OG Anunoby fête ses 29 ans ce 17 juillet avec un nouveau trophée à ajouter à sa collection. Deux jours plus tôt, l’ailier des Knicks a reçu l’ESPY de la meilleure action de l’année pour sa claquette décisive lors du Game 4 des Finals face aux Spurs.
Fidèle à son flegme, OG Anunoby a une nouvelle fois amusé ses coéquipiers au moment de récupérer sa récompense, notamment lorsqu’il a dû largement écarter les jambes pour se mettre à la hauteur du micro. Mais derrière cette séquence assez comique se cachait l’action la plus importante du titre des Knicks, et peut-être même la plus importante de l’histoire de la franchise…
L’intéressé n’avait pourtant pas grand-chose à en dire lorsqu’il avait été interrogé sur le plateau de Good Morning America, si ce n’est qu’il avait d’abord envisagé de dunker.
« Je ne sais pas s’il y a déjà eu une action plus importante dans l’histoire des Knicks. » À chaud, Mike Brown avait en revanche immédiatement compris que la claquette de son ailier ne serait pas un panier comme les autres.
Il y avait bien sûr le contexte : un Game 4 des Finals, un Madison Square Garden en fusion, un retard de 29 points effacé et cette claquette à 1.2 seconde de la fin pour offrir aux Knicks une victoire 107-106 face aux Spurs.
New York passait alors de la perspective d’une série à 2-2, avec l’avantage du terrain récupéré par San Antonio, à une avance de 3-1. Les Knicks allaient ensuite décrocher le titre dès le Game 5, au Texas.
Et les chiffres confirment l’ampleur du moment. D’après une modélisation publiée par Mike Beuoy, créateur d’Inpredictable, la claquette d’OG Anunoby aurait fait passer les chances de titre des Knicks de 56.4% à 81.1%. Soit un bond de 24.6 points, selon les valeurs non arrondies utilisées dans le calcul.
Dans ce classement des plus grands tirs de l’histoire moderne en matière d’impact sur les probabilités de titre, l’ailier new-yorkais occupe ainsi la troisième place.
Seuls Robert Horry, avec son 3-points du Game 5 des Finals 2005 contre Detroit (+27.9 points), et Kyrie Irving, avec son tir primé du Game 7 des Finals 2016 face aux Warriors (+27.8), font mieux.
Devant Ray Allen et Michael Jordan
Ce n’est pas rien puisque la claquette d’OG Anunoby devance des tirs entrés dans la mythologie NBA, comme le 3-points de Ray Allen face aux Spurs en 2013 (+17.6) ou celui de Michael Jordan contre Utah en 1998.
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Ce classement purement mathématique ne mesure ni la beauté du geste, ni son importance émotionnelle, ni même son influence réelle a posteriori. Il mesure uniquement le changement de probabilité de titre avant et après le panier, en considérant notamment que chaque équipe possède 50% de chances de gagner le match suivant. D’où certaines limites.
C’est ce qui explique que Derrick White, avec sa claquette au buzzer contre Miami en finale de conférence 2023, apparaisse en quatrième position (+22.5), alors que Boston avait finalement perdu le Game 7.
Pour OG Anunoby, le panier avait changé toute la géométrie des Finals. En cas d’échec, les Knicks perdaient vraisemblablement le match et les Spurs égalisaient à 2-2 avant de rentrer à San Antonio avec l’avantage du terrain. La finale devenait alors une nouvelle série en trois rencontres, dont deux au Texas.
Grâce à cette claquette, New York prenait au contraire une avance de 3-1 avec trois occasions de décrocher le titre.
« C’était cool », avait simplement soufflé OG Anunoby après la rencontre, fidèle à son flegme habituel. « Tout le monde était excité, je l’étais aussi. On profite du moment, mais on est déjà concentrés sur le prochain match. »
Un peu plus d’un mois plus tard, le champion NBA peut désormais profiter pleinement de ce panier, officiellement désigné comme la meilleure action de l’année.
Robert Horry, le tir qui change une série entière
Si la claquette d’OG Anunoby reste derrière le tir de Robert Horry en 2005, c’est parce que l’action de « Big Shot Rob » avait fait basculer une finale encore totalement indécise.
Le 19 juin 2005, les Spurs et les Pistons sont à 2-2 dans la série. Le Game 5 se joue à Detroit, en prolongation, et San Antonio est mené 95-93. Il reste 5.8 secondes lorsque Manu Ginobili attire l’aide de Rasheed Wallace. L’Argentin ressort alors le ballon vers Robert Horry, laissé libre derrière la ligne à 3-points.
La suite est connue : tir primé, ficelle, et les Spurs passent devant 96-95. Detroit n’a plus le temps de répondre. San Antonio repart du Michigan avec une avance de 3-2, avant de terminer le travail lors du Game 7.
Dans le modèle, l’impact est immense : les chances de titre des Spurs passent de 33.3% à 61.2%. Si Robert Horry manque ce tir, Detroit prend probablement les commandes de la série, 3-2, avec deux balles de match. S’il marque, San Antonio n’a plus qu’une rencontre à gagner sur deux, à domicile, pour être sacré.
C’est ce qui place ce panier au sommet. Il ne s’agit pas seulement d’un « game winner » en Finals, mais d’un tir qui transforme une équipe virtuellement dos au mur en favorite pour le titre.
Kyrie Irving, le tir d’un Game 7
Le tir de Kyrie Irving en 2016 obéit à une autre logique. Il ne s’agit plus de faire basculer une série à 2-2 ou à 3-2, mais d’un Game 7 où la probabilité de titre se confond directement avec celle de gagner la rencontre.
À 53 secondes de la fin, Cleveland et Golden State sont à égalité, 89-89. Les Warriors n’ont plus marqué depuis plusieurs minutes, les Cavaliers cherchent une ouverture et Kyrie Irving se retrouve face à Stephen Curry sur le côté droit. Un dribble de recul, un 3-points par-dessus le MVP, et Cleveland prend trois longueurs d’avance.
Le tir ne donne pas encore officiellement le titre aux Cavaliers, mais il les place en position de force dans l’une des fins de match les plus tendues de l’histoire. Dans la modélisation, leurs chances de titre bondissent de 58.1% à 85.9%, soit une progression de 27.8 points.
L’écart avec Robert Horry est infime, mais le point de départ est différent : Cleveland avait déjà le ballon dans un match à égalité et possédait donc une probabilité légèrement supérieure à 50% avant le tir.
Le panier de Kyrie Irving est immense parce qu’il intervient dans un Game 7, contre une équipe à 73 victoires, pour conclure une remontée après avoir été mené 3-1. Le modèle, lui, ne retient que la situation : égalité, possession de Cleveland et moins d’une minute à jouer.
C’est aussi ce qui permet de mieux mesurer la place d’OG Anunoby. Sa claquette n’a pas été inscrite dans un Game 7 et elle n’a pas immédiatement offert le trophée. Mais en faisant passer New York d’un retour à 2-2 à une avance de 3-1, elle a provoqué un basculement comparable à celui des tirs les plus célèbres de l’histoire moderne.
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