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Russell Westbrook possède bien le même ADN que Kobe Bryant

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La filiation entre Kobe Bryant et Russell Westbrook est réelle, et j’avais déjà fait le parallèle entre le Kobe de 2006 et le Westbrook de 2017. Mais ça va beaucoup plus loin, puisque le premier ne cesse de dire qu’il se reconnaît dans le meneur du Thunder. Le même esprit de compétition. La même hargne. Ce sentiment d’en vouloir à la terre entière et de toujours avoir des choses à prouver. Toute sa carrière, Kobe a eu des choses à prouver. Il voulait prouver qu’il n’était pas qu’un imitateur de Michael Jordan, puis qu’il pouvait gagner des titres sans le Shaq. En fin de carrière, il s’est battu contre le Temps et les graves blessures, et il aura attendu sa sortie de scène pour faire oublier des années de galère et de médiocrité.

Une carrière entière à vouloir prouver des choses

Westbrook est pareil. Au lycée, il est le vilain petit canard. Pas très grand et introverti, il ne tape pas dans l’œil des scouts. Ni à UCLA lors de son année de freshman. La trajectoire de Westbrook est l’antithèse de celle d’un LeBron James ou d’un Andrew Wiggins. Il n’a jamais été le meilleur chez les plus jeunes. En NBA, il a d’abord été le Lieutenant, et il a passé son temps à vouloir prouver des choses.
Et puis, cet été, Kevin Durant fait ses valises, et Westbrook se retrouve seul maître à bord. Comme Kobe Bryant après le transfert du Shaq. Au lieu de tester le marché dans quelques années, le meneur du Thunder envoie un message fort : il prolonge de trois ans. Contrairement à Durant, lui sera fidèle à OKC. Comme Kobe avec les Lakers.

Son défi : maintenir le Thunder parmi les meilleures équipes de l’Ouest. Pour cela, il faut tout faire : points, rebonds, passes… Déjà hyperactif, Westbrook en devient omnipotent. A l’excès. Tous les ballons passent par lui, et même ses coéquipiers le lui laissent volontairement. Comme Kobe après le départ du Shaq, c’est un one man show, et au fil des semaines, Westbrook se découvre un nouveau défi : rejoindre Oscar Robertson. C’est un pari complètement fou. Kobe voulait approcher Wilt Chamberlain et dépasser Michael Jordan, ce sera « Big O » pour Westbrook. Bien sûr, ça donne quelques séquences ridicules comme la recherche systématique de la passe décisive, ou des coéquipiers qui lui laissent volontairement des rebonds…

Au buzzer, Kobe ne cherchait pas à égaliser, il voulait gagner

Mais tourner à un triple double de moyenne n’est rien sans la victoire de son équipe. Robertson le sait très bien puisqu’il n’avait terminé que 3e des votes du MVP en 1962, l’année de son exploit. Alors Westbrook prend tous les risques, et pour moi, la victoire face à Denver est le plus « Kobe-esque » de ces exploits de l’année. Tout simplement parce que sur son dernier tir, il peut être un héros ou un zéro.
Kobe adorait se retrouver dans cette position. Lorsque son équipe était menée de deux points et qu’il avait le dernier tir, Kobe ne cherchait jamais à égaliser. Seule la victoire comptait et il prenait un 3-points. Il en a ratés, mais on les a oubliés. Il en a aussi mis, et ils sont entrés dans la légende.

C’est ce qu’a fait cette nuit Westbrook. A 10 mètres. A la dernière seconde. Il savait parfaitement qu’on lui tomberait dessus s’il avait balancé une brique au buzzer. Mais il a pris ce risque, et il a mis dedans. Une « Happy End » parfaite le soir où il dépasse Oscar Robertson avec un 42e triple double sur la saison. Chapeau bas.

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