Deux ans, seulement. C’est le temps qu’il aura fallu aux Hawks pour tourner la page Zaccharie Risacher. En envoyant le Français à Dallas dans le cadre d’un échange à trois équipes, Atlanta a surpris une partie de la NBA. Car, sauf circonstances particulières, les franchises accordent généralement plusieurs années à un premier choix de Draft avant de remettre leur projet en question.
Zaccharie Risacher n’est pourtant pas le premier numéro 1 à changer de maillot aussi rapidement. En écartant les joueurs transférés avant leurs débuts, comme Andrew Wiggins, quelques « top picks » ont quitté l’équipe avec laquelle ils avaient commencé leur carrière NBA après seulement une ou deux saisons.
Certains avaient déçu ou été freinés par les blessures. D’autres, comme Chris Webber ou Elton Brand, avaient au contraire vite confirmé leur potentiel avant d’être sacrifiés pour des raisons sportives ou relationnelles.
Pervis Ellison, le premier précédent
Le premier exemple remonte à 1989. Sélectionné par les Kings, Pervis Ellison arrive en NBA avec l’étiquette de meilleur joueur universitaire du pays. Mais entre les blessures et les difficultés d’adaptation, le pivot ne dispute que 34 rencontres lors de sa saison rookie.
Sacramento perd rapidement patience et l’échange dès l’été 1990 à Washington contre un autre intérieur, Olden Polynice.
Le destin donnera finalement partiellement raison à Ellison, qui remportera quelques années plus tard le trophée de Most Improved Player avec les Bullets, sans toutefois devenir la superstar annoncée.
Chris Webber, Rookie de l’année puis transféré
Le parcours de Chris Webber est encore plus spectaculaire. Choisi en première position par Orlando en 1993, l’intérieur est immédiatement transféré à Golden State contre Penny Hardaway et trois tours de Draft.
Avec les Warriors, l’ancien membre du « Fab Five » de Michigan confirme immédiatement les attentes placées en lui dans le monde professionnel. Auteur de 17.5 points, 9.1 rebonds et 3.6 passes de moyenne, il est ainsi élu Rookie de l’année et aide Golden State à passer de 34 à 50 victoires.
Mais sa relation avec Don Nelson se détériore rapidement, notamment en raison de désaccords sur son utilisation au poste de pivot. Grâce à une clause particulière dans son contrat, Chris Webber force son départ après une seule saison. En novembre 1994, il est envoyé à Washington contre Tom Gugliotta et trois premiers tours de Draft.
Les Warriors venaient ainsi de se séparer d’un numéro 1 de Draft déjà performant, qui deviendra ensuite cinq fois All-Star et l’un des meilleurs intérieurs de sa génération…
Elton Brand, performant mais sacrifié
Le cas d’Elton Brand est aussi spectaculaire. Premier choix de la Draft 1999, l’intérieur s’impose immédiatement comme la référence des Bulls. Co-Rookie de l’année avec Steve Francis, il boucle ses deux premières saisons à plus de 20 points et 10 rebonds de moyenne.
Malgré cette production, Chicago décide de repartir sur une reconstruction plus profonde. À l’été 2001, Elton Brand est envoyé aux Clippers contre Brian Skinner et les droits sur Tyson Chandler, deuxième choix de la Draft.
Un choix risqué puisque l’intérieur sera All-Star dès sa première saison à Los Angeles. Plus de vingt ans plus tard, ce transfert demeure l’un des plus surprenants de l’histoire récente des Bulls.
Anthony Bennett, le véritable fiasco
S’il est un premier choix de Draft dont le transfert rapide symbolise un échec, c’est bien Anthony Bennett. Premier choix surprise de la Draft 2013, l’ancien joueur d’UNLV ne répond jamais aux attentes. Sa première saison à Cleveland est catastrophique, avec seulement 4.2 points de moyenne et 35.6% de réussite.
Lorsque LeBron James décide de revenir dans l’Ohio un an plus tard, Bennett est inclus, avec Andrew Wiggins, dans le transfert permettant l’arrivée de Kevin Love en provenance de Minnesota.
Contrairement aux autres joueurs de cette liste, il ne parviendra jamais à relancer sa carrière NBA, jusqu’à se retrouver en G-League puis à l’étranger.
Markelle Fultz, victime du sort
L’histoire de Markelle Fultz est beaucoup plus cruelle. Considéré comme le meilleur prospect de la Draft 2017, le meneur voit sa carrière basculer à cause d’un mystérieux problème à l’épaule, diagnostiqué par la suite comme un syndrome du défilé thoraco-brachial.
Son tir disparaît quasiment du jour au lendemain, tandis que sa gestuelle lors des lancers francs et des échauffements devient un sujet de moquerie.
Après seulement 33 matchs disputés en deux saisons, Philadelphie décide de l’envoyer à Orlando en février 2019. Contrairement à Bennett, Fultz réussira à se reconstruire en Floride et à retrouver une place de titulaire, avant que les blessures ne viennent encore freiner son élan.
Zaccharie Risacher, ni fiasco ni franchise player
Zaccharie Risacher ne ressemble finalement à aucun de ces prédécesseurs. À Atlanta, le Français n’a jamais été considéré comme un fiasco. Deuxième de l’élection du Rookie de l’année en 2025, il a montré son potentiel des deux côtés du terrain, sans toutefois s’imposer comme l’option offensive de premier plan que son statut pouvait laisser imaginer. Il faut toutefois rappeler qu’il a été le premier choix d’une Draft 2024 jugée particulièrement faible, et qu’il n’était pas vu comme une superstar en puissance…
L’arrivée de Jonathan Kuminga en cours de saison a encore réduit sa place dans la rotation. Zaccharie Risacher a ainsi terminé la campagne avec des playoffs passés au bout du banc, signe que les priorités d’Atlanta avaient changé.
Son départ s’inscrit donc davantage dans la réorganisation d’un effectif ambitieux que dans un désaveu total. Les Hawks ont préféré miser sur des joueurs plus expérimentés et immédiatement opérationnels, comme Aaron Wiggins et Lu Dort, tous deux champions NBA avec le Thunder.
À Dallas, Zaccharie Risacher rejoint un environnement différent, avec sans doute moins de pression liée à son statut de numéro 1 de la Draft et un rôle d’ailier polyvalent qui pourrait mieux correspondre à ses qualités.
S’inspirer de Boris Diaw
Quitter rapidement sa franchise d’origine n’est d’ailleurs pas forcément une condamnation. Elton Brand a en effet été deux fois All-Star après son départ des Bulls, Pervis Ellison a connu ses meilleures saisons à Washington et Markelle Fultz est parvenu à reconstruire sa carrière, certes sur une courte période, à Orlando.
À seulement 21 ans, Zaccharie Risacher dispose encore de beaucoup de temps pour démontrer que ce transfert n’est pas le constat d’un échec, mais le début d’un nouveau chapitre.
Il pourra notamment s’inspirer de Boris Diaw, dont la carrière dans la grande Ligue avait véritablement décollé après son transfert d’Atlanta à Phoenix. C’était déjà après seulement deux saisons.
| Zaccharie Risacher | Pourcentage | Rebonds | |||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Saison | Equipe | MJ | Min | Tirs | 3pts | LF | Off | Def | Tot | Pd | Fte | Int | Bp | Ct | Pts |
| 2024-25 | ATL | 75 | 24:34 | 45.8 | 35.5 | 71.1 | 1.1 | 2.4 | 3.6 | 1.2 | 2.0 | 0.7 | 1.2 | 0.5 | 12.6 |
| 2025-26 | ATL | 67 | 22:26 | 45.5 | 36.8 | 64.4 | 1.1 | 2.8 | 3.8 | 1.1 | 2.2 | 0.9 | 0.9 | 0.5 | 9.6 |
Comment lire les stats ? MJ = matches joués ; Min = Minutes ; Tirs = Tirs réussis / Tirs tentés ; 3pts = 3-points / 3-points tentés ; LF = lancers-francs réussis / lancers-francs tentés ; Off = rebond offensif ; Def= rebond défensif ; Tot = Total des rebonds ; Pd = passes décisives ; Fte : Fautes personnelles ; Int = Interceptions ; Bp = Balles perdues ; Ct : Contres ; Pts = Points.
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