Pour la première fois depuis son arrivée au Heat, Giannis Antetokounmpo s’est longuement confié à un média grec sur son départ de Milwaukee. Le double MVP assure qu’il n’a jamais recherché la facilité au cours de sa carrière et explique que son histoire familiale l’a préparé à relever ce nouveau défi.
S’il se dit heureux de rejoindre Miami, le « Greek Freak » n’oublie pas pour autant la ville qui l’a vu devenir une superstar. Après douze saisons chez les Bucks, Giannis découvre une nouvelle franchise, un nouveau vestiaire et un nouvel environnement. Une situation qui ne le met pas particulièrement à l’aise, mais qu’il recherchait justement.
« J’étais dans ma zone de confort. J’avais envie de quelque chose de différent. Je suis heureux d’être à Miami, mais je ne vais pas mentir : je ne m’y sens pas encore à l’aise. Je ne connais pas encore l’équipe. Je vais juste y aller et faire de mon mieux, comme je l’ai toujours fait durant toute ma carrière. J’espère que tout se passera bien. »
Revenir vivre à Milwaukee
Pour le Grec, bousculer ses habitudes est indispensable pour continuer à progresser, même s’il avait reconnu qu’il n’était pas certain que l’herbe soit plus verte ailleurs.
S’il ouvre un nouveau chapitre en Floride, Giannis Antetokounmpo refuse de tourner la page de son histoire avec les Bucks. L’émotion est intacte lorsqu’il évoque la ville où il a passé plus d’une décennie.
« J’aimerai Milwaukee jusqu’à ma mort. J’ai du sang violet et vert. Cette ville a fait de moi l’homme que je suis. Les gens ont toujours respecté ma famille. Je pouvais vivre normalement, aller faire mes courses sans être dérangé. Les gens me saluaient dans la rue sans me demander constamment des photos ou des autographes. »
Au point d’imaginer déjà un retour une fois sa carrière terminée.
« J’espère qu’une fois mon aventure à Miami terminée, quel que soit le moment où cela arrivera, je pourrai revenir vivre à Milwaukee… si la ville veut encore de moi. »
Interrogé sur la difficulté de quitter une équipe construite autour de lui pour rejoindre un effectif déjà en place, Giannis explique que ce défi fait partie de sa philosophie de vie.
« Tant que vous ne sortez pas de votre zone de confort, vous ne pouvez pas passer à l’étape suivante. C’est lorsque vous êtes dans l’inconfort et que vous faites face à l’adversité que vous progressez le plus. C’est là que vous découvrez vraiment qui vous êtes. »
Ne pas décevoir les siens
Pour lui, ce changement est majeur, mais il paraît relatif au regard des sacrifices consentis par ses parents. Le champion NBA 2021 est ainsi revenu avec émotion sur l’histoire de sa famille. Son père Charles et sa mère Veronica avaient quitté le Nigeria au début des années 1990 pour rejoindre la Grèce, laissant derrière eux leur fils aîné Francis ainsi que leurs familles respectives, dans l’espoir d’offrir un avenir meilleur à leurs enfants.
« Mon père a quitté ses dix frères et sœurs, ses parents, ses cousins. Ma mère a laissé sa famille derrière elle. Ils ont même dû laisser Francis au Nigeria en pensant revenir rapidement le chercher. Finalement, ils ont eu quatre enfants en Grèce et n’ont jamais pu rentrer. »
Aujourd’hui père de famille à son tour, Giannis dit mesurer encore davantage l’ampleur de leur sacrifice. Une histoire qui continue de guider chacune de ses décisions.
« Maintenant que j’ai 31 ans et que j’ai quitté Milwaukee pour Miami, je me rends compte que c’était finalement facile. Parce que j’ai vu ce que mes parents ont vécu. Depuis que je suis enfant, je garde en tête le sacrifice qu’ils ont fait pour moi. Je ne veux pas les décevoir. Mon père n’est plus là, mais je ne veux toujours pas le décevoir. »
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