« Je déteste dire ça, mais Mitch Johnson doit miser sur Castle et Harper. Il doit sortir Fox du match… Quand on est coach, on ne peut pas se préoccuper des états d’âme des joueurs dans une situation comme celle-ci. »
C’est ce qu’a lancé Charles Barkley à la mi-temps du Game 5. Pourtant, les Spurs étaient devant, mais l’ancien MVP a dit tout haut ce que beaucoup pensaient tout bas. Et la suite du match lui a donné raison avec un De’Aaron Fox encore terriblement maladroit dans le « money-time », tandis que Jalen Brunson donnait une leçon aux Spurs.
« J’ai pris des tirs que j’ai déjà réussis par le passé. Parfois, ils rentrent, parfois non. Certains me semblaient très bons, puis ils ont touché l’arceau arrière avant de ressortir », commente l’ancien meneur des Kings, déjà très critiqué après son lay-up manqué à quelques secondes de la fin du Game 4. « C’est comme ça… Évidemment, j’aurais aimé les mettre. Cette équipe est très physique. Elle vous pousse à prendre des tirs extérieurs et essaie de vous empêcher d’attaquer la raquette. Mais tout simplement, mes tirs ne sont pas rentrés ce soir. »
Les Spurs vont lui verser près de 230 millions de dollars sur quatre ans
Si toutes les critiques se focalisent sur Fox, c’est parce qu’il a été très moyen dans ces playoffs, et surtout en finale. Mais c’est aussi parce que son prochain contrat débute cet été, et qu’il est monstrueux : 229 millions de dollars sur quatre ans. Avec un tel salaire, il ne peut plus seulement être un bon joueur : il doit être une réponse dans les moments qui comptent. Or, face aux Knicks, il a incarné les limites de San Antonio dans le dernier quart-temps.
Des voix s’élèvent déjà pour que les dirigeants lui trouvent un point de chute. Surtout que les Spurs possèdent déjà leur backcourt pour les années à venir avec Stephon Castle et Dylan Harper.
Mais qui prendra le risque de récupérer un tel contrat, avec un salaire annuel compris entre 50 et 61 millions de dollars ? À moins d’un transfert miracle, De’Aaron Fox sera toujours le meneur titulaire des Spurs la saison prochaine, et il se projette déjà avec ce groupe.
« Il faut continuer à travailler ensemble, à progresser, individuellement comme collectivement. C’était vraiment la première fois que nous vivions quelque chose de cette ampleur. C’est donc une expérience sur laquelle nous pouvons construire pour l’avenir », estime-t-il, avant d’évoquer les qualités qui ont permis aux Spurs d’atteindre les Finals. « Je dirais surtout notre cohésion. Évidemment, tout le monde était pleinement engagé. Honnêtement, nous ne pensions pas gagner 60 matchs ni arriver jusque-là. Et je pense que le talent du groupe a très vite trouvé son équilibre. Les gars se sont vraiment appréciés et cela a rendu le fait de jouer ensemble beaucoup plus facile. »
Un vétéran sans véritable expérience des playoffs
Même s’il a 28 ans, et qu’il fait office de « grand frère » dans cette équipe, De’Aaron Fox possédait une expérience très limitée des playoffs avant cette campagne : une défaite au premier tour face aux Warriors en 2023. C’est ce que retient Mitch Johnson, qui parle d’inexpérience générale, et qui l’inclut dans son constat.
« Les équipes qui ont déjà vécu ce genre de situation possèdent généralement un groupe de joueurs qui évoluent ensemble depuis plusieurs années. Très souvent, cela se voit dans les moments les plus lents du match et surtout dans les fins de rencontre », rappelle le coach des Spurs. « Cette saison, ces joueurs ont vécu cela pour la première fois. Puis ils ont découvert les playoffs, les finales de conférence et les Finals pour la première fois également. En général, ces équipes deviennent bien meilleures lors de leur deuxième ou troisième année ensemble. Nous devons progresser individuellement, aussi bien les entraîneurs que les joueurs, et continuer à les accompagner. Eux aussi doivent continuer à travailler sur eux-mêmes. Ils vont continuer à mieux se connaître et à devenir meilleurs. »
Parmi ces joueurs qui seront encore plus forts dans les années à venir, il y a évidemment Victor Wembanyama. Mais De’Aaron Fox tient aussi à mettre en avant ses deux partenaires du backcourt : Stephon Castle et Dylan Harper. Deux jeunes dont l’éclosion rend son propre statut encore plus délicat.
« Le potentiel de ces gars-là n’a aucune limite. Je l’ai déjà dit : ce sont des joueurs qui seront All-Stars, qui seront sélectionnés dans des All-NBA Teams et All-Defensive Teams. Je le pense sincèrement pour tous les deux. Si nous avons été aussi performants cette saison, ils en sont responsables pour une grosse partie et ce, très tôt dans leur carrière. Leur potentiel est immense » conclut-il. Reste à voir s’il restera pour les aider à l’exploiter…
| De'Aaron Fox | Pourcentage | Rebonds | |||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Saison | Equipe | MJ | Min | Tirs | 3pts | LF | Off | Def | Tot | Pd | Fte | Int | Bp | Ct | Pts |
| 2017-18 | SAC | 73 | 27:45 | 41.2 | 30.7 | 72.3 | 0.5 | 2.3 | 2.8 | 4.4 | 2.2 | 1.0 | 2.4 | 0.3 | 11.6 |
| 2018-19 | SAC | 81 | 31:26 | 45.8 | 37.1 | 72.7 | 0.5 | 3.2 | 3.8 | 7.3 | 2.5 | 1.6 | 2.8 | 0.6 | 17.3 |
| 2019-20 | SAC | 51 | 32:02 | 48.0 | 29.2 | 70.5 | 0.7 | 3.2 | 3.8 | 6.8 | 2.8 | 1.5 | 3.1 | 0.5 | 21.1 |
| 2020-21 | SAC | 58 | 35:06 | 47.7 | 32.2 | 71.9 | 0.6 | 2.9 | 3.5 | 7.2 | 2.9 | 1.5 | 3.0 | 0.5 | 25.2 |
| 2021-22 | SAC | 59 | 35:18 | 47.3 | 29.7 | 75.0 | 0.4 | 3.5 | 3.9 | 5.6 | 2.9 | 1.2 | 2.8 | 0.4 | 23.2 |
| 2022-23 | SAC | 73 | 33:21 | 51.2 | 32.4 | 78.0 | 0.5 | 3.6 | 4.2 | 6.1 | 2.4 | 1.1 | 2.5 | 0.3 | 25.0 |
| 2023-24 | SAC | 74 | 35:56 | 46.5 | 36.9 | 73.8 | 0.9 | 3.7 | 4.6 | 5.6 | 2.6 | 2.0 | 2.6 | 0.4 | 26.6 |
| 2024-25 | SAC | 45 | 36:57 | 46.9 | 32.2 | 82.9 | 1.0 | 4.0 | 5.0 | 6.1 | 2.6 | 1.5 | 3.0 | 0.4 | 25.0 |
| 2024-25 | SA | 17 | 34:00 | 44.6 | 27.4 | 81.9 | 0.5 | 3.8 | 4.3 | 6.8 | 2.7 | 1.5 | 2.4 | 0.3 | 19.7 |
| 2025-26 | SA | 72 | 30:59 | 48.6 | 33.2 | 76.0 | 0.6 | 3.2 | 3.8 | 6.2 | 2.3 | 1.2 | 2.3 | 0.3 | 18.6 |
Comment lire les stats ? MJ = matches joués ; Min = Minutes ; Tirs = Tirs réussis / Tirs tentés ; 3pts = 3-points / 3-points tentés ; LF = lancers-francs réussis / lancers-francs tentés ; Off = rebond offensif ; Def= rebond défensif ; Tot = Total des rebonds ; Pd = passes décisives ; Fte : Fautes personnelles ; Int = Interceptions ; Bp = Balles perdues ; Ct : Contres ; Pts = Points.
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