L’AS Monaco continue de jouer sa survie dans un drôle de feuilleton. Mardi, le champion de France en titre était entendu en visioconférence par le CNOSF, dernière étape avant un éventuel recours devant le tribunal administratif après son exclusion de Betclic Élite et d’Élite 2 par les instances du basket français.
Et l’audience n’a fait qu’épaissir le brouillard. Le projet de reprise porté par Romain Goiran et Benjamin Erisoglu, avec le fonds andorran Clayton Sport et l’implication de Ronaldinho, annoncé comme la principale piste de sauvetage, n’a finalement pas pu être présenté.
Les candidats à la reprise affirment ne jamais avoir reçu le lien permettant de participer à la visioconférence. Selon L’Équipe, il leur aurait été reproché d’avoir transmis une pièce après le début de l’audience. Une version vivement contestée par Benjamin Erisoglu, qui considère que son projet a été « boycotté » et assure qu’une lettre d’engagement avait été signée, avec une caution bancaire pouvant atteindre 10 millions d’euros.
Pendant ce temps, un autre plan a été présenté au CNOSF. Il serait porté par quatre investisseurs proches de l’actuel dirigeant Oleksiy Yefimov, prêts à apporter 5 millions d’euros sur les 10 millions de garantie bancaire initialement réclamés pour assurer la pérennité du club.
Un budget presque divisé par deux
Comme si la situation n’était pas suffisamment confuse, les chiffres ont eux aussi beaucoup bougé en quelques heures. Avant l’audience, Monaco travaillait encore sur un budget d’environ 12,5 millions d’euros. Après deux heures et demie de conciliation, Nice-Matin évoquait finalement un scénario compris entre 6 et 7 millions d’euros, avec environ 5 millions d’euros de ressources identifiées, dont 3,27 millions déjà encaissés ou documentés.
Des désaccords subsistent aussi autour de la répartition du capital. Le projet de Benjamin Erisoglu souhaitait récupérer 90% des parts de l’AS Monaco Basket, tandis qu’Oleksiy Yefimov n’aurait accepté d’en céder que 80%.
Au milieu de ces projets concurrents, de ces garanties financières et de ces montages qui évoluent presque quotidiennement, une réalité demeure : la Roca Team n’est actuellement admise ni en Betclic Élite ni en Élite 2. Et son effectif s’est largement dispersé au fil de l’été.
Après les multiples tentatives de reprise avortées, dont les deux faux bonds successifs de Jamal Mashburn, Monaco attend désormais l’avis du CNOSF, qui devrait tomber mercredi 26 ou jeudi 27 août.
En cas d’avis défavorable, le club disposerait encore d’une ultime possibilité en saisissant le tribunal administratif. Mais à quelques semaines de la reprise du championnat, chaque nouveau délai renforce le caractère (presque) impossible de la mission sauvetage lancée.
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