Cette année, le Heat a fêté le vingtième anniversaire de sa première bannière, remportée contre Dallas en 2006. Une série restée dans les mémoires pour son scénario, puisque les Mavericks menaient 2-0, mais surtout pour l’immense performance de Dwyane Wade, élu MVP des Finals.
« C’était jordanesque. Il était à quasiment 40 points de moyenne. Shaquille O’Neal, James Posey, Jason Williams, Udonis Haslem, Antoine Walker, moi, tous, on a apporté notre pierre mais D-Wade a été phénoménal. Il nous a porté sur ses épaules », résumait Alonzo Mourning pour The Athletic.
Pour l’ancien pivot, ce titre avait aussi une dimension intime. Touché par un grave problème rénal, il avait dû subir une transplantation en 2003, avant de revenir à Miami en 2005 après des passages par New Jersey puis Toronto, où il ne jouera jamais. En 2006, à 35 ans, dans un rôle de remplaçant de Shaquille O’Neal, il décroche enfin la bague qu’il attendait depuis des années, après avoir longtemps buté sur les Bulls puis les Knicks en playoffs.
« Ce fut un énorme soulagement, car on se souvient des années où, sur le papier, on avait l’impression que c’était notre tour de gagner. On n’était pas loin mais Pat Riley disait toujours qu’on ne sait jamais quand on va gagner le titre tant qu’on ne l’a pas remporté », assure le double défenseur de l’année, auteur de 4.3 points, 3.2 rebonds et 1.5 contre en 11 minutes de moyenne durant ces Finals face aux Mavericks.
Le modèle de la superstar du Heat
Ce soulagement dépassait aussi son cas personnel. Miami remportait alors le premier titre de son histoire, après 17 saisons d’existence. Et avant Dwyane Wade ou LeBron James, la première grande star du Heat, le visage de la franchise, c’était bien Alonzo Mourning.
L’ancien intérieur y voit donc une forme de dette envers la ville. « J’ai une sorte d’obligation envers cette communauté, qui m’a porté et soutenu au fil des années, et qui m’a transmis tant de force et d’énergie tout au long de ma vie », poursuit-il. « C’est grâce à cela que j’ai pu mener cette carrière couronnée de succès. Cela tient en grande partie au fait que la Heat Nation m’a soutenu dans les moments difficiles. Cette communauté, le sud de la Floride, occupera toujours une place particulière dans mon cœur. »
Cette bague restera la seule de sa carrière. Mais elle a aussi contribué à ancrer Alonzo Mourning dans l’histoire de Miami, comme l’un des premiers modèles de cette fameuse « Heat Culture ».
« Quand on est arrivé, Zo était le standard du joueur type de Miami, de son exigence physique à sa manière de jouer, de parler et d’incarner cette culture. On voulait être à la hauteur de cette norme », expliquait Dwyane Wade.
Pat Riley, lui, résumait encore plus directement la place d’Alonzo Mourning dans l’histoire du club. « Quand Zo est arrivé ici, en 1995, il est devenu notre pilier », rappelait-il. « Udonis Haslem sera l’autre pilier. On en a deux qui sont fidèles à la franchise depuis toujours. Non seulement ils sont impliqués dans la communauté, mais sont aussi des mentors pour nos joueurs et les gens de Miami les aiment. Ce sont les enfants chéris de Miami. »
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