« Quand tu veux continuer à être compétitif au plus haut niveau, tu dois ajouter d’autres choses. Quand tu arrives à 38 ou 39 ans, que tu te retrouves face à un gamin de 23 ans, et que tu dois défendre sur des gars plus costauds, plus grands, qui shootent mieux et sont préparés pour te dévorer, ce n’est plus pareil. Il faut garder l’esprit ouvert et essayer de s’armer avec de nouveaux outils. L’expérience te donne aussi un avantage, mais il faut arriver sur le terrain affûté. Préparation, technologie, curiosité : voilà les outils dont tu dois t’équiper pour être prêt. »
Comme LeBron James, Manu Ginobili s’est lui aussi tourné vers une forme de « bio-hacking », autrement dit une manière d’optimiser son corps pour mieux résister à l’usure du temps. Et comme le « King », l’arrière argentin a défié les années en cherchant à mettre toutes les chances de son côté dans sa préparation quotidienne.
Cette hygiène de vie rigoureuse lui a permis de prolonger sa carrière au plus haut niveau, avec les Spurs comme avec la sélection argentine, comme il l’a récemment raconté dans un long entretien accordé à Resumido info.
« J’ai commencé à me focaliser là-dessus à cause de mon métier. J’ai continué à jouer jusqu’à 38-39 ans, et à 40 ans, j’étais encore sur le terrain. Donc j’ai dû tout optimiser. J’ai disputé les Jeux olympiques à 39 ans. À cet âge-là, tu ne peux plus jouer si tu ne fais pas attention à tous les détails. Si tu ne prends pas soin de toi, si tu ne manges pas bien, si tu ne prends pas le temps nécessaire pour récupérer et dormir quand il le faut, si tu ne fais pas attention à ce que tu manges et au moment où tu manges… »
Bien manger, bien dormir
En plus de vingt ans de carrière, dont quatre en Europe et seize en NBA, où il a disputé 1 270 matchs, Manu Ginobili a progressivement pris conscience de l’importance de son hygiène de vie. Les échanges avec des spécialistes, ses proches et ses coéquipiers ont fini de le convaincre.
Pour durer, le seul « load management » mis en place par Gregg Popovich ne suffisait pas. Même si la philosophie du maître à penser des Spurs a joué son rôle, Manu Ginobili n’ayant dépassé les 30 minutes de moyenne qu’une seule fois dans sa carrière, tous les détails comptent. Et le premier chantier a bien sûr été l’alimentation.
« Je me souviens que vers 34-35 ans, j’ai commencé à me blesser davantage. Aux abdos, ou avec des élongations aux ischio-jambiers que je n’avais jamais eues de ma vie. C’est là que l’alarme s’est déclenchée », se souvient-il. « Avec mon cousin, on a commencé à en parler. Je l’ai fait venir régulièrement à San Antonio et il m’a peu à peu convaincu de changer mon alimentation. L’importance des glucides, des pâtes, du fait de mieux prendre soin de soi, d’arrêter le sucre, de manger plus de protéines, de patate douce, de betterave, de courgette… C’est là que tout a commencé. À force d’essayer de progresser sur toutes ces petites choses, on apprend, on comprend en lisant, en échangeant avec des gens proches de l’équipe, des compatriotes, des coéquipiers. Tu ajustes tout, petit à petit, et tu vois ce qui fonctionne. Voilà comment j’ai pu prolonger ma carrière. Maintenant, je veux prolonger ma qualité de vie. Je vais bientôt avoir 50 ans et je veux garder une vie active, faire du sport. Je fais attention, et j’aime ça. »
Un vrai geek, passionné de données et de statistiques
Comme chez d’autres modèles de longévité, cet état d’esprit s’est ensuite transformé en véritable obsession, étendue à tous les paramètres maîtrisables, du repos à la qualité du sommeil.
Tous les leviers sont bons pour limiter l’impact du temps sur l’organisme, et l’ère moderne a offert à Manu Ginobili un terrain de jeu idéal dans cette quête d’optimisation.
« Parfois, on diabolise la technologie. Elle peut créer une forme d’addiction, parce qu’on peut rester collé à son écran. Mais elle apporte aussi énormément de choses positives. Tu peux mesurer exactement ce que tu manges, voir si tu ne consommes pas assez de protéines, trop de sucres, pas assez de fibres, ou autre. Ça concerne aussi le sommeil, la course, le vélo, la manière dont ton cœur devient plus fort à distance égale, ou la façon dont tu cours plus vite. J’aime ces données, les statistiques, et je suis tout ! Ça t’évite aussi d’en faire trop. Avoir les bonnes informations aide énormément à prendre de meilleures décisions. J’adore ça et j’essaie de tout optimiser. »
La recette semble fonctionner. Près de huit ans après sa retraite, « El Manu » reste particulièrement affûté, comme ont pu le constater cette semaine ses anciens coéquipiers Boris Diaw et Tiago Splitter, réunis à San Antonio à l’occasion du passage des Blazers, où l’ex-intérieur brésilien est désormais sur le banc.
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