Dans la lumière de 2002 à 2015, successivement à Cleveland, Utah, Chicago puis aux Lakers, Carlos Boozer a progressivement appris à trouver sa place dans l’ombre. Celle de ses enfants, Cayden et Cameron Boozer, jumeaux nés en juillet 2007 à Salt Lake City.
Depuis près de 20 ans, l’ancien intérieur All-Star vit au rythme des exploits de ses fils. L’aîné de la fratrie, Carmani, a choisi de tracer sa route dans le baseball. Cayden et Cameron, eux, ont choisi le basket.
« J’avais sûrement mis un ballon de basket dans le berceau de mes trois fils », a souri Carlos Boozer auprès de NBA.com. « Ils ont commencé à prendre le basket au sérieux vers quatre ou cinq ans. Puis ils sont devenus bons, vraiment bons, au point que j’ai compris qu’ils avaient un vrai talent. Je crois que Cam était n°1 du pays en cinquième. Ils ont commencé à prendre la mesure des choses au collège puis, bien sûr, une fois au lycée, ils battaient tout le monde et gagnaient au plus haut niveau. »
Avec le nom Boozer sur le dos, Cameron et Cayden ont forcément dû apprendre à composer avec les attentes.
« Ils portent le nom de Boozer avec tant de fierté, sans craindre toute la pression qui peut aller avec », poursuit leur père. « Il y avait des jeunes qui avaient hâte de les affronter parce qu’ils étaient très bien classés et qu’ils avaient connu un immense succès au lycée. Ils ont relevé tous les défis sans jamais reculer devant quoi que ce soit, et je suis extrêmement fier de ce qu’ils sont devenus. »
Chacun sa route
Carlos Boozer espérait évidemment que ses enfants suivent la même route que lui, mais il assure ne jamais avoir forcé leur destin. Avant de choisir le basket, et le baseball pour Carmani, ses trois fils ont multiplié les expériences. À chaque fois que l’un d’eux voulait essayer un nouveau sport, tout le monde s’y mettait. Les petits Boozer sont ainsi passés par le football américain, le hockey ou encore le football.
Cameron et Cayden ont finalement choisi le basket, avant de suivre une autre trace de leur père : celle qui mène à Duke. Une référence du basket universitaire, où Carlos Boozer avait brillé avant son arrivée en NBA, avec un titre national en 2001 puis un sacre dans le tournoi ACC l’année suivante.
Là encore, l’ancien intérieur assure avoir laissé ses enfants décider.
« Je voulais qu’ils choisissent leur propre voie et tracent leur propre chemin. Quand ils ont choisi Duke, j’étais bien sûr heureux, mais j’étais surtout heureux que ce soit leur décision », explique-t-il. « Je savais qu’ils étaient investis à 100 % pour jouer là-bas, grâce aux relations qu’ils avaient nouées avec le staff technique et à la façon dont ils s’intégreraient dans le système. »
Forcément, l’émotion a été particulière au moment de voir Cameron et Cayden porter le même maillot que lui.
« J’ai eu la chair de poule à maintes reprises en voyant mes enfants porter le même maillot que moi il y a 25 ans, à les voir exceller, jouer de manière exceptionnelle. Cameron a été le meilleur joueur du pays tout au long de l’année et s’est montré à la hauteur chaque soir, tandis que Cayden a livré de très bonnes performances lorsque l’équipe a eu le plus besoin de lui. Lorsque Caleb Foster s’est blessé, Cayden a immédiatement pris le relais, a très bien joué et a prouvé qu’il était un meneur de jeu titulaire de référence au niveau universitaire, prêt à connaître une super saison sophomore. »
Toute la famille est prête pour le grand soir
Cayden a déjà prévu de revenir à Duke la saison prochaine. Cameron, lui, s’est engagé à fond dans le processus de la Draft, avec un passage par le Draft Combine puis des rencontres avec les franchises disposant des quatre premiers choix : les Wizards, le Jazz, les Grizzlies et les Bulls.
Un processus qu’il a pu traverser avec confiance, fort de ce qu’il a accompli à Duke, mais aussi grâce au soutien de son père.
« Je crois que le plus important, c’est de l’avoir à mes côtés », confie Cameron Boozer. « C’est agréable quand on a quelqu’un comme mon père, qui a traversé tout ça, a connu les hauts et les bas et a réussi au plus haut niveau. Et avec Cayden, c’est génial de partager le terrain avec quelqu’un qui aime ce sport autant que moi. Quelqu’un qui me pousse chaque jour à m’améliorer et qui connaît ma façon de jouer. Il y a toujours quelqu’un avec qui rivaliser et, surtout parce que nous sommes de la même famille, il y a cette exigence bienveillante qui me pousse à progresser. »
Le plus excitant reste désormais à venir, avec le premier tour de la Draft, demain, et la suite d’une trajectoire qui va faire basculer Cameron Boozer dans une autre dimension.
Pour ce grand soir, il sera accompagné de son père Carlos, de sa mère CeeCee et de ses deux frères, Carmani et Cayden, au moment d’entrer dans la « Green Room », où sont réunis chaque année les meilleurs prospects.
« Franchement, je vais être submergé par toutes sortes d’émotions », annonce Carlos Boozer. « Ce sera surtout de la joie et de l’excitation à l’état pur. C’est un moment spécial quand on voit son enfant réaliser le rêve qu’il caressait et atteindre les objectifs qu’il s’était fixés. Je suis vraiment très heureux pour Cam et, quoi qu’il arrive mardi soir, on sautera de joie. Ça ne fait aucun doute. »
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