« C’est très simple. On a simplement besoin d’être prêts », disait Jalen Brunson à la veille du Game 4 concernant les problèmes des Knicks à entamer les matchs.
Lors des trois premiers matchs des Finals, New York avait été mené de 8, 9 et 11 points à la fin du premier quart-temps. Une tendance inquiétante que les Knicks avaient ciblée avant d’en découdre une quatrième fois avec les Spurs. Leur entame du Game 3 avait laissé un goût amer dans la bouche de l’entraîneur.
« Nous savions qu’à San Antonio, ils allaient commencer le match avec beaucoup d’énergie, qu’ils allaient être portés par leurs fans. Mais à domicile, c’était à nous de donner le ton et nous ne l’avons pas fait », pestait Mike Brown avant le Game 4. « Notre intensité et notre dureté n’étaient pas bonnes. C’est inacceptable. »
Une entame catastrophique
Après la déconvenue du Game 3, les Spurs s’attendaient à ce que les Knicks entament le Game 4 comme des boulets de canon. Le Madison Square Garden s’attendait à la même chose. Les vendeurs de hot-dogs dans les rues de Manhattan aussi. Et pourtant, en 65 secondes, le quatrième match a tourné au cauchemar.
Un challenge vidéo des Spurs a transformé une faute de Victor Wembanyama en faute offensive de Karl-Anthony Towns. Avec deux fautes et encore 23 minutes à jouer en première mi-temps, Mike Brown n’avait pas le choix : il a sorti son pivot, et les Knicks sont sortis du match.
Les Spurs ont survolé le premier quart-temps. L’écart est passé de 12-2 à 41-19 en dix minutes. Les promesses des Knicks sont non seulement passées à la trappe, mais les mouvements d’humeur de Mitchell Robinson et Jose Alvarado contre Victor Wembanyama démontraient que les Spurs avaient gangréné l’esprit de leurs adversaires.
-27 à la mi-temps !
Le deuxième quart-temps, que New York avait dominé lors des trois premiers matchs, n’était pas non plus au rendez-vous et l’écart a atteint les 29 unités. À -27 à la mi-temps, tout le Madison Square Garden était sous le choc. Le légendaire Wu-Tang Clan est alors apparu sur le terrain pour le spectacle de la mi-temps dans une salle complètement médusée. Method Man et consorts ont essayé de réveiller le public, mais rien ne pouvait atténuer la déception des fans new-yorkais.
Dans le vestiaire des Knicks, le sentiment était partagé. Malgré leurs déclarations de la veille, ils venaient de se faire humilier sur leur terrain par les Spurs. Après avoir gagné les deux matchs à San Antonio, ils étaient à deux doigts de rendre l’avantage du terrain et de retourner à San Antonio la tête sous l’eau.
À la mi-temps, Mike Brown et son staff n’ont pas fait de grand discours. Ils ont laissé les joueurs entre eux et c’est Jose Alvarado qui a pris la parole. Il n’était même pas question de gagner, il s’agissait avant tout de se racheter devant leur public et devant tous les fans des Knicks qui regardaient le match à la télévision.
« Je leur ai juste dit que, peu importe l’issue du match, on devait retourner sur le terrain et y laisser notre vie », expliquait le Portoricain. « On avait besoin de jouer avec intensité, avec colère après notre contre-performance de la première mi-temps. On ne pouvait pas lâcher ce match, retourner à San Antonio et espérer bien jouer. On devait leur montrer que ces 24 premières minutes étaient une anomalie. »
La ville qui ne baisse jamais les bras
C’est exactement ce qu’ils ont fait et tout le monde a pu contribuer, y compris Jeremy Sochan, entré en jeu pour faire souffler Mitchell Robinson. Les Knicks ont juste essayé de revenir petit à petit pour se donner une chance.
« Nous savons que c’est un match de série. Nous avons déjà été dans ce genre de situations et il fallait qu’on reste concentrés. On ne pouvait pas laisser la frustration ou la colère prendre le dessus sur nous », disait OG Anunoby, le héros de la soirée. « Il y a 48 minutes à jouer, on se doit de jouer jusqu’au buzzer final. Donc on a essayé d’effacer notre retard. Passer de -27 à -18, puis -12, puis -6, et après, tout peut arriver. »
Le scénario du match ne pouvait pas être plus extrême. Nous sommes passés d’un record de tirs à 3-points inscrits (14) en une mi-temps de NBA Finals au plus grand comeback de l’histoire des Finals. Ridicules pendant 24 minutes, les Knicks sont devenus les rois de New York au terme d’une deuxième mi-temps possédée. Décevant lors du Game 3, le Madison Square Garden a poussé comme le sixième homme dont l’équipe avait besoin ce soir-là.
Une fois l’impossible réalisé, tous les fans sont restés à leur siège pour célébrer ce miracle. C’était une victoire historique, profondément new-yorkaise dans l’âme.
« C’est un hommage à tous nos fans, mais aussi à la dureté et à la résilience de cette ville. C’est la façon dont on fait les choses ici », s’exclamait Karl-Anthony Towns. « Nous étions dans le caniveau en première mi-temps et tous les New-Yorkais savent que, si vous voulez réussir dans cette ville, vous n’avez pas le droit d’abandonner. C’est à vous de vous tirer du caniveau pour atteindre ce que vous voulez. Et c’est ce que nous avons fait ce soir. »
Propos recueillis à New York.
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