Dos au mur, les Spurs devaient absolument l’emporter à New York pour pouvoir encore espérer dans cette finale NBA. Menés 0-2 après leurs deux rencontres dans le Texas, les coéquipiers de Victor Wembanyama ont fait le boulot, et de belle manière, avec un succès 115-111 au Madison Square Garden.
Pour la troisième fois dans cette série, le prétendu « avantage à domicile » n’a pas fait effet. Et ce scénario ne s’est quasiment jamais produit dans de telles proportions par le passé lors des Finals !
Cette édition 2026 est seulement la deuxième dans les annales de la ligue avec trois victoires à l’extérieur pour débuter. En 1993, les Bulls de Michael Jordan avaient remporté les deux premiers matchs sur le parquet des Suns de Charles Barkley, avant que Phoenix ne se rebiffe chez l’équipe alors double championne en titre lors du Game 3. Le défi des Spurs n’était pas aussi extrême contre une équipe qui n’avait plus accueilli les Finals depuis 1999. Mais l’emporter au Madison Square Garden, la « Mecque du basket », n’en reste pas moins un petit exploit.
« »Ici on ressent qu’on est à cinq contre six »
« Nous sommes à New York, je crois que nous nous attendions à cela, si ce n’est pire », a réagi Dylan Harper au sujet de l’ambiance dans la salle, rendue d’autant plus pesante par la présence de Donald Trump en tribunes. « Nous en avions eu un avant-goût à San Antonio avec tous les gens qui avaient fait le déplacement. Et je crois que nous sommes venus ici avec l’état d’esprit que c’était nous contre le reste du monde. »
« À la maison, c’est comme si nous jouions à six contre cinq, ici on ressent qu’on est à cinq contre six », a préféré en sourire Victor Wembanyama, qui a eu le droit à quelques chants fleuris des supporters adverses.
Avec cette victoire au MSG, les Spurs se sont emparés – provisoirement – d’un record NBA : celui du meilleur pourcentage de victoires à l’extérieur en playoffs pour une franchise (43,4 %, contre 43,3 % pour les Celtics). Des chiffres boostés par une campagne 2026 étonnante, surtout pour une équipe aussi peu expérimentée : un bilan presque à l’équilibre à domicile (6 victoires – 5 défaites), mais bien meilleur (7-3) loin du Frost Bank Center.
Une tendance nouvelle à l’extérieur
Cette première partie des Finals est inattendue, voire difficilement lisible, avec ces trois victoires à l’extérieur. Elle suit pourtant une tendance qui s’installe au fil des saisons en NBA.
Si l’idée que jouer à la maison offre encore un avantage reste bien ancrée, les chiffres donnent de moins en moins raison à cette croyance tenace. Certaines saisons ont bien déjà vu les pronostics être chamboulés, avec même trois années où les équipes à l’extérieur ont dépassé les 50 % de victoires (1966, 1981, 2020). Mais elles faisaient office d’anomalies, 2020 en particulier, disputée dans la bulle sanitaire de Disney sur terrain neutre, alors que le pourcentage moyen de victoires à l’extérieur a longtemps oscillé autour des 34 %.
Les huit dernières saisons voient les équipes jouant devant le public adverse afficher un meilleur bilan que la moyenne historique à l’extérieur (35,72 %), soit la plus longue série de tous les temps. Plus de surprises donc, pour un champion différent chaque saison comme ce sera de nouveau le cas en 2026 avec les Spurs ou les Knicks. Si on remonte à 2014, l’équipe en déplacement remporte 41,40 % de ses matchs. Et avec ce basculement, c’est toute une « logique » longtemps construite autour de l’avantage du terrain qui s’en trouve chamboulée.
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La saison dernière, pour la première fois, les quatre demi-finales de conférence avaient toutes débuté par une victoire à l’extérieur. Et lors de ces playoffs, les Knicks restent sur huit succès à l’extérieur consécutifs, égalant un record signé par les Lakers en 2001. Un succès de plus à San Antonio dans cette finale et ils rejoindront les Rockets, seule équipe de l’histoire à avoir remporté neuf rencontres hors de ses bases sur une campagne de playoffs, en 1995.
Cette tendance doit-elle être vue comme un bon présage pour les Spurs en vue du Game 4 mercredi ? Lors du précédent de 1993, les Bulls avaient fini par briser la série pour mener 3-1 avant d’être sacrés en six matchs.
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