« On m’a appelé de beaucoup de façons différentes cet été… » Brad Stevens préfère en sourire. Mais lorsqu’il est question du transfert de Jaylen Brown, le président des Celtics ne cache pas combien la décision a été difficile.
Invité au Cape Cod Community College pour évoquer le leadership et son parcours, l’ancien entraîneur de Boston savait que le sujet finirait forcément par arriver. Lorsqu’on lui a demandé comment un dirigeant pouvait se fier à son instinct au moment de prendre une décision impopulaire, il n’a pas cherché à éviter la question.
« Évidemment, je suis sûr que beaucoup de gens pensent immédiatement à Jaylen Brown, ou à Marcus [Smart] il y a quelques années », répond-il. « Et c’est une partie vraiment difficile de ce métier. »
Brad Stevens connaît particulièrement bien les deux hommes puisqu’il les avait entraînés avant de prendre les commandes du « front office » en 2021. « Encore une fois, vous essayez d’être le plus franc et le plus honnête possible », poursuit-il. « Mais il y a énormément de facteurs qui entrent en compte lorsque vous finissez par prendre une décision. Et vous vous appuyez sur beaucoup de personnes, ainsi que sur énormément d’informations. »
Le départ de Jrue Holiday était tout aussi douloureux
Marcus Smart n’est d’ailleurs pas le seul exemple cité par Brad Stevens. L’été dernier, Boston avait également dû se résoudre à se séparer de Jrue Holiday. Et lorsqu’il entend certaines personnes lui expliquer qu’elles rêvent de devenir GM, le dirigeant des Celtics aimerait parfois leur faire découvrir l’envers du décor.
« Je reçois beaucoup d’e-mails de gens qui me disent qu’ils aimeraient devenir GM », raconte-t-il. « Je leur réponds : ‘J’aurais aimé que vous soyez là l’été dernier lorsque nous avons dû transférer Jrue Holiday.’ C’était brutal. »
Et le transfert de Jaylen Brown a été encore plus délicat : « On vit ce processus long et éprouvant et, au bout du compte, on décide de transférer Jaylen, dont le numéro finira probablement au plafond de la salle à Boston. Ce n’est pas marrant. »
Le transfert a également alimenté les interrogations autour de la place des statistiques avancées dans les décisions de Brad Stevens. À l’image de Daryl Morey, le dirigeant est réputé pour être un « homme de chiffres », et certains ont estimé que les données avaient pesé dans sa décision de se séparer de Jaylen Brown. Stevens assure pourtant qu’elles ne représentent qu’un outil parmi d’autres.
« Les données représentent une partie importante de ce qui permet de comprendre ce dont vous êtes capable et d’apprendre à connaître votre équipe, mais ce n’est qu’une partie du processus. Pas sa totalité », insiste-t-il. « Je pense qu’il reste beaucoup de place pour ce que vous voyez, pour le ressenti et pour la préparation aux imprévus, afin d’être prêt à réagir quel que soit le scénario. »
Un antidépresseur pour les fans ?
Le transfert de Jaylen Brown ne peut donc pas être réduit à une conclusion tirée d’un tableau de statistiques avancées, mais à un ensemble de paramètres sportifs, humains et économiques que Brad Stevens et son équipe ont dû mettre en balance.
Un spectateur a finalement trouvé une manière originale de revenir une dernière fois sur le sujet. Avant de se lancer dans le coaching, Brad Stevens avait travaillé chez Eli Lilly, où il avait notamment appris à vendre du Prozac. Un fan lui a donc demandé d’utiliser cette ancienne expérience professionnelle pour… vendre cet antidépresseur aux supporters des Celtics après le départ de Jaylen Brown.
« C’est une bonne question », a souri Brad Stevens. « Je ne peux pas dire que j’ai bien dormi, ni même que je dors bien aujourd’hui. Mais ce sont parfois les décisions difficiles qui accompagnent ce métier. »
Suivez toute l'actualité NBA sur la
Suivez nous également sur