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Steve Smith, it’s a kind of Magic

Sorti de Michigan State comme son ami et modèle Magic Johnson, Steve Smith (51 ans, ce 31 mars) reçut un coup de poignard durant sa saison rookie avec la disparition de sa mère, emportée par un cancer. Il brilla sous le maillot d’Atlanta avant de connaître la consécration sur le tard, à San Antonio.

Un joueur NBA se souvient toujours de sa première saison. Le rookie découvre une nouvelle vie. Fini, le cocon universitaire. Maintenant, c’est chacun pour soi. C’est ce que comprend Steven Delano Smith en s’installant à Miami après avoir été choisi par le Heat en numéro 5 de la draft 1991. Premier choc. Pour Smith, ce sera le début d’une longue série. 7 novembre 1991. Magic annonce sa maladie. Steve apprend la nouvelle en arrivant à l’entraînement. Il ne retient pas ses larmes. Ce n’est pas possible… Pas Magic !

Magic Johnson, son mentor. Son ami. Son modèle. Tous deux sont issus du même college, Michigan State University. Tous deux sont arrières. Tous deux ont le même état d’esprit. Le même sens du collectif. Et, pour mettre une dernière touche à la copie conforme, le même sourire charmeur. En août 1991, comme tous les étés, ils se sont retrouvés sur un terrain du campus de MSU. Ils avaient évoqué leur futur affrontement en NBA. Magic face à Baby Magic… Depuis, tout s’est effondré.

« D’abord, je n’y ai pas cru. Puis, devant le courage dont il a fait preuve, je me suis dit que le meilleur moyen de lui rendre hommage était d’assurer mes débuts en NBA. »

La blessure, puis le deuil

Ce qui fut fait et bien fait : 14 points, 4 rebonds, 5 passes en 31 minutes, ce sont des stats de super rookie. Tout allait bien. Début janvier à Los Angeles, le match face aux Lakers aurait dû être l’affrontement des Magic « père et fils ». Le conte de fées vire au cauchemar… Un appui anodin, une grimace. Steve se tient le genou. Ironie du sort, l’incident se passe devant le banc des Lakers, où est assis le Magicien. Cartilage endommagé. Arthroscopie. Rééducation. Après la douleur physique, c’est la souffrance morale. Trois semaines plus tard, Smith réintègre enfin l’équipe. Qu’est-ce qui peut bien lui arriver, maintenant ? Le pire ! A la fin du match, un télégramme l’attend. Sa mère vient d’entrer à l’hôpital. Cancer généralisé. Elle vit ses derniers jours. Après la tête et les jambes, Steve sent son cœur exploser.

« Je ne sais pas pour les autres mais en ce qui me concerne, ma mère était la personne la plus importante au monde. J’aurai du mal à m’en remettre… »

Trois jours après les funérailles, Steve emmène son père, Donald, au All-Star Game d’Orlando. « C’était bien pour lui. Ça le faisait sortir de la maison. Ça m’a fait du bien aussi. »

Notamment cette accolade avec Magic à la fin de la rencontre. Les deux meilleurs joueurs de l’histoire de Michigan State sont tombés dans les bras l’un de l’autre. Pas un mot mais des regards et des sourires qui en disaient long et qui avaient un goût d’avenir. « Voir Magic se comporter comme il le fait, c’est une leçon. J’ai hâte de reprendre le basket, pour lui et pour ma mère. »

Pour elle et avec elle. Dès le lendemain, Steve s’entraîne avec des chaussures sur lesquelles il a inscrit « Bell », le second prénom de sa maman. « Pour qu’elle soit toujours avec moi, sur le terrain. »

Elle était sur le bord des terrains de Detroit quand son petit Steve s’amouracha de la balle orange. C’est là aussi qu’il s’imprégna du mental régnant sur les playgrounds. « On respectait tout le monde mais on ne croyait jamais qu’il y en avait un meilleur que soi », lâche-t-il.

Ce qui donnait lieu à des affrontements épiques. A la fin, le réconfort maternel était le bienvenu. Ses partenaires de l’époque se nomment Derrick Coleman, Willie Burton et Glen Rice. Son futur coéquipier à Miami. A la sortie du lycée, Michigan State lui offre une bourse. Steve Smith n’hésite pas. Son idole, Magic, y est passée. Et surtout, ce n’est pas loin de la maison. Il entre dans la légende des Spartans en devenant le meilleur marqueur de l’histoire de l’université avec 2 263 points. Et cela contre nature !

« Mon plus grand plaisir est de voir un autre inscrire un panier en sachant que j’en suis en partie responsable », déclare-t-il.

Avec une mentalité pareille, son arrivée à Miami, repaire de shooteurs fous, ne peut qu’être appréciée. Rony Seikaly, le pivot du Heat, met en avant ses qualités : « Quand j’ai joué avec lui dans un match de summer league, j’ai tout de suite compris. Ce ne sont pas seulement ses passes qui font la différence, c’est aussi son attitude générale. Il connaît le jeu par cœur et il l’adore. Il n’en fait pas une question d’argent. Il aime le basket et c’est pour ça qu’il sera un très grand joueur. »

L’argent, parlons-en. Il a été le premier rookie à signer son contrat. Pendant que les autres faisaient de la surenchère pour grappiller un peu plus, lui accepta la première proposition : 700 000 dollars par an. Pas cher payé si on compare avec les 2 millions de dollars de Kenny Anderson, alors assis sur le banc des Nets.

« L’argent viendra tout seul quand j’aurai démontré ma valeur », résume-t-il simplement.

En fait, Steve est un ange. Son arrivée à Miami a permis à ses coéquipiers d’oublier leur vice : la gâchette facile. Kevin Loughery, le coach floridien, est le premier à s’en féliciter : « Dès le training camp, il a montré l’exemple. J’ai dû parfois le forcer à shooter. Sa volonté de passer a été contagieuse. Tout le monde a compris que c’était la clé du succès. »

Après avoir vécu la pire des tragédies, « Soda pop » (son surnom !) peut savourer. Le bonheur se prolonge jusqu’au printemps. Miami est la première des franchises nouvellement créées à se hisser en playoffs (Orlando devra patienter jusqu’en 1994). Pas de miracle face à Chicago (0-3). Deux ans plus tard, le Heat disparaît également au premier tour, battu par Atlanta en cinq matches. C’est précisément en Géorgie que Smith poursuivra sa carrière. Tout bascule dans les premiers jours de novembre 1994. Le 2, Rony Seikaly prend la direction de San Francisco, échangé contre Billy Owens. Pour blinder sa raquette, Miami s’enquiert de la situation de Kevin Willis. Le 7, Atlanta accepte de lâcher son deuxième meilleur scoreur (19 pts) contre Steve Smith, Grant Long et un deuxième tour de draft (Willis et Smith seront réunis sous le maillot des Spurs en 2002-03). L’air de Géorgie fait du bien à Steve.

Le natif d’Highland Park disputera cinq saisons chez les Hawks, ne passant jamais sous la barre des 16 points de moyenne. En 1998, son rayonnement est salué par une convocation au All-Star Game de New York (14 pts, 3 rbds en 16 mn). Malgré les renforts successifs de Smith, Christian Laettner et Dikembe Mutombo, l’équipe de Mookie Blaylock ne parviendra pas à franchir le cap qui sépare un playoffable certain d’un outsider sérieux. En cinq ans, Atlanta s’incline deux fois au premier tour des playoffs (contre Indiana et Charlotte) et trois fois en demi-finales de Conférence Est (contre Orlando, Chicago et New York), sans parvenir à prendre plus d’un match. En août 1999, les Hawks tentent un coup de poker en misant sur la sulfureuse paire Isaiah Rider-Jim Jackson. Smith devient un Trail Blazer.

Membre de la super équipe de Portland du début des années 2000

Grâce au portefeuille de Paul Allen, Portland réunit une constellation d’étoiles (Pippen, « Sheed », Sabonis, Stoudamire, Bonzi Wells, Schrempf, Brian Grant, Greg Anthony, Augmon…) qui loupent leur rendez-vous avec la Lune dans la nuit de Los Angeles, un soir du printemps 2000. Au lendemain du sweep infligé par le champion NBA au premier tour des playoffs 2001, Smith est expédié à San Antonio en échange de Derek Anderson, Steve Kerr et un deuxième tour de draft. Il sera de la campagne victorieuse en 2003 mais sa contribution est devenu modeste (6.8 pts en saison régulière). Champion du monde en 1994, All-Star en 1998, champion olympique en 2000, Steve transite par New Orleans, les Bobcats – franchise nouvellement créée, dont il marque le premier panier primé – et Miami, le club de ses débuts, avant de tirer sa révérence en 2005.

« Je savais que c’était le bon moment. Je suis parti sur une bonne note. Physiquement, j’étais toujours en bonne condition. Il valait mieux partir au top de ma forme. Je suis fier de tout ce que j’ai fait. J’ai gagné une bague, j’ai décroché l’or mondial avec la Dream Team II, j’ai été All-Star… Ma vie de basketteur pro a été bien remplie. Le livre s’est refermé là où il s’était ouvert. Lors du premier match joué à Miami après mon retour, j’ai eu droit à une standing ovation. C’était cool de voir tout le boulot accompli par la franchise depuis les arrivées de Pat Riley, Shaq et Wade », affirma Smith qui ignorait évidemment que l’écurie floridienne deviendrait championne NBA une saison plus tard.

Un consultant TV reconnu

Comme nombre de ses collègues retraités, l’ex-shooting guard (2,01 m, 91 kg), excellent tireur à 3 points mais piètre défenseur, donne dans le commentaire sportif pour les matches d’Atlanta. C’est la légende locale, Dominique Wilkins, qui s’assiéra ultérieurement dans son fauteuil, dans les bureaux de NBA TV. Smith ne se voyait pas spécialement en Jean-Michel Larqué du basket US mais cette opportunité rendit sa retraite sportive un peu plus douce, plus facile à vivre. Pas facile quand même de regarder les autres jouer quand le démon du jeu vous habite encore…

« Le basket a été dans mon sang pendant 30 ans. Des fois, c’est dur de rester assis à observer le jeu… Mais je me plais dans ce boulot. J’avais l’habitude de lire des biographies de joueurs. Maintenant, je fais en sorte d’en apprendre davantage sur leur famille, leur environnement, leur travail envers la communauté… Je dois les connaître en tant qu’hommes. »

Son agenda est bien rempli. Smith investit dans l’immobilier, joue au golf entre deux rendez-vous et passe davantage de temps auprès des siens, notamment ses fils Brayden et Davis.

« Après le titre de 2003, j’avais fait monter Brayden sur scène avec moi. Il avait participé à la parade sur le River Walk de San Antonio. Mes deux fistons étaient très jeunes quand je suis devenu champion NBA. Ils ont plein d’articles et de photos pour découvrir cette époque. Un jour, ma bague et mes trophées seront à eux. »

On se souviendra de Steve Smith comme d’un mec bien. Citoyen modèle (J. Walter Kennedy Citizenship Award en 1998), joueur fair-play (NBA Sportsmanship Award en 2002), homme généreux. En 1997, il fit cadeau de 2,5 millions de dollars aux Spartans, ce qui demeure l’une des plus grosses dotations jamais faites par un sportif pro à son alma mater. Cet argent aida à la construction du Clara Bell Smith Student-Athlete Academic Center, du nom de sa mère.

« J’avais une dette envers Michigan. Mes coéquipiers, mes coaches furent comme une deuxième famille. La fac a fait de moi un meilleur basketteur mais aussi un être humain meilleur. Ce don n’était pas seulement destiné à l’université, il allait à tout l’Etat du Michigan. »

Tout là-haut, maman Smith peut être fière.

Stats

14 ans

942 matches (717 fois starter)

14.3 pts, 3.2 rbds, 3.1 pds, 0.77 int, 0.2 ct

44% aux tirs, 35.8% à 3 points, 84.5% aux lancers francs

Palmarès

Champion NBA : 2003

All-Star : 1998

All-Rookie First Team : 1992

Champion du monde : 1994

Champion olympique : 2000

Un clip sur Steve Smith (et Derrick Coleman)

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