« Le Garden va vibrer », disait Josh Hart avec un sourire en coin à la veille du Game 3 des NBA Finals, le premier à New York. Les Knicks retrouvent leur parquet, mènent 2-0, avec Donald Trump qui sera présent, et des billets qui partent comme des petits pains à des dizaines de milliers de dollars.
Dans les rues, l’énergie est palpable. Tout, ou presque, est aux couleurs des Knicks. On entend plus de « Knicks en 4 » que de « bonjour » ou « merci ». Certains présentent déjà ce Game 3 comme le match le plus attendu de toute l’histoire. Les fans des Knicks ont attendu ce moment depuis des années.
« L’énergie sera électrique », lançait Hart. « C’est tout ce dont j’ai rêvé, mais multiplié par dix », nous disait Dylan Harper, originaire du New Jersey et qui aura l’occasion de jouer à 45 minutes de sa ville natale.
Le calme avant la tempête
Si toute la ville est déjà en ébullition, la salle des Knicks était d’un calme olympien dimanche. Le calme avant la tempête du Game 3, dans la nuit de lundi à mardi. Les joueurs des deux équipes restent pourtant dans leur bulle. Ils ne veulent aucune distraction avant de jouer l’un des matchs les plus importants de leur vie.
« On a besoin de rester centrés sur nous-mêmes et sur toutes les personnes qui sont dans notre vestiaire », expliquait Devin Vassell. « Nous ne pouvons pas laisser le bruit, que ce soit celui des fans ou des médias, se mettre en travers de notre objectif parce que nous avons une grande opportunité de revenir dans la série lors du Game 3. »
Malgré leur jeunesse, les Spurs étaient la deuxième meilleure équipe de la ligue à l’extérieur cette saison, avec un bilan de 29 victoires pour 12 défaites. Dans ces playoffs, ils ont gagné deux matchs à Portland, deux matchs à Minnesota, et deux matchs dans la fournaise d’Oklahoma City pour éliminer le tenant du titre.
Stephon Castle et ses coéquipiers reconnaissent que le prochain match sera particulier, mais ils s’efforcent de le traiter comme tous les autres matchs en déplacement qu’ils ont joués.
« Une fois que vous avez réussi à évacuer le fait que vous êtes en NBA Finals, sur cette grande scène dont vous avez rêvé depuis que vous êtes gamin, au final, c’est juste du basket », expliquait-il d’un ton monotone. « Comme lors de chaque match, on doit être concentrés, se focaliser sur les détails qui nous ont fait défaut jusqu’ici et gagner le match. »
« Évidemment, l’enjeu est ce qu’il est et ça comptera dans notre préparation. On sait toute l’excitation qu’il y a autour du match. Cette salle est unique, mais depuis l’arrivée de Victor, nous avons pris l’habitude d’être dans l’œil du cyclone », poursuivait Mitch Johnson.
Les Knicks aussi veulent rester dans leur bulle
Pour les Knicks, Josh Hart et O.G. Anunoby partageaient le même sentiment. Ils ont hâte de jouer devant leurs fans et de se nourrir de leur énergie, mais eux aussi doivent rester concentrés.
« Pendant mes quatre années à l’université, coach [Jay] Wright nous disait toujours qu’on joue l’un pour l’autre, on joue pour les gars qui sont dans notre vestiaire, et on ne joue surtout pas pour les fans », se rappelait l’ancien de Villanova.
À la fin de l’entraînement des Knicks, cette routine était flagrante. L’équipe était divisée en deux groupes, les chasubles bleues et les grises. À la conclusion du concours de tirs à 3-points entre les deux groupes, Mike Brown a réuni tout le monde au milieu du terrain pour délivrer un discours de trois minutes. La bonne humeur avait soudain laissé place à une solennité palpable.
« On peut le ressentir, tout le monde est sur la même longueur d’onde. Tout le monde garde l’objectif en tête », disait O.G. Anunoby. « Que ce soit pendant la séance vidéo, pendant l’entraînement, ou dans ce dont on parle avec les entraîneurs, tout le monde est concentré ! »
Il y a une certaine tension entre savoir profiter du moment présent et faire de son mieux pour l’éliminer de son esprit.
« On ne peut pas combattre la nature humaine. Forcément, on y pense, mais une fois que l’arbitre fait l’entre-deux, tout ça passe au second plan », nous partageait Devin Vassell.
« On doit utiliser cette excitation et cette reconnaissance comme motivation pour aller gagner un match comme ça au Garden », confirmait Dylan Harper. « On ne peut pas avoir peur du moment. Si on veut gagner, il faut qu’on soit gourmands. Il faut qu’on trouve ce feu sacré. »
Commencer fort pour faire taire le Garden
Les Spurs savent que leur marge de manœuvre est infime. Sûrement encore plus qu’au Texas. Pour se donner une chance de relancer les Finals, les Spurs devront frôler la perfection ou, du moins, prendre le contrôle du match, comme ils l’avaient fait lors du Game 7 à Oklahoma City.
« C’est New York, ça va être dingue et même si c’est plus facile à dire qu’à faire, il faut qu’on commence fort pour contenir la ferveur de leurs fans », nous lançait De’Aaron Fox. « Ça va être assourdissant, ça va sûrement être hostile, donc il faut qu’on limite les opportunités pour que la salle s’enflamme. Il faut entamer le match le pied au plancher. Il faut qu’on prenne tout de suite le rôle de l’agresseur. On ne peut pas leur laisser prendre le large et il faut qu’on puisse capitaliser sur les opportunités qu’on a. Lors des deux premiers matchs, on a mené de plus de dix points à chaque fois mais on n’a pas su enchaîner. Demain, il va falloir le faire. »
Agacé par les questions sur le Game 3 et sur l’ambiance, Mitch Johnson a résumé la situation des Spurs de façon très simple.
« Nous avons un match demain soir à 20h30 au Madison Square Garden », dit-il sérieusement. « C’est le seul match qui compte. On doit arriver au match prêts à l’emporter… »
Leur survie en dépend.
Propos recueillis à New York.
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