C’est l’un des transferts à la « trade deadline » qui a eu le plus d’impact à court terme pour une franchise. Et sans doute l’un des plus marquants de l’histoire des Nuggets. Le 24 mars 2021, les Nuggets envoyaient à Orlando Gary Harris et R.J. Hampton pour mettre la main sur Gary Clark, et surtout Aaron Gordon. Un échange décisif dans le processus qui mènera Nikola Jokic et sa bande vers le titre en 2023.
Cinq ans plus tard, le pivot se souvient que cette retouche dans l’effectif n’a pas été simple à vivre : Gary Harris était l’un de ses coéquipiers favoris. « Je me souviens avoir pleuré en lui disant au revoir. On avait une super connexion sur le terrain », confie le Serbe au Denver Post, qui consacre un long article à l’anniversaire de ce transfert.
Une connexion vite oubliée avec l’arrivée du joueur du Magic. Celui-ci avait demandé son bon de sortie auprès de la franchise floridienne, embarquée dans une reconstruction qui verra Evan Fournier et Nikola Vucevic être envoyés respectivement à Boston et Chicago. Tout l’enjeu étant de savoir quel serait le point de chute d’Aaron Gordon.
« Aaron a toujours gagné. C’est tout ce qui comptait pour lui. Alors quand on a parlé de Denver, je lui ai dit : ‘Tu ne veux pas renouer avec la victoire ?’ Il a compris qu’il devrait accepter un rôle spécifique pour que l’équipe gagne. Il m’a dit : ‘Je fonce.’ Et c’est exactement ce qui s’est passé », rapporte son agent Calvin Andrews.
Les Nuggets ont d’abord manqué Jrue Holiday
« Denver n’était pas vraiment sur mon radar. Enfin si, mais c’était entre Houston (ndlr : des Rockets qui ne sentaient pas que Gordon prolongerait chez eux selon le quotidien de Denver, ce qui a fait capoter sa venue), Boston et Denver… », avoue toutefois son client, plus familier avec les Celtics.
Les Nuggets, eux, étaient à la recherche d’un joueur capable de leur faire passer un cap en défense. Quelques mois plus tôt, ils avaient été très proches de faire l’acquisition de Jrue Holiday, le meneur de La Nouvelle-Orléans qui aurait pu être la parfaite réponse à la menace Stephen Curry chez les Warriors. Dans un autre transfert clé, ce dernier a finalement pris la direction des Bucks avec lesquels il a remporté le titre en 2021,
« On n’arrêtait pas de se demander : ‘Qui peut défendre sur les monstres de la ligue ?’, les Kawhi (Leonard), LeBron (James), Paul George et compagnie. Luka (Doncic) commençait tout juste à s’affirmer. La question était : qui possède ce mélange de taille et de puissance, tout en ayant la mobilité latérale nécessaire pour couper les trajectoires ? », se souvient Jon Wallace, vice-président de la franchise.
Pour une formation qui venait de perdre Jerami Grant, la réponse sera Aaron Gordon. Mais ce dernier allait-il accepter de se mettre en retrait offensivement, après avoir été l’une des options majeures du Magic ?
L’acceptation immédiate d’un nouveau rôle
« L’idée n’était plus de se demander : ‘Est-ce que je peux marquer 20 points par match ?’ On avait essayé, et ça ne marchait pas. Il en avait assez de faire le hamster. De courir sans cesse dans sa roue pour essayer de faire bouger les choses, sans résultat. Il fallait peut-être tenter quelque chose de différent », suggère alors son agent.
Les Nuggets avaient d’ailleurs mis les choses au clair avec le joueur et son clan. À Denver, Nikola Jokic est le patron du jeu local, ce qui signifiait moins de « pick-and-roll » ou de séquences balle en main pour Aaron Gordon. Ce dernier a accepté ce changement de statut, et l’alchimie a été au rendez-vous dès ses premiers pas dans le Colorado.
« Ça a tout de suite collé. Je n’ai jamais vu une telle alchimie s’opérer aussi vite. Le déclic a été immédiat. Il volait aux quatre coins du terrain. Joker balançait des lobs. C’était de la folie », se souvient Calvin Andrews, dont le client a été instantanément impressionné par le côté « tueur silencieux » du futur MVP.
« Il est devenu le complément idéal pour (Jokic et Jamal Murray), et ça l’est resté toutes ces années. Évidemment, cela a mené au succès ultime : remporter un titre. Aaron a donc été incroyable depuis ce transfert, tout comme le passage de Gary ici a été très marquant. C’est assez fou d’avoir eu Gary, avec tout ce qu’il a apporté, puis de récupérer Aaron dans la foulée », n’en revient pas David Adelman.
Un Gary Harris qui allait progressivement tomber dans l’anonymat dans les années suivantes. À l’opposé du destin d’Aaron Gordon et des siens, sacrés champions et encore en lice pour atteindre le Graal cette année.
| Aaron Gordon | Pourcentage | Rebonds | |||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Saison | Equipe | MJ | Min | Tirs | 3pts | LF | Off | Def | Tot | Pd | Fte | Int | Bp | Ct | Pts |
| 2014-15 | ORL | 47 | 16:57 | 44.7 | 27.1 | 72.1 | 1.0 | 2.6 | 3.6 | 0.7 | 1.8 | 0.4 | 0.8 | 0.5 | 5.2 |
| 2015-16 | ORL | 78 | 23:53 | 47.3 | 29.6 | 66.8 | 2.0 | 4.5 | 6.5 | 1.6 | 2.0 | 0.8 | 0.8 | 0.7 | 9.2 |
| 2016-17 | ORL | 80 | 29:23 | 45.4 | 28.8 | 71.9 | 1.5 | 3.6 | 5.1 | 1.9 | 2.2 | 0.8 | 1.1 | 0.5 | 12.7 |
| 2017-18 | ORL | 58 | 32:55 | 43.4 | 33.6 | 69.8 | 1.5 | 6.4 | 7.9 | 2.3 | 1.9 | 1.0 | 1.8 | 0.8 | 17.6 |
| 2018-19 | ORL | 78 | 33:45 | 44.9 | 34.9 | 73.1 | 1.7 | 5.7 | 7.4 | 3.7 | 2.2 | 0.7 | 2.1 | 0.7 | 16.0 |
| 2019-20 | ORL | 62 | 32:32 | 43.7 | 30.8 | 67.4 | 1.7 | 5.9 | 7.7 | 3.7 | 2.0 | 0.8 | 1.6 | 0.6 | 14.4 |
| 2020-21 | DEN | 25 | 25:55 | 50.0 | 26.6 | 70.5 | 1.5 | 3.2 | 4.7 | 2.2 | 1.6 | 0.7 | 1.2 | 0.6 | 10.2 |
| 2020-21 | ORL | 25 | 29:26 | 43.7 | 37.5 | 62.9 | 1.6 | 5.1 | 6.6 | 4.2 | 2.0 | 0.6 | 2.7 | 0.8 | 14.6 |
| 2021-22 | DEN | 75 | 31:41 | 52.0 | 33.5 | 74.3 | 1.7 | 4.2 | 5.9 | 2.5 | 2.0 | 0.6 | 1.8 | 0.6 | 15.0 |
| 2022-23 | DEN | 68 | 30:13 | 56.4 | 34.7 | 60.8 | 2.4 | 4.1 | 6.6 | 3.0 | 1.9 | 0.8 | 1.4 | 0.8 | 16.3 |
| 2023-24 | DEN | 73 | 31:28 | 55.6 | 29.0 | 65.8 | 2.4 | 4.1 | 6.5 | 3.5 | 1.9 | 0.8 | 1.4 | 0.6 | 13.9 |
| 2024-25 | DEN | 51 | 28:22 | 53.1 | 43.6 | 81.0 | 1.6 | 3.3 | 4.8 | 3.2 | 1.6 | 0.5 | 1.4 | 0.3 | 14.7 |
| 2025-26 | DEN | 33 | 27:35 | 49.5 | 39.4 | 76.4 | 1.5 | 4.4 | 5.8 | 2.5 | 1.6 | 0.6 | 1.1 | 0.3 | 16.3 |
Comment lire les stats ? MJ = matches joués ; Min = Minutes ; Tirs = Tirs réussis / Tirs tentés ; 3pts = 3-points / 3-points tentés ; LF = lancers-francs réussis / lancers-francs tentés ; Off = rebond offensif ; Def= rebond défensif ; Tot = Total des rebonds ; Pd = passes décisives ; Fte : Fautes personnelles ; Int = Interceptions ; Bp = Balles perdues ; Ct : Contres ; Pts = Points.
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