L’affaire Malik Beasley prend une nouvelle tournure. Présent mercredi devant un tribunal fédéral de Brooklyn, l’ancien arrière des Pistons a plaidé non coupable des accusations de manipulation de performances sportives dans le cadre du vaste dossier de paris sportifs qui secoue la NBA depuis l’automne dernier.
Soupçonné depuis des mois, il est poursuivi pour avoir volontairement modifié certaines de ses performances lors de plusieurs rencontres disputées avec les Bucks en 2024. Selon l’accusation, l’objectif était de permettre à des parieurs de remporter des gains sur des paris individuels, en échange d’un allègement de ses importantes dettes personnelles.
À sa sortie du tribunal, son avocat Jason Goldman a assuré que son client comptait se battre jusqu’au bout. « Il veut tourner la page et continuer sa vie. Il se bat tous les jours. Il est présumé innocent, et cela doit encore avoir un sens. »
Quatre matches dans le viseur
L’acte d’accusation affirme que Malik Beasley aurait tenté d’influencer son rendement lors d’au moins quatre rencontres. Les enquêteurs évoquent des performances volontairement supérieures ou inférieures aux lignes fixées par les bookmakers, notamment sur des statistiques individuelles comme les rebonds.
L’exemple le plus marquant remonte au 10 mars 2024, lors d’un Bucks-Clippers. Avant la rencontre, Malik Beasley aurait indiqué à un proche qu’il comptait dépasser la barre de 3,5 rebonds proposée par les opérateurs de paris.
Avec une seconde à jouer et Milwaukee déjà assuré de la victoire, l’arrière aurait contesté un dernier tir adverse avant de se jeter sur le ballon pour capter son quatrième rebond, validant ainsi le pari. Selon les procureurs, plusieurs parieurs ont alors remporté plusieurs milliers de dollars, même si certains ont perdu après avoir misé sur l’inverse à la suite d’un problème de communication.
Un message intercepté par les enquêteurs résume la scène : « Le plus drôle, c’est qu’après avoir pris le rebond, il a poussé un énorme soupir de soulagement. »
Des dettes au cœur du dossier
L’enquête révèle, ou plutôt confirme, également que Malik Beasley faisait face à d’importantes difficultés financières. Il aurait accumulé plusieurs millions de dollars de pertes liées aux jeux d’argent avant d’emprunter de l’argent à son ancien coéquipier Ed Davis.
Les procureurs estiment que ces dettes constituaient le moteur principal du système présumé. En contrepartie des performances arrangées, certains créanciers auraient accepté de réduire, voire d’effacer, une partie des sommes dues.
Les difficultés financières de Malik Beasley étaient déjà connues : litiges avec un propriétaire à Detroit, un barbier à Milwaukee, un dentiste dans le Minnesota, sans oublier une condamnation au civil d’un million de dollars à la suite d’un conflit avec une agence de marketing sportif.
Remis en liberté sous caution, il n’est pas le seul concerné. Son agent Paolo Zamorano, qui a lui aussi plaidé non coupable, fait partie des six personnes poursuivies dans cette affaire.
Suivez toute l'actualité NBA sur la
Suivez nous également sur