L’histoire de la NBA rappelle que le dossier d’une salle peut fragiliser l’avenir d’une franchise dans sa ville. Il y a 18 ans, les Sonics quittaient ainsi Seattle pour Oklahoma City, après l’échec des négociations autour d’une nouvelle enceinte. Plus récemment, les Kings avaient également vu leur avenir à Sacramento être remis en question.
À Portland, la situation n’en est pas encore là. Mais la NBA commence à s’impatienter devant le retard pris par le projet de rénovation du Moda Center, alors que les Blazers viennent d’être rachetés par Tom Dundon.
Présent à Las Vegas pour la Summer League, Adam Silver a reconnu que les discussions n’avaient pas avancé au rythme espéré depuis sa visite à Portland au mois de mars.
« J’ai passé du temps avec Tom Dundon et ses partenaires ici à Las Vegas. Ce qui nous préoccupe le plus aujourd’hui au niveau de la ligue, c’est l’accord dont nous avions parlé lors de notre visite à Portland en mars », a expliqué le commissionnaire en réponse à une question du journaliste Sean Highkin. « J’espérais que davantage de progrès auraient été réalisés à ce stade. Les discussions ont déraillé de plusieurs façons. Nous travaillons avec les deux parties pour garantir un avenir à long terme des Trail Blazers à Portland, mais plusieurs points restent à régler. »
Qui va payer la rénovation ?
Au cœur des négociations se trouve le financement du vaste chantier de rénovation du Moda Center. Le projet prévoit près de 600 millions de dollars de fonds publics, avec 365 millions apportés par l’État de l’Oregon, près de 100 millions par le comté de Multnomah et environ 120 millions par la ville de Portland.
En contrepartie, les Blazers devraient signer un nouveau bail de 20 ans afin de garantir leur maintien dans leur salle actuelle. Mais ni la ville ni le comté n’ont encore validé leur participation financière.
Le dossier s’est également déplacé sur le terrain politique. Plusieurs élus contestent notamment le mécanisme envisagé pour financer la contribution municipale.
Selon les médias locaux, les deux camps se renvoient désormais la responsabilité du blocage. La municipalité affirme avoir besoin de davantage de détails sur le projet avant de débloquer les fonds. De leur côté, les Blazers expliquent ne pas pouvoir préciser le montant de leur propre investissement tant que les financements publics ne sont pas sécurisés.
La franchise n’a d’ailleurs toujours pas communiqué publiquement la somme qu’elle compte engager dans les travaux.
Le calendrier commence pourtant à se resserrer. L’État de l’Oregon a fixé au mois de décembre l’échéance pour finaliser l’accord nécessaire au déblocage de sa contribution.
Le conseil municipal de Portland doit auparavant se prononcer, le 12 août, sur un premier protocole d’accord concernant les 120 millions de dollars attendus de la ville. Un vote favorable permettrait de relancer les négociations, même si plusieurs obstacles resteraient encore à lever.
À défaut d’accord cette année, un nouveau montage financier pourrait être étudié pendant la session législative de l’Oregon en 2027. Un tel report compliquerait toutefois le calendrier des travaux, alors que Portland doit accueillir le Final Four féminin NCAA en 2030.
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