Il reste onze minutes à jouer, dans ce qui ressemble alors à une soirée parfaite pour Houston, au Toyota Center. Les Rockets comptent 25 points d’avance après un tir à 3-points de Jabari Smith Jr, tandis que les Sixers semblent à deux doigts d’agiter le drapeau blanc, avec le seul VJ Edgecombe encore sur le parquet parmi les titulaires.
Pourtant, neuf minutes plus tard, on frôle la débandade : le rookie bahaméen vient de ramener les siens à seulement cinq points. Les locaux finiront par s’imposer, mais non sans quelques sueurs froides.
De quoi sérieusement agacer Ime Udoka. L’entraîneur texan est passé tout près de livrer sa meilleure imitation de son ancien mentor, Gregg Popovich, lorsqu’on lui a demandé comment expliquer le retour de Philadelphie.
« Neuf balles perdues », a lâché le coach en conférence de presse, avant de marquer une pause puis de développer son analyse. « Ils ont augmenté la pression et nous n’avons pas su la maîtriser. Nous n’avions commis que cinq balles perdues durant les trois premiers quart-temps, et nous en avons concédé neuf dans le seul dernier quart. »
Un 20-2 encaissé dans le quatrième quart-temps
Jusque-là, Ime Udoka avait pourtant de quoi se montrer satisfait de ses joueurs, auteurs d’une première période convaincante des deux côtés du terrain. L’intégration de Josh Okogie dans le cinq avait notamment permis de faire sortir Tari Eason et Reed Sheppard du banc, sans oublier l’apport d’Aaron Holiday et de Clint Capela.
Mais l’entraîneur des Rockets n’arrivait pas à se détacher de cette dernière mauvaise impression.
« C’est génial d’avoir cette étincelle en sortie de banc », a-t-il reconnu. « Tari revient bien, Aaron apporte son adresse et sa défense, c’est une bonne chose pour nous. Mais nous devons vraiment être meilleurs en fin de match, peu importe les joueurs sur le parquet. Aaron et Tari y étaient, et ce n’est évidemment pas leur faute individuellement. C’est collectivement que nous n’avons pas été bons. »
Il aura fallu le talent et le sang-froid de Kevin Durant, auteur de tirs lointains précieux dans le money-time, pour repousser les Sixers, qui avaient pourtant longtemps été privés de leurs principaux cadres avant de signer ce 20-2. « Les équipes adverses essaient d’accélérer le rythme parce que nous dominons tellement durant les trois premiers quart-temps qu’elles finissent par tout tenter, et cela nous dérègle parfois », a estimé KD. « Nous apprenons à gérer ça avec le temps. Quand nous simplifions notre jeu, que nous prenons notre temps au lieu de nous précipiter, nous trouvons de bonnes positions de tir, et nous avons réussi à en convertir quelques-unes ce soir. »
Ime Udoka se serait bien passé de voir Kevin Durant jouer les sauveurs
Kevin Durant, ainsi qu’Aaron Holiday — lui aussi auteur d’un tir à 3-points décisif à quatre minutes de la fin — ont peut-être évité une énorme frayeur à Houston.
Mais ils n’ont pas complètement dissipé les doutes liés à l’inconstance des Rockets sur un même match. Il y a clairement du mieux, comme en témoigne cette huitième victoire consécutive. Mais à l’approche des playoffs, ces passages à vide devront impérativement être gommés pour éviter de vraies désillusions.
« C’est énorme », a salué Ime Udoka au sujet du fait de pouvoir compter sur des joueurs capables de finir le travail, comme Kevin Durant, recruté notamment pour sa capacité à tuer les matches. « Il a mis deux gros tirs, Aaron en a mis un aussi. Mais nous devons être plus constants, revenir à notre jeu, gérer la pression et ne pas dépendre de ça pour nous en sortir alors que nous avions une grosse avance. C’est formidable d’avoir des joueurs capables de le faire, et Kevin est évidemment l’un de nos meilleurs joueurs en fin de match. Mais, pour être honnête, nous n’aurions même pas dû nous retrouver dans cette situation. »
Aux Rockets de tirer les leçons de cet avertissement sans conséquence. Une place dans le Top 4, voire sur le podium de l’Ouest, pourrait en dépendre avant d’affronter Minnesota dans la nuit suivante.
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