Le 29 juillet 1984, Michael Jordan jouait son premier match olympique

Jeux olympiques – Avant même ses débuts avec les Bulls, Michael Jordan lançait face à la Chine une campagne olympique qui allait révéler son talent au monde entier. À 21 ans, « His Airness » était déjà considéré par Bobby Knight comme le meilleur joueur qu’il avait vu.

Michael JordanLe mythique numéro 23 n’existe pas encore. En ce 29 juillet 1984, au Forum d’Inglewood, Michael Jordan porte le numéro 9 de Team USA lorsqu’il découvre les Jeux olympiques. Devant 13 248 spectateurs, les États-Unis ne font qu’une bouchée de la Chine (97-49), pour lancer le tournoi olympique de Los Angeles.

En seulement 16 minutes, l’arrière compile 14 points à 5/8 au tir et 4/5 aux lancers-francs, avec 2 rebonds, une passe décisive et un contre. Seul Alvin Robertson, auteur de 18 points, fait mieux côté américain. Team USA shoote à 60% et provoque 25 pertes de balle chinoises pour s’imposer de 48 unités.

Michael Jordan n’est pas encore une vedette de NBA. Champion NCAA avec North Carolina en 1982, il vient d’être choisi en troisième position de la Draft par Chicago, derrière Hakeem Olajuwon et Sam Bowie. Il n’a pas signé son premier contrat professionnel et n’a évidemment pas encore disputé le moindre match avec les Bulls.

« J’espère pouvoir apporter quelque chose à l’équipe et peut-être redresser la situation », avait modestement déclaré le jeune arrière le soir de sa Draft. Quelques mois plus tard, la NBA allait découvrir que Chicago avait récupéré bien davantage qu’un simple renfort…

La NBA avait pourtant été prévenue

Avant même le début des Jeux, Michael Jordan et ses coéquipiers avaient envoyé un avertissement. Pour préparer le tournoi, la sélection universitaire de Bobby Knight avait affronté à huit reprises des groupes composés de joueurs NBA. Parmi eux figuraient notamment Magic Johnson, Larry Bird, Isiah Thomas, Kevin McHale, Robert Parish ou encore Alex English. Résultat : huit victoires en huit rencontres pour les universitaires.

« Michael était notre leader. C’est lui qui dirigeait cette équipe », se souviendra Chris Mullin, pourtant entouré de Patrick Ewing, Sam Perkins, Wayman Tisdale ou Alvin Robertson.

Bobby Knight avait lui aussi rapidement compris qu’il dirigeait un joueur absolument hors norme. Le technicien d’Indiana ne se contentait pas de présenter Michael Jordan comme un immense espoir : « C’est le meilleur basketteur que j’aie jamais vu jouer », assurait-il avant même les premiers pas de son protégé en NBA.

Lorsque les qualités athlétiques, techniques et mentales du joueur lui étaient détaillées, Bobby Knight répondait simplement : « Pour moi, cela fait de lui le meilleur joueur que j’aie jamais vu. »

Michael Jordan poussé jusqu’aux larmes

L’expérience olympique n’a pourtant rien d’une promenade de santé pour Michael Jordan. Bobby Knight est aussi exigeant qu’explosif, et sa relation avec sa nouvelle vedette devient parfois orageuse.

En quart de finale contre l’Allemagne de l’Ouest, les États-Unis s’imposent difficilement (78-67). Michael Jordan inscrit 14 points, mais ne convertit que 4 de ses 14 tirs et perd six ballons. Sa prestation déclenche la colère de son entraîneur, qui lui demande de présenter ses excuses à ses coéquipiers.

« Il lui a dit que c’était le pire match qu’il avait jamais joué. Michael a pleuré », racontera Sam Perkins, son coéquipier à North Carolina puis avec Team USA..

Michael Jordan reconnaîtra : « Je ne sais pas si j’aurais participé si j’avais su comment Knight allait être. »

Cette méthode brutale n’empêche pas Bobby Knight de placer le jeune arrière au centre de son dispositif. Michael Jordan termine ainsi le tournoi avec 17,1 points de moyenne à 54,5% au tir en seulement 21,5 minutes par rencontre, devant Chris Mullin (11,6 points) et Patrick Ewing (11,0 points) parmi les marqueurs américains.

« On en a trop bavé pour perdre maintenant »

Après la Chine, Team USA domine successivement le Canada, l’Uruguay, la France et l’Espagne en phase de poules. Les Américains écartent ensuite l’Allemagne puis de nouveau le Canada pour retrouver l’Espagne en finale.

Avant cette dernière rencontre, Bobby Knight découvre un mot laissé sur le tableau du vestiaire : « Coach, ne vous inquiétez pas. On en a trop bavé pour perdre maintenant. » Le technicien reconnaît immédiatement l’écriture de Michael Jordan. Il se retourne vers son joueur, puis se contente de répondre : « D’accord, allons jouer. »

Michael Jordan tient sa promesse. Avec 20 points à 9/15 au tir, il guide les États-Unis vers une dernière victoire autoritaire face à l’Espagne (96-65). Team USA boucle la compétition avec huit succès en huit matchs, remportés avec un écart moyen supérieur à 32 points. Le futur joueur des Bulls termine meilleur marqueur de la sélection et décroche la première de ses deux médailles d’or olympiques, huit ans avant de retrouver Patrick Ewing et Chris Mullin au sein de la mythique « Dream Team » de Barcelone.

Quelques semaines plus tard, Michael Jordan signe son premier contrat avec Chicago, avant de faire ses débuts en NBA le 26 octobre 1984. Mais lorsqu’il repensera à cet été californien, ce ne sont ni la pression ni les colères de Bobby Knight qu’il retiendra. « C’était pur, si je peux le dire ainsi », expliquera-t-il. « En 1984, je rêvais encore. »

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Rédacteur de contenu Dimitri Kucharczyk

Tombé amoureux de la balle orange au son de la voix de George Eddy et des arabesques de Penny Hardaway et Hakeem Olajuwon, Dimitri a intégré BasketUSA en 2008, avant d'en devenir rédacteur en chef

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