Maxime Lefèvre explique pourquoi la NBA continue de puiser ses idées en Europe

Après sept saisons dans le staff des Wolves, Maxime Lefèvre estime que la variété des équipes, des moyens et des compétitions fait de l’Europe un formidable laboratoire tactique pour les clubs NBA.

Maxime LefèvreS’il a passé près de vingt ans aux États-Unis, Maxime Lefèvre n’a pourtant jamais cessé de regarder vers l’Europe. Même lorsqu’il travaillait au sein de l’imposant staff des Timberwolves, le nouvel entraîneur du Paris Basketball préférait profiter de son temps libre pour étudier l’Euroleague plutôt que les autres rencontres NBA.

« J’ai grandi dans ce basket. Même si je suis aux États-Unis depuis presque vingt ans, j’ai toujours regardé le basket européen. Pour moi, c’est le basket le plus pur du monde », assure-t-il ainsi sur RMC.

Un attachement qui ne relève pas uniquement de la nostalgie. Pour Maxime Lefèvre, l’Europe est pour les staffs américains un immense terrain d’observation. Avec seulement 30 franchises, soumises aux mêmes règles et à des contraintes similaires, la NBA possède logiquement moins de laboratoires tactiques que le Vieux Continent.

« En NBA, il y a 30 équipes. Je ne dirais pas que tout le monde joue pareil, car il existe différents styles. Mais en Europe, il y a des centaines d’équipes partout que tu peux regarder », rappelle-t-il.

Innover pour compenser le manque de moyens

Du championnat grec à la ligue allemande, en passant par l’Euroleague ou l’EuroCup, les entraîneurs européens doivent composer avec des effectifs et des budgets extrêmement différents. Une diversité qui les oblige parfois à s’éloigner des recettes traditionnelles pour rivaliser avec des adversaires plus riches ou plus talentueux.

« Il y a beaucoup plus de chances d’innover. Certains clubs ont des petits moyens et doivent jouer différemment, faire autre chose pour être compétitifs. Il y a donc un peu plus d’innovation en Europe », analyse Maxime Lefèvre.

La NBA ne se contente d’ailleurs plus simplement d’importer des joueurs du Vieux Continent. Elle observe également les défenses sur le « pick-and-roll », les principes en transition, les systèmes sans ballon ou encore la manière dont les entraîneurs européens utilisent leurs rotations.

La Summer League est un point de rencontre privilégié. Cet été, Fabrice Lefrançois, entraîneur de Cholet, a ainsi rejoint le staff des Knicks, tandis que Guillaume Vizade a de nouveau travaillé avec les Clippers.

« Tous les coachs NBA veulent récupérer des idées. C’est aussi pour cela que l’on voit des entraîneurs européens en Summer League. Cela permet de passer du temps avec eux, d’échanger et de trouver des choses nouvelles. Ils sont toujours à la recherche du petit truc qui peut les faire progresser », poursuit l’ancien assistant de Chris Finch.

Des échanges dans les deux sens

Les passerelles se multiplient aussi pendant la saison. Vincent Collet a notamment travaillé comme consultant auprès de Kenny Atkinson aux Cavaliers, avec pour mission d’apporter un regard différent sur le jeu de Cleveland.

Avant lui, Igor Kokoskov était devenu le premier entraîneur né en Europe à diriger une franchise NBA, tandis que Darko Rajakovic a gravi tous les échelons jusqu’au poste de « head coach » des Raptors.

La curiosité fonctionne aussi dans l’autre sens. L’été dernier, Joe Mazzulla avait par exemple profité d’un déplacement en France pour échanger longuement avec Guillaume Vizade au Mans, autour du jeu de transition, des déplacements sans ballon et des différentes manières de créer rapidement un avantage.

« Il y a des choses qui commencent en NBA et qui arrivent en Europe, mais il y a aussi beaucoup de choses qui commencent en Europe et que l’on retrouve ensuite en NBA », résume d’ailleurs Maxime Lefèvre.

En quittant le banc des Timberwolves pour celui du Paris Basketball, le Français va désormais effectuer le trajet inverse. Avec une ambition : appliquer ce qu’il a appris dans l’organisation méticuleuse d’un staff NBA, sans effacer l’identité offensive et les idées qui ont permis au club parisien de se distinguer en Europe.

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Rédacteur de contenu Dimitri Kucharczyk

Tombé amoureux de la balle orange au son de la voix de George Eddy et des arabesques de Penny Hardaway et Hakeem Olajuwon, Dimitri a intégré BasketUSA en 2008, avant d'en devenir rédacteur en chef

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