Quelques jours après que la ville de Portland a posé ses conditions pour financer la rénovation du Moda Center, les négociations sont plus tendues que jamais…
« Je pense que nous sommes très loin d’un accord », prévient ainsi un membre des Blazers auprès de The Athletic. « Cette proposition est inacceptable. Je ne sais pas pourquoi ils nous l’ont envoyée, puisqu’ils savent que nous accepterons très peu de ces éléments. À ce stade, ils font de la politique. »
La municipalité propose un nouveau bail de vingt ans, accompagné de près de 600 millions de dollars de fonds publics pour moderniser le Moda Center. En échange, elle réclame notamment que les Blazers versent trois millions de dollars par an pour compenser l’exonération de taxe foncière, une somme amenée à augmenter avec le temps.
La franchise devrait également employer des ouvriers syndiqués et accepter un plafond concernant les éventuels dépassements du budget des travaux. Des conditions qui ont donc été accueillies très froidement par la nouvelle direction de Tom Dundon, dont le conseil d’administration doit se réunir ce lundi.
Un problème de transparence
Au-delà du financement, les deux camps s’opposent sur la transparence du projet. Plusieurs élus refusent de valider l’utilisation d’argent public sans connaître précisément la nature des travaux envisagés.
« Je pense que les Blazers se comportent mal », accuse le conseiller municipal Mitch Green. « Ils ont pensé qu’une fois les 365 millions de dollars votés par l’État, l’accord était conclu. Mais nous avons des élus qui posent des questions difficiles. Et nous sommes à Portland, où les habitants veulent davantage de transparence. »
La franchise explique que ses projets ne sont encore que des « idées et concepts ». Parmi les pistes étudiées figurent la création d’une nouvelle entrée avec un atrium, l’installation de cuisines à chaque étage, la transformation d’une partie des tribunes supérieures en bar ou encore la modernisation des places du niveau « club ».
Les Blazers refusent toutefois de transmettre davantage d’informations après que l’élu Steve Novick a menacé de les poursuivre en justice pour ne pas avoir maintenu le Moda Center au niveau d’une salle de premier ordre.
« Nous ne voulons même pas répondre à la proposition tant qu’ils ne retireront pas ce pistolet placé sur notre tempe », lâche une source de la franchise.
Le spectre d’un déménagement
Le calendrier commence pourtant à presser. La municipalité doit voter le 12 août, tandis qu’un accord devra être trouvé avant le 31 décembre pour débloquer les 365 millions de dollars promis par l’État de l’Oregon. La ville doit de son côté apporter 120 millions, auxquels s’ajouteraient 88 millions du comté de Multnomah.
Alors qu’Adam Silver a récemment regretté le retard pris par les discussions, le bail actuel des Blazers se termine en 2030. De quoi alimenter les inquiétudes autour d’un possible déménagement, même si deux dirigeants assurent que Tom Dundon n’a jamais évoqué cette possibilité.
« Personne chez les Blazers n’a jamais dit que nous voulions partir », insiste l’un d’eux. « Nous ne voulons pas cela. Nous voulons rester à Portland. »
La direction estime néanmoins que l’accord initialement envisagé est désormais inférieur aux conditions obtenues récemment par d’autres franchises, notamment à Oklahoma City et dans l’Utah. Elle pourrait même finir par demander la construction d’une nouvelle salle à Portland.
Une posture qui ne semble pas impressionner Mitch Green, alors que Tom Dundon doit déjà se défendre contre son image de propriétaire économe, renforcée par les nombreux licenciements effectués depuis son arrivée.
« S’il déplace l’équipe, c’est parce qu’il pense pouvoir obtenir un meilleur accord », estime l’élu. « Si Tom Dundon disait aujourd’hui qu’il allait payer les 120 millions de dollars, nous pourrions conclure l’accord dès demain. »
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