisant une personne noire.
Sandy Brondello s’est depuis excusée publiquement et directement auprès d’Angel Reese. Cette dernière a accepté ses excuses tout en saluant la réaction de la ligue.
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