Comme souvent, Draymond Green a choisi de prendre le problème à contre-pied. Alors que la NBA vient de sanctionner très lourdement les Clippers pour avoir contourné le salary cap afin de rémunérer indirectement Kawhi Leonard, l’intérieur des Warriors ne s’est pas attardé sur la culpabilité de la franchise californienne.
Il préfère s’interroger sur le système lui-même. « Je pense que c’est ce qui ressort de tout ça : pourquoi y a-t-il un salary cap ? Pourquoi empêche-t-on les joueurs de gagner de l’argent auprès des sponsors des équipes, des sponsors de la ligue ou de qui que ce soit d’autre ? » s’interroge-t-il dans son podcast.
Mais le problème soulevé par l’affaire Kawhi Leonard n’est évidemment pas qu’un joueur NBA puisse gagner de l’argent auprès d’un sponsor. Les enquêteurs ont estimé que les Clippers avaient facilité plusieurs accords publicitaires entre leur star et des entreprises qui entretenaient elles-mêmes des relations commerciales avec la franchise. C’est cette intervention du club, permettant d’apporter des revenus supplémentaires au joueur en dehors de son contrat NBA, qui a été considérée comme un moyen de contourner les règles du « salary cap ».
Heureux que Kawhi Leonard soit relativement épargné
Draymond Green, lui, préfère se placer du côté du joueur. Kawhi Leonard a assuré ne pas avoir eu connaissance du montage mis en place autour de ses contrats publicitaires, une version que le quadruple champion NBA accepte.
« Kawhi a dit qu’il ne savait rien de tout ça et je le prends au mot », explique-t-il, avant de se réjouir que l’essentiel des sanctions soit tombé sur les Clippers plutôt que sur le joueur.
« On dit que nous sommes dans une ligue centrée sur les joueurs, pensée pour les joueurs, qui défend leurs intérêts. Et là, on a une situation dans laquelle un gars peut gagner 20 ou 30 millions de dollars supplémentaires et on lui dit : ‘Tu as un problème’. Je suis content que Kawhi n’ait pas reçu l’essentiel de la sanction. »
La position de Draymond Green n’est pas totalement surprenante. Golden State fait partie des franchises qui ont le plus souffert du durcissement des règles financières de la NBA ces dernières années.
Le « second apron » a rebattu les cartes
Pendant les grandes années de leur dynastie, les Warriors ont pu s’appuyer sur leurs moyens financiers pour conserver un effectif extrêmement coûteux, quitte à payer des sommes considérables en « luxury tax ». De 2020/21 à 2023/24, Golden State a ainsi affiché la plus grosse facture de « luxury tax » de NBA quatre saisons consécutives.
Mais la nouvelle convention collective et surtout l’apparition des premier et deuxième « apron » ont considérablement réduit la marge de manœuvre des franchises les plus dépensières. Il ne suffit désormais plus d’accepter une énorme facture fiscale : les équipes dépassant certains seuils perdent également des outils pour construire leur effectif et peuvent subir des restrictions sur leurs futurs choix de Draft.
Cet été encore, Golden State a dû jongler avec ces contraintes pour bâtir son effectif. L’un des objectifs du nouveau système est justement de limiter la capacité des franchises les plus riches à accumuler les talents simplement en acceptant de payer toujours davantage de « luxury tax ».
Le syndicat des joueurs s’est d’ailleurs déjà montré très réservé sur les conséquences du « second apron ». Draymond Green va encore plus loin en posant désormais la question de l’existence même du salary cap.
Une position évidemment très favorable aux joueurs, mais qui intervient au moment où Adam Silver vient justement d’envoyer le message inverse : quels que soient les montants en jeu, toute tentative de contourner les règles financières sera très lourdement sanctionnée.
Pour les Clippers, les conséquences sont terribles avec la perte de leurs premiers tours de Draft pendant plusieurs saisons. « Cela pourrait les envoyer au purgatoire pendant très longtemps », prévient Draymond Green.
Suivez toute l'actualité NBA sur la
Suivez nous également sur