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Tim Duncan, un héros très discret

Par  — 

Tim DuncanSur ces vingt dernières années, il n’a jamais été mon joueur préféré, et pourtant il est sans doute celui que j’ai le plus admiré. Cinq fois champion NBA, deux fois MVP et 15 fois All-Star, Tim Duncan s’en est allé, après 19 saisons, et la NBA ne sera plus jamais pareille.

L’anti-Kobe

Si j’admirais ce joueur, c’est parce qu’il a traversé les décennies, et même les siècles, sans jamais changer d’attitude mais en faisant toujours la nique à ses adversaires, jeunes et moins jeunes. « Monsieur Fondamentaux » était aussi Monsieur Intégrité, Monsieur Humilité et Monsieur Authenticité. A 40 ans tout rond, il quitte la scène sans tournée d’adieux, rappelant qu’il était la parfaite antithèse de Kobe Bryant.

Il prend sa retraite sans qu’on le pousse vers la sortie. Il prend sa retraite en plein été, loin des projecteurs dans une NBA qui fait relâche. Pas de lettre sur son site officiel. Pas de une d’un grand magazine. Il a laissé les Spurs l’annoncer pour lui, laissant ses confrères et anciens adversaires s’exprimer pour lui. Tous sont unanimes : il est le meilleur ailier-fort de l’histoire. Duncan, ce sont les autres qui en parlent le mieux, et c’est comme ça depuis près de 20 ans.

Je me souviens de son arrivée en NBA, aux côtés de David Robinson. J’imaginais que c’était le nouveau Olajuwon. Un intérieur tout en technique, chantre de l’efficacité. Les highlights, ce n’est pas son truc. Chez lui, « le plus important, c’est les deux points ». Si possible à 45 degrés avec la planche. Un ouvrier du parquet. Un employé modèle, d’une régularité incroyable. Je suis d’ailleurs bluffé par ses stats en carrière : 19 pts, 10.8 rbds, 3 pds et 2.2 cts de moyenne. N’importe quel ailier-fort rêverait de finir une saison avec de telles stats. Lui l’a fait sur près de vingt ans ! Autre stat incroyable : il n’a jamais raté les playoffs.

Le plus grand duo coach-joueur de l’histoire

Difficile d’évoquer Duncan sans parler de Gregg Popovich. Ils sont quasiment arrivés ensemble aux Spurs, et jamais on ne retrouvera un tel duo dans l’histoire. Même dans des sports individuels (tennis, golf, athlétisme…), il est rare de voir des tandems qui durent pendant près de 20 ans ! C’est pour cette raison que je suis si admiratif de leur relation, et de cette confiance commune. On ne peut pas évoquer Duncan sans associer Popovich. C’est la version moderne du « Parce que c’était lui, parce que c’était moi. » L’un a construit autour de son intérieur pendant 19 ans, trouvant toujours les bons éléments pour maintenir les Spurs au plus haut niveau.

Quant à Duncan, c’est l’expression même du « franchise player ». Même sur le déclin, il restait le patron, le patriarche, le pilier… A eux deux, Coach Pop’ et Dream Tim ont transformé une franchise de petit marché en une formidable machine à gagner, mais aussi une véritable institution. Dans leur sillage, les Spurs sont devenus des modèles de gestion, de recrutement et de jeu évidemment. Popovich et Duncan ont fait des petits un peu partout, et la NBA se porte mieux depuis leur arrivée.
Popovich fut l’un des premiers à s’ouvrir au basket international, responsabilisant Tony Parker, Manu Ginobili puis à un niveau moindre Boris Diaw et Patty Mills, tandis que Duncan transmettait son leadership aux jeunes générations.

Son héritage va perdurer

Tout en discrétion, et alors qu’il n’adressait pas la parole aux rookies, Duncan avait aussi préparé sa succession, et c’est la marque des plus grands. Adoubés par leur capitaine, Kawhi Leonard et LaMarcus Aldridge vont reprendre le flambeau. Le but n’est pas de remplacer Duncan, leader par l’exemple, mais simplement de rester fidèles à ses valeurs, puis un jour de les transmettre eux aussi. Il y a une sorte de filiation aux Spurs, et ça dure depuis 20 ans.
Ce 11 juillet, Duncan s’en est allé mais comme l’expliquait Steve Kerr, son héritage va perdurer. Les fondations sont solides, et son empreinte se fera ressentir pendant encore des années. Comme celle de David Robinson, son mentor, dont l’influence et l’aura planent sur la franchise 13 ans après sa retraite.

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