Après leurs deux rencontres de préparation face à la Serbie, les Bleus de Freddy Fauthoux commençaient les choses sérieuses à l’Accor Arena de Paris-Bercy. Sous les yeux de Teddy Riner, mais aussi du pivot blessé Vincent Poirier, l’Equipe de France reprenait son parcours de qualification à la prochaine Coupe du Monde, bien entamé avec cinq victoires en six matchs lors du premier tour.
Face à une Slovénie privée de son prodige Luka Doncic, les Bleus ont fait cavalier seul de bout en bout pour s’imposer dans les grandes largeurs (92-67). Victor Wembanyama (22 points, 9 rebonds) et Matthew Strazel (13 points, 6 passes) ont été les principaux artificiers de ce succès probant, devant 15 831 spectateurs. Prochain rendez-vous à Stockholm, dimanche, face à la Suède.
Un premier quart de rêve
Sans préambule, les Français mettent le pied au plancher. Sylvain Francisco, sans son traditionnel bandeau, ouvre le bal et c’est déjà « showtime », avec un premier alley-oop pour Jaylen Hoard, puis un deuxième pour Victor Wembanyama. Les deux intérieurs titulaires perdent deux ballons dans le petit périmètre, mais les intentions sont bonnes.
Déjà à 10 points après cinq minutes de jeu, Wembanyama a droit à sa sérénade de « MVP, MVP » de la part d’un public français tout acquis à sa cause. Matthew Strazel boucle le premier quart avec un layup bonifié puis un 3-points qui font du bien, mine de rien, après un 6-0 slovène. Le meneur en est déjà à 9 unités dans un premier quart de rêve, terminé à 7/8 aux tirs et 3/5 à 3-points pour les Bleus (31-17).
Le 2e quart débute avec les deux tours jumelles, Wembanyama et Gobert. Et c’est Terry Tarpey, toujours aussi saignant à l’interception et au dunk, qui envoie le Spur dans les nuages. Les Bleus voient la vie en rose, doublant le total de leur adversaire et comptant même 20 points d’avance (37-17). Ce diable de Klemen Prepelic sonne alors la révolte slovène avec deux tirs à 3-points consécutifs.
En troisième lame intérieure, Maxime Raynaud signe une excellente entrée, avec un floater puis un tir derrière l’arc qui refroidit les velléités slovènes. Comme dans le premier quart-temps, Strazel frappe juste avant le buzzer et les Bleus rentrent aux vestiaires avec une confortable avance de 19 points (54-35).
Une adresse en berne après la pause
Le seul hic concerne l’adresse extérieure, qui commence sérieusement à chuter (2/8 à 3-points dans le 2e quart-temps). Et la tendance se confirme au retour des vestiaires, avec douze échecs consécutifs derrière l’arc. Heureusement, la maison tricolore est bien gardée. Amine Noua se mue en mur au contre, en complément de Rudy Gobert et Victor Wembanyama, qui en ont déjà fait leur fonds de commerce. Spécialiste du genre, Tarpey remet lui aussi le couvert avec une nouvelle interception conclue au dunk.
L’écart gonfle même jusqu’à 30 points avant que la Slovénie ne réduise un peu l’addition. La France conserve néanmoins 23 longueurs d’avance avant la dernière ligne droite (73-50).
Moins adroits et globalement moins dangereux offensivement, les Bleus encaissent alors un 13-0 slovène à cheval sur les 3e et 4e quart-temps. Les Français ne trouvent plus le chemin des filets, avec une gamelle pour Strazel, une autre pour Wembanyama et encore une pour Fournier, au terme d’actions collectives qui méritaient meilleur sort.
Qu’importe : l’écart avait été suffisamment creusé et les Bleus remettent rapidement la main sur la rencontre. Wembanyama va s’asseoir pour de bon sur le banc à quatre minutes de la fin, avec 22 points, 9 rebonds et 1 contre, et le sentiment du devoir accompli. Strazel retrouve même la cible de loin dans les dernières minutes pour permettre à la France de terminer sur une marge confortable malgré un très vilain 7/34 à 3-points (21%).
L’objectif immédiat, gagner et poursuivre la marche vers la Coupe du Monde 2027, est donc rempli en bonne et due forme. Dans une perspective plus large, Freddy Fauthoux aura également pu continuer ses expérimentations, notamment avec l’association Gobert – Wembanyama. Les deux géants ont encore partagé plusieurs minutes, sans toujours trouver beaucoup de fluidité offensive mais en donnant un aperçu du casse-tête défensif qu’ils peuvent imposer.
Il reste évidemment beaucoup de réglages, notamment cette adresse extérieure qui avait déjà fait défaut lors des matchs de préparation. Mais les Bleus avaient surtout besoin de reprendre leur campagne de qualification sans se faire peur. Mission accomplie, avec autorité, avant un déplacement en Suède dimanche.
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