Il fallait presque en rire. Alors que l’Equipe de France venait de commencer la rencontre par un terrible 3/26 à 3-points, Victor Wembanyama pouvait au moins se féliciter d’avoir échappé au naufrage collectif.
« Maladroits, oui, mais moi je suis à 1/1 », a-t-il plaisanté après la victoire finalement décrochée en Suède (84-69).
Mais le nouveau capitaine des Bleus a surtout profité de la question pour faire son autocritique. Car à ses yeux, les difficultés françaises ne venaient pas uniquement d’une mauvaise soirée au tir.
« Je pense que cela montre juste notre jeunesse en tant que groupe. Le fait qu’on essaye de se chercher », explique-t-il dans des propos rapportés par L’Equipe. « Il y a eu pas mal, et c’est en partie par ma faute, de manque de clarté dans ce qu’on faisait. Parce que je faisais certaines choses sans forcément prévenir mes coéquipiers et sans forcément les mettre dans les meilleures conditions. »
Après un échange à la mi-temps, Victor Wembanyama estime que les Bleus ont réussi à mieux s’organiser. Ils ont surtout continué à tirer sans perdre confiance, pour finalement terminer à 10/37 derrière l’arc et inscrire 29 points dans le dernier quart-temps afin de faire la différence dans la dernière ligne droite.
Le tir extérieur, encore et toujours
Le problème, c’est que cette panne n’a toutefois plus rien d’un simple accident isolé. Depuis le début de l’été, l’adresse extérieure constitue l’un des principaux points noirs des Bleus. Dès le premier match de préparation à Belgrade, face à la Serbie, les Français avaient terminé à 9/32 à 3-points (28%). Après une embellie lors de la revanche à Orléans, le problème était revenu de façon spectaculaire face à la Slovénie : seulement 7/34 (21%), avec notamment douze échecs consécutifs derrière l’arc après la pause. Trois jours plus tard en Suède, même scénario, avec ce 3/26 initial avant de sauver quelque peu les apparences pour terminer à 10/37 (27%).
Le problème dépasse d’ailleurs cette seule fenêtre internationale. Le manque de régularité à 3-points accompagne les Bleus depuis plusieurs campagnes et avait notamment pesé sur leur attaque lors des Jeux olympiques de Paris, terminés à 32.7% derrière l’arc. Une faiblesse d’autant plus gênante que la France dispose désormais, avec Victor Wembanyama, Rudy Gobert ou encore Maxime Raynaud, d’une puissance considérable près du cercle.
Sauf que sans menace extérieure régulière, les défenses adverses peuvent logiquement resserrer la raquette.
Une nouvelle force à l’intérieur
« Ce sont des gars qui ont l’habitude de mettre dedans et qui n’ont pas été très adroits aujourd’hui. Ça arrive, et cela ne peut être que meilleur dans le futur », poursuit le pivot des Spurs (18 points, 8 rebonds et 3 contres).
Frédéric Fauthoux préfère d’ailleurs retenir cette autre tendance de la fenêtre internationale. Après la démonstration face à la Slovénie, les Bleus ont encore largement dominé près du cercle malgré l’absence de Rudy Gobert, préservé en raison d’une gêne musculaire. Maxime Raynaud a notamment ajouté 13 points à 6/7 au tir.
« Sur les deux matchs, on a été ultra-dominants à l’intérieur. C’est quelque chose à retenir », souligne le sélectionneur. « On a aussi cette force-là, un peu nouvelle en France. Il faut savoir s’habituer à jouer avec ces joueurs qui dominent les raquettes, notamment Victor. »
Un chantier déjà entamé avec l’association entre Victor Wembanyama et Rudy Gobert, et qui pourrait progressivement devenir l’une des principales signatures de cette équipe de France. À condition, aussi, de trouver suffisamment d’adresse autour d’eux pour pleinement exploiter cette domination intérieure…
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