Dominique Malonga : « Pas la médaille qu’on voulait »

Coupe du monde – Battues par Team USA en finale (97-79) après avoir mené à la pause, les Bleues quittent Berlin avec une immense déception, mais aussi une médaille d’argent historique, la première de la France en Coupe du monde depuis 1953.

Dominique MalongaSi proches pendant vingt minutes, puis si loin. En finale de la Coupe du monde, les Bleues ont longtemps pu croire que cette équipe des États-Unis était prenable. Devant à la pause (45-43), elles ont même fait vaciller les quadruples championnes du monde en titre avant de subir de plein fouet leur réaction.

Au retour des vestiaires, Team USA resserre brutalement l’étau. Plus agressives en défense et surtout au rebond offensif, les Américaines imposent leur puissance et infligent un 30-12 à la France dans le troisième quart-temps. Sous l’impulsion notamment d’une Breanna Stewart finalement élue MVP du tournoi, l’écart grimpe jusqu’à 27 points.

« Elles ont été plus fortes »

« Elles ont monté l’intensité là où nous, on ne l’a pas fait », constate Valériane Ayayi. « Elles ont été présentes sur les rebonds et pas nous, alors qu’on avait mis un focus dessus. Donc elles ont eu plus de tirs, elles ont mis des dedans, elles ont eu des and-ones… Elles ont été plus fortes ce soir. »

Les premiers signes du basculement étaient pourtant apparus avant même la pause. Alors que la France avait compté jusqu’à 14 longueurs d’avance (31-17), Team USA avait progressivement retrouvé son rythme pour revenir à seulement deux points au moment de rejoindre les vestiaires.

« En fin de deuxième, on les laisse faire ce qu’elles veulent : de la contre-attaque, des rebonds offensifs… On sait que c’est de ça qu’elles se nourrissent. Ça leur permet de revenir. On n’a pas suivi le plan du match », poursuit Valériane Ayayi.

De quoi nourrir forcément quelques regrets pour les Tricolores, une nouvelle fois battues par Team USA au moment de franchir la dernière marche vers un titre majeur. Deux ans plus tôt, lors de la finale des Jeux olympiques de Paris, les Bleues avaient échoué à un petit point des Américaines (67-66). Cette fois, l’écart est beaucoup plus net.

« C’est un match différent des JO 2024 », explique Ayayi. « À l’époque, on était dans l’intensité, on imposait notre jeu… Là, en deuxième mi-temps, il n’y a pas photo, on n’a pas su répondre. C’est de notre faute. »

« Pas celle qu’on voulait »

La déception reste immense, mais elle ne doit pas faire oublier la portée de ce parcours. Vice-championne du monde, la France retrouve le podium de la compétition 73 ans après sa médaille de bronze décrochée lors de la toute première édition, en 1953.

Un accomplissement exceptionnel, même s’il est encore difficile à savourer quelques minutes après une finale perdue.

« On s’est dit de garder la tête haute et d’être fières », raconte Dominique Malonga. « On est compétitrices donc c’est très dur de se réjouir dans une défaite. Ce qu’on a réalisé reste incroyable. La France n’avait pas eu de médaille depuis 73 ans. On en ramène une, pas celle qu’on voulait, mais ça reste une médaille. On ne peut s’en contenter mais on doit rester fières. »

Après l’argent olympique de Paris et désormais l’argent mondial à Berlin, cette génération confirme qu’elle s’est installée tout en haut de la hiérarchie internationale. Mais il faudra désormais patienter avant de disposer d’une nouvelle chance de décrocher un titre à l’échelle planétaire, avec les Jeux olympiques de Los Angeles en 2028.

Une échéance à laquelle les Bleues refusent toutefois de penser au moment de refermer ce Mondial.

« Il y a beaucoup de choses à faire d’ici-là », relativise Leïla Lacan. « Il faut se qualifier aux JO et gagner tous les matches qu’il y a avant ça. Là, pour l’instant, je n’y pense pas. »

À Berlin

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Rédacteur de contenu Nicolas Bulach
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