La claquette d’OG Anunoby dans l’histoire des plus grands tirs NBA

NBA – D’après une modélisation des tirs ayant le plus changé les probabilités de titre, la claquette de l’ailier des Knicks lors du Game 4 des Finals 2026 serait sur le podium de l’histoire moderne.

OG AnunobyToujours aussi flegmatique, OG Anunoby a bien fait rire tout le monde sur le plateau de Good Morning America, lorsqu’il a été interrogé sur sa claquette déjà légendaire. Maintenant que les Knicks ont remporté le titre, on peut sans doute poutant dire qu’il s’agit de l’action la plus importante de l’histoire de la franchise !

Pourtant, l’ailier n’avait pas grand-chose à dire sur l’action, si ce n’est qu’il avait surtout envisager de dunker…

« Je ne sais pas s’il y a déjà eu une action plus importante dans l’histoire des Knicks. » À chaud, Mike Brown avait pourtant rapidement compris que la claquette d’OG Anunoby ne serait pas un panier comme les autres.

Il y avait bien sûr le contexte : un Game 4 des Finals, un Madison Square Garden en fusion, un retard de 29 points effacé, et cette claquette à 1.2 seconde de la fin pour offrir aux Knicks une victoire 107-106 face aux Spurs. New York passait alors de la perspective d’une série à 2-2, avec l’avantage du terrain récupéré par San Antonio, à une avance de 3-1, avant d’aller chercher le titre à San Antonio lors du Game 5. Et les chiffres confirment l’ampleur du moment.

D’après une modélisation publiée par Mike Beuoy, créateur d’Inpredictable, la claquette d’OG Anunoby aurait fait passer les chances de titre des Knicks de 56.4% à 81.1%. Soit un bond de 24.6 points dans les probabilités de titre !

Dans ce classement des plus grands tirs de l’histoire moderne en termes d’impact sur le titre, l’ailier new-yorkais est ainsi troisième. Seuls Robert Horry, avec son 3-points du Game 5 des Finals 2005 contre Detroit (+27.9 points), et Kyrie Irving, avec son tir primé du Game 7 des Finals 2016 face aux Warriors (+27.8 points), font mieux.

Devant Ray Allen ou Michael Jordan

Ce n’est pas rien puisque la claquette d’OG Anunoby devance des tirs entrés dans la mythologie NBA : le 3-points de Ray Allen face aux Spurs en 2013 (+17.6) ou celui de Michael Jordan contre Utah en 1998.

Ce classement purement mathématique ne mesure pas la beauté du geste, ni son importance émotionnelle, ni même son influence réelle a posteriori. Il mesure uniquement le changement de probabilité de titre avant et après le tir, en considérant d’ailleurs que les chances de remporter le prochain match sont de 50/50. D’où certaines limites…

C’est ce qui explique que Derrick White, avec sa claquette au buzzer contre Miami en finale de conférence 2023, apparaisse en quatrième position (+22.5), même si Boston avait finalement perdu le Game 7.

Pour OG Anunoby, le panier change toute la géométrie des Finals. Raté, les Knicks perdaient sans doute le match, et les Spurs égalisaient et rentraient à San Antonio avec l’avantage du terrain. Pour une nouvelle série en trois matchs, dont deux à domicile. Réussi, New York prenait une avance de 3-1, avec donc trois balles de titre.

« C’était cool », avait simplement soufflé OG Anunoby après la rencontre, fidèle à son flegme habituel. « Tout le monde était excité, je l’étais aussi. On profite du moment, mais on est déjà concentrés sur le prochain match. »

Robert Horry, le tir qui change une série entière

Si la claquette d’OG Anunoby reste derrière le tir de Robert Horry en 2005, c’est parce que l’action de « Big Shot Rob » avait fait basculer une finale alors totalement indécise.

Le 19 juin 2005, les Spurs et les Pistons sont à 2-2 dans la série. Le Game 5 se joue à Detroit, en prolongation, et San Antonio est mené 95-93. Il reste 5.8 secondes lorsque Manu Ginobili attire l’aide de Rasheed Wallace. L’Argentin ressort alors le ballon vers Robert Horry, laissé libre derrière la ligne à 3-points.

La suite est connue : tir à 3-points, ficelle, les Spurs passent devant 96-95. Detroit n’a plus le temps de répondre, et San Antonio repart du Michigan avec une avance de 3-2, avant de finir le travail lors du Game 7.

Dans le modèle, l’impact est énorme : les chances de titre des Spurs passent de 33.3% à 61.2%. La logique est simple : si Robert Horry manque ce tir, Detroit prend probablement les commandes de la série, 3-2, avec deux balles de match. S’il marque, San Antonio n’a plus qu’un match à gagner sur deux, à domicile, pour être sacré.

C’est ce qui place ce tir au sommet. Il ne s’agit pas seulement d’un « game winner » en Finals. C’est un tir qui transforme une équipe virtuellement dos au mur en favorite pour le titre.

Kyrie Irving, le tir d’un Game 7

Le tir de Kyrie Irving en 2016 obéit à une autre logique. Il ne s’agit plus de faire basculer une série à 2-2 ou à 3-2. Il s’agit d’un Game 7, donc d’un match où la probabilité de titre se confond avec celle de gagner la rencontre.

À 53 secondes de la fin, Cleveland et Golden State sont à égalité, 89-89. Les Warriors n’ont plus marqué depuis plusieurs minutes, les Cavaliers cherchent une ouverture, et Kyrie Irving se retrouve face à Stephen Curry sur le côté droit. Un dribble de recul, un 3-points par-dessus le MVP, et Cleveland prend trois points d’avance.

Le tir ne donne pas encore officiellement le titre aux Cavaliers, mais il les fait passer en position de force dans l’une des fins de match les plus tendues de l’histoire. Dans la modélisation, leurs chances de titre bondissent de 58.1% à 85.9%, soit +27.8 points.

L’écart avec Robert Horry est infime. Mais le point de départ est différent : Cleveland avait déjà le ballon dans un match à égalité, donc une probabilité légèrement supérieure à 50% avant le tir. Le panier de Kyrie est immense parce qu’il intervient dans un Game 7, contre une équipe à 73 victoires, pour conclure une remontée de 1-3. Le modèle, lui, ne retient que la situation : égalité, possession Cavaliers et moins d’une minute à jouer.

C’est aussi ce qui permet de mieux mesurer la place d’OG Anunoby. La claquette des Knicks n’a pas eu lieu dans un Game 7, et elle n’a pas immédiatement offert le trophée. Mais, en faisant passer New York de la menace d’un 2-2 à l’avantage d’un 3-1, elle a produit un basculement comparable à celui des tirs les plus célèbres de l’histoire moderne.

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Rédacteur de contenu Dimitri Kucharczyk

Tombé amoureux de la balle orange au son de la voix de George Eddy et des arabesques de Penny Hardaway et Hakeem Olajuwon, Dimitri a intégré BasketUSA en 2008, avant d'en devenir rédacteur en chef

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