Rasheed Wallace, la dernière pièce du puzzle des Pistons

Le 19 février 2004, les Pistons récupèrent Rasheed Wallace (52 ans, ce 17 septembre) à la « trade deadline ». Quatre mois plus tard, Detroit décroche son premier titre depuis l’époque des « Bad Boys ».

Rasheed WallaceLorsque Rasheed Wallace débarque à Detroit en février 2004, les Pistons sont déjà une excellente équipe. Chauncey Billups et Richard Hamilton dirigent le jeu extérieur, Tayshaun Prince s’affirme sur l’aile et Ben Wallace est déjà l’un des meilleurs défenseurs de NBA.

Mais après une élimination sèche face aux Nets en finale de conférence la saison précédente, Joe Dumars estime qu’il manque encore quelque chose à son groupe pour viser plus haut. Le 19 février, quelques minutes avant la « trade deadline », le président des Pistons passe donc à l’action.

Dans un échange à trois équipes avec Atlanta et Boston, Detroit récupère Rasheed Wallace, ainsi que Mike James. Un pari d’autant plus spectaculaire (et surprenant) que l’intérieur vient tout juste d’être transféré de Portland aux Hawks, avec lesquels il n’aura finalement disputé… qu’un seul match.

« Cela nous donne une vraie chance de jouer au plus haut niveau dès maintenant », annonce alors Joe Dumars.

Une défense qui devient étouffante

Sur le papier, l’association avec Ben Wallace semble idéale. Elle l’est. Capable de défendre près du cercle mais aussi de s’éloigner de la raquette, Rasheed Wallace offre davantage d’options à Larry Brown.

« Depuis qu’il est là, c’est beaucoup mieux », constate rapidement le technicien. Ben Wallace confirme : « Rasheed nous a énormément aidés, des deux côtés du terrain. »

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Après son arrivée, Detroit boucle la saison régulière sur un bilan de 20 victoires pour seulement 6 défaites. En mars, les Pistons réussissent même l’impensable : maintenir cinq adversaires consécutifs sous les 70 points !

Rasheed Wallace n’a pourtant pas besoin de monopoliser le ballon. Sur ses 21 matchs de saison régulière avec Detroit, il tourne à 13.7 points et 7.0 rebonds de moyenne. Son influence dépasse largement les statistiques.

« Ils étaient déjà une bonne équipe avant mon arrivée », explique-t-il quelques semaines après son transfert. « J’ai simplement ajouté mon savoir-faire à un groupe qui était déjà bon. »

« Nous allons gagner le Game 2 »

L’apport du « Sheed » apparaît encore davantage en playoffs. Après Milwaukee puis une série en sept matchs face aux Nets, les Pistons retrouvent les Pacers en finale de conférence. Detroit perd le premier match à Indianapolis. Rasheed Wallace, limité à quatre points, ne cherche alors pas d’excuse. Et il promet la victoire suivante !

« Nous allons gagner le Game 2. » Le lendemain, devant les journalistes, il insiste : « Rien n’a changé. Nous allons gagner le Game 2. »

Detroit s’impose effectivement 72-67, dans un match resté célèbre pour le contre de Tayshaun Prince sur Reggie Miller. Les Pistons finiront par écarter Indiana en six manches pour retrouver les Finals.

Face à eux se dresse pourtant une armada : les Lakers de Shaquille O’Neal et Kobe Bryant, renforcés l’été précédent par Karl Malone et Gary Payton. Detroit n’a pas de MVP ni d’immense scoreur. Mais son cinq fonctionne comme une mécanique parfaitement huilée. Et Rasheed Wallace est devenu indispensable à son équilibre.

Après avoir récupéré l’avantage du terrain dès le Game 1, les Pistons prennent définitivement le contrôle de la série à Auburn Hills. Dans le Game 4, « Sheed » réalise son meilleur match des Finals avec 26 points, 13 rebonds, 2 interceptions et 2 contres pour donner à Detroit une avance de 3-1.

Deux jours plus tard, les Pistons terminent le travail (100-87) et deviennent champions NBA. Une série finalement remportée 4-1 face à une équipe de Los Angeles que beaucoup imaginaient trop talentueuse pour eux.

En quatre mois, Rasheed Wallace est ainsi passé de Portland, où son aventure arrivait à bout de souffle, à un passage éclair à Atlanta, puis au titre NBA. Des années plus tard, le commentateur historique des Pistons George Blaha résumera parfaitement son importance : « Rasheed était la pièce parfaite pour compléter le puzzle. »

Rasheed Wallace Pourcentage Rebonds
Saison Equipe MJ Min Tirs 3pts LF Off Def Tot Pd Fte Int Bp Ct Pts
1995-96 WAS 65 28 48.7 32.9 65.0 1.4 3.2 4.7 1.3 3.2 0.7 1.6 0.8 10.1
1996-97 POR 62 31 55.8 27.3 63.8 2.0 4.8 6.8 1.2 3.2 0.8 1.8 1.0 15.1
1997-98 POR 77 38 53.3 20.5 66.2 1.7 4.5 6.2 2.5 3.5 1.0 2.2 1.1 14.6
1998-99 POR 49 29 50.8 41.9 73.2 1.2 3.8 4.9 1.2 3.6 1.0 1.6 1.1 12.8
1999-00 POR 81 35 51.9 16.0 70.4 1.6 5.4 7.0 1.8 2.7 1.1 1.9 1.3 16.4
2000-01 POR 77 38 50.1 32.1 76.6 1.9 5.9 7.8 2.8 2.7 1.2 2.1 1.8 19.2
2001-02 POR 79 38 46.9 36.0 73.4 1.7 6.4 8.2 1.9 2.7 1.3 1.7 1.3 19.3
2002-03 POR 74 36 47.1 35.8 73.5 1.5 5.9 7.4 2.1 3.0 1.0 1.9 1.0 18.1
2003-04 * All Teams 68 35 43.6 33.1 73.6 1.5 5.3 6.8 2.3 2.8 0.9 1.8 1.8 16.0
2003-04 * POR 45 37 44.2 34.1 74.2 1.5 5.1 6.6 2.5 2.9 0.8 1.9 1.6 17.0
2003-04 * DET 22 31 43.1 31.9 70.4 1.5 5.6 7.1 1.8 2.7 1.1 1.3 2.1 13.7
2003-04 * ATL 1 42 33.3 16.7 100.0 1.0 5.0 6.0 2.0 0.0 1.0 3.0 5.0 20.0
2004-05 DET 79 34 44.0 31.8 69.7 2.2 6.0 8.2 1.8 3.0 0.8 1.6 1.5 14.5
2005-06 DET 80 35 43.0 35.7 74.3 1.1 5.7 6.8 2.3 2.9 1.0 1.1 1.6 15.1
2006-07 DET 75 32 42.3 35.1 78.8 1.2 6.0 7.2 1.7 3.0 1.0 1.3 1.6 12.4
2007-08 DET 77 31 43.2 35.6 76.7 1.1 5.6 6.6 1.8 2.8 1.2 1.1 1.7 12.7
2008-09 DET 66 32 41.9 35.4 77.2 0.9 6.6 7.4 1.4 3.0 0.9 0.9 1.3 12.1
2009-10 BOS 79 23 40.9 28.3 76.8 0.5 3.6 4.1 1.0 2.8 1.0 0.8 0.9 9.0
2012-13 NYK 21 14 38.7 31.9 70.0 0.5 3.4 4.0 0.3 1.9 0.6 0.5 0.7 7.0
Total   1109 33 46.7 33.6 72.1 1.4 5.3 6.7 1.8 2.9 1.0 1.5 1.3 14.4

Comment lire les stats ? MJ = matches joués ; Min = Minutes ; Tirs = Tirs réussis / Tirs tentés ; 3pts = 3-points / 3-points tentés ; LF = lancers-francs réussis / lancers-francs tentés ; Off = rebond offensif ; Def= rebond défensif ; Tot = Total des rebonds ; Pd = passes décisives ; Fte : Fautes personnelles ; Int = Interceptions ; Bp = Balles perdues ; Ct : Contres ; Pts = Points.

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Rédacteur de contenu Dimitri Kucharczyk

Tombé amoureux de la balle orange au son de la voix de George Eddy et des arabesques de Penny Hardaway et Hakeem Olajuwon, Dimitri a intégré BasketUSA en 2008, avant d'en devenir rédacteur en chef

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