La sortie publique d’Adam Silver a peut-être avoir accéléré les choses. Deux jours après que le commissionner a regretté le retard pris par les discussions autour de l’avenir des Blazers à Portland, la municipalité a transmis à la franchise un premier projet de protocole d’accord.
Ce document, révélé par KATU, doit servir de base aux négociations avec le nouveau propriétaire, Tom Dundon, concernant la rénovation du Moda Center et la signature d’un nouveau bail. Les Blazers ont confirmé l’avoir reçu et expliquent être en train de l’étudier.
« Nous voulons mettre quelque chose devant eux pour savoir s’ils accepteront ces conditions et quels points ils souhaiteront négocier », explique l’administrateur municipal Raymond Lee.
Une clause anti-délocalisation de vingt ans
La principale exigence de Portland concerne l’avenir de la franchise. En échange de l’investissement public prévu pour moderniser la salle, la ville réclame en effet un engagement juridiquement contraignant, garantissant que les Blazers ne déménageront pas pendant au moins vingt ans.
Le projet prévoit aussi de plafonner la participation des collectivités, de limiter la liste des dépenses éligibles et de protéger la ville, le comté de Multnomah et l’État de l’Oregon contre d’éventuels dépassements de budget.
Rip City Management, la société qui exploite la franchise et le Moda Center, devrait par ailleurs verser trois millions de dollars par an afin de compenser l’exonération de taxe foncière dont bénéficie le site. Cette somme, appelée à augmenter au fil des années, serait partagée entre la ville, le comté et les écoles publiques de Portland.
La municipalité demande enfin des engagements concernant l’emploi local, l’accès de la salle à des événements communautaires, les normes environnementales et les partenariats avec les associations du quartier d’Albina.
La question de l’investissement privé reste posée
Ce premier document ne règle toutefois pas le principal point de désaccord : le financement du chantier, estimé à près de 600 millions de dollars et quasiment entièrement supporté, pour l’instant, par les pouvoirs publics. L’État de l’Oregon a déjà prévu 365 millions de dollars dans le cadre du projet de loi SB 1501, tandis qu’environ 100 millions sont attendus du comté et 120 millions de la ville.
Plusieurs conseillers municipaux hésitent à approuver cette dernière enveloppe sans participation financière claire des Blazers, ni mécanisme permettant aux collectivités de récupérer une partie des revenus générés par la salle.
Le maire Keith Wilson avait accusé la franchise de retenir des informations essentielles sur le projet. Les Blazers avaient répliqué qu’ils étaient prêts à négocier, mais qu’ils attendaient une proposition formelle de la ville…
C’est désormais chose faite. Une nouvelle réunion publique doit avoir lieu avant le vote du conseil municipal, programmé le 12 août. Les différentes parties devront ensuite parvenir à un accord définitif avant décembre pour débloquer la participation de l’État.
La rénovation du Moda Center est encore loin d’être assurée, mais les négociations disposent enfin d’une base concrète. Et surtout d’une clause destinée à rassurer les supporters : pour bénéficier de près de 600 millions de dollars d’argent public, les Blazers devront garantir qu’ils resteront à Portland pendant au moins vingt ans.
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