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Le Thunder, les 10 ans d’une franchise précoce

Depuis le début de semaine, le Thunder et son logo ont dix ans tout juste. Si le déménagement de la franchise de Seattle à Oklahoma City fut officiellement entériné le 3 juillet 2008, quand Clay Bennett accepta de payer 75 millions de dollars à la ville de Seattle pour se défaire définitivement de ses couleurs, il fallut donc deux mois pour que le Thunder trouve les siennes : du bleu, du orange, et du jaune pour mettre en valeur l’éclair au centre de son logo

« Ça va prendre du temps pour s’habituer, comme pour le Jazz et le Magic, mais c’est une super nouvelle pour l’Etat de l’Oklahoma » déclarait à l’époque Desmond Mason, fraîchement débarqué. Pas tant que ça puisque quatre ans après sa naissance, le Thunder allait atteindre les Finals, pour un succès éclair. Avec huit participations aux playoffs en dix saisons et deux MVP, OKC est aujourd’hui une place forte de la NBA à laquelle nous rendons hommage en compilant les dix moments charnières de sa jeunes histoire.

La Draft de Kevin Durant

Un des plus grands moments de l’histoire du Thunder prend place un an avant sa naissance, lorsque Seattle choisit Kevin Durant avec le deuxième choix de la Draft, juste derrière Greg Oden, et devant Al Horford et Mike Conley. N’importe lequel de ces hommes à la place de KD, et tout ce qui suit ne se serait probablement jamais produit. En misant sur ce prospect de 2m10 (2m13 ?) capable de tout faire sur un terrain, Seattle offre à OKC un des plus grand joueurs de l’histoire du basket.

L’enterrement des Sonics

Le Thunder n’aura gardé des Sonics que l’organigramme, avec ce douloureux accord conclu par le propriétaire Clay Bennett avec la ville de Seattle en juillet 2008 rompant tout lien avec le cité émeraude. Pour pouvoir abandonner la Key Arena deux ans avant la fin du bail qui liait la salle à son équipe de basket, Bennett débourse plusieurs dizaines de millions de dollars, filant à OKC sans se retourner. L’accord prévoit d’ailleurs l’abandon du nom, du logo et des couleurs de l’ancienne équipe, dans l’hypothèse d’un retour : Thunder et Sonics sont à la fois intimement liés mais tellement éloignés.

Des débuts compliqués

Le malheur des uns fait le bonheur des autres : alors que les fans de Seattle pleurent les Sonics, ceux d’Oklahoma City fêtent le Thunder et confirment, deux ans après l’hébergement des New Orleans Hornets suite à l’ouragan Katrina, que la ville est dingue de basket.

Sur le terrain pourtant, la fête est de courte durée : après un mois de compétition, l’équipe égale le record de 14 défaites de suite établi par les Sonics la saison précédente (car les records sont officiellement communs aux deux villes) et vire son entraîneur P.J. Carlesimo pour le remplacer par Scott Brooks. Le lot des équipes en construction. Sauf que celle du Thunder sera express.

Le succès du Big Three « made in OKC »

Drafté en 2007, Kevin Durant est le plus beau souvenir de Seattle pour les fans du Thunder. En plein déménagement, KD voit arriver Russell Westbrook puis James Harden un an plus tard, pour former un Big Three hyper talentueux qu’épaulent Jeff Green, un ancien Sonic, et Serge Ibaka, une autre belle trouvaille. Le succès est immédiat : OKC atteint la barre des 50 victoires et les playoffs pour la première fois de sa très jeune histoire (locale), et ne rend les armes qu’après six matchs face aux Lakers, champions en titre… et futurs champions. Une élimination saluée par une superbe standing ovation de plusieurs minutes. Avec ses cinq meilleurs joueurs sous les 23 ans, l’avenir s’annonce radieux pour ce groupe.

La prolongation de Kevin Durant

Avenir radieux, à condition de garder tout le monde le maximum de temps possible. Un exercice dans lequel Sam Presti va d’abord exceller en prolongeant Kevin Durant avant la fin de son contrat rookie. En déboursant 89 millions de dollars, le Thunder garde le joueur le plus talentueux de sa génération pour cinq années supplémentaires, les plus belles de la franchise. On se dit alors que le Thunder est l’équipe de la prochaine décennie à l’Ouest.

La finale NBA suivie du départ de James Harden

Ça se confirme puisque l’équipe saute une étape dans sa progression en atteignant la finale de conférence dès 2011 au terme d’une saison à 55 victoires, mais elle est battu 4-1 par le futur champion encore une fois, Dallas. Un an plus tard, avec un Kevin Durant montrant qu’il fait partie des plus grands, un Russell Westbrook double All-Star et un James Harden meilleur sixième homme de la ligue, OKC met la barre encore plus haut en battant successivement les Mavericks 4-0, les Lakers 4-1 et les Spurs 4-2, pour aller défier le Heat en finale. Pour y parvenir les dirigeants ont sacrifié Jeff Green et recruté Kendrick Perkins. Si le Thunder gagne la première manche, la formation de Scott Brooks perd les quatre suivantes. L’été sera encore plus compliqué puisque James Harden est transféré à Houston après avoir refusé une prolongation de contrat, pour aller chercher plus de responsabilités, et d’argent, de son propre aveu. Une chose est sûre : à OKC, l’équipe est plus forte que l’individu et Harden en a fait les frais.

Kevin Durant, MVP

Déjà trois fois meilleur scoreur de la ligue et quatre fois All-Star à moins de 25 ans, Kevin Durant bat les records de précocité les uns après les autres. Il a fini 2e au classement du MVP en 2010, 5e en 2011, 2e de nouveau en 2012 et en 2013, trois fois battu d’une tête par LeBron James.

Il prend sa revanche en 2014, terminant meilleur scoreur de la ligue une nouvelle fois, avec 32 points de moyenne à 50% aux tirs, 39% à 3-points, 7.4 rebonds et 5.5 passes de moyenne, le tout à la tête d’une équipe à 59 victoires, deuxième de la conférence Ouest derrière les Spurs. Avec un hommage à sa maman plein d’émotion, la cérémonie de remise du trophée marque les esprits, surtout dans une ville d’OKC plus fière que jamais de sa pépite.

La trahison de Kevin Durant

Après notamment deux saisons gâchées par des blessures pour Russell Westbrook puis Kevin Durant, et le départ de Scott Brooks remplacé par Billy Donovan, le Thunder a toutes les cartes en main pour retourner en finale NBA en 2016, menant même 3-1 en finale de conférence face aux Warriors après avoir largement dominé les Spurs. La suite restera dans les annales de la ligue : Golden State s’impose 4-3, avant de s’effondrer face aux Cavaliers de LeBron James. Dans les semaines qui suivent, Kevin Durant choque la planète basket en décidant de rejoindre les Dubs. La ville s’embrase, les maillots de KD avec.

La reprise de flambeau autoritaire de Russell Westbrook

Le départ de l’ailier laisse un boulevard à Russell Westbrook, qui avait déjà, rappelons-le, terminé quatrième du vote pour le titre de MVP en 2015. Poussé par une communauté qui loue sa loyauté autant qu’elle ne dénigre celle de Durant, « Brodie » écrase tout sur son passage et laisse s’exprimer, soir après soir, la bête qui est en lui.

Le meneur de jeu réalise une des saisons les plus impressionnantes de l’histoire sur le plan statistique, devenant le deuxième homme à compiler un triple double de moyenne sur un exercice, et le deuxième joueur du Thunder sacré MVP. Malgré cela, son équipe ne passes pas le premier tour des playoffs, pas plus que l’année suivante, elle aussi conclue en triple double.

Les prolongations de Russell Westbrook

Échaudé par le départ de Kevin Durant chez l’ennemi, Russell Westbrook prend son contre-pied en paraphant une prolongation de contrat à OKC, prenant à bras le corps les responsabilités qui lui tombent dessus. Un an plus tard, auréolé d’un titre de MVP, le numéro 0 remet ça et signe pour cinq ans de plus et 205 millions de dollars. Un engagement qui pousse Paul George, arrivé il y a un an, à lui aussi choisir OKC pour 4 années supplémentaires et 137 millions de dollars. De quoi garantir au Thunder et à ses fans une formation compétitive pour encore plusieurs années.

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