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De +29 à la chute : l’impensable naufrage des Spurs

NBA – Confortablement aux commandes du Game 4, San Antonio s’est liquéfié et a vu son jeu se déliter complètement en deuxième période.

Stephon Castle (Spurs) contre les Knicks lors du Game 4Mais comment les Spurs ont-ils pu laisser filer ce match ? Auteurs d’une première période quasi parfaite, les visiteurs ont complètement craqué au retour des vestiaires, jusqu’à s’incliner sur la claquette déjà légendaire d’OG Anunoby à 1,2 seconde du buzzer. San Antonio menait de 27 points au repos, et a compté jusqu’à 29 points d’avance. Puis tout s’est effondré…

Sur un nuage au tir et dans l’animation, les Texans se sont complètement égarés en chemin. « Nous nous sommes éloignés de ce qui nous avait permis de marquer 76 points en première période : la pression mise vers l’arceau, le fait d’aller vers le cercle après l’écran, de continuer à trouver le chemin de la raquette pour soi ou pour un coéquipier… Nous étions sur les talons », a déploré Mitch Johnson. « Nous avons manqué des tirs, et vous n’obtenez pas autant de lancers-francs et de bonnes positions quand vous jouez sur les talons de la sorte. »

Il y avait pourtant de premiers signes avant-coureurs du désastre. Le troisième quart-temps avait vu les Knicks retrouver des couleurs, et surtout les Spurs perdre un peu le fil de leurs intentions. Mais ils comptaient encore 20 points d’avance à 9 minutes 30 de la fin et semblaient avoir laissé passer l’orage.

« Je crois que cela a commencé avant » le quatrième quart-temps, a d’ailleurs estimé Victor Wembanyama. « Je ne sais pas vraiment comment l’expliquer. Une question d’exécution, de gourmandise en quelque sorte. Nous n’étions clairement pas ceux qui avaient le plus faim en deuxième période. »

Une deuxième période très mal gérée

« Par moments, l’agressivité et la conviction se sont un peu dissipées », a abondé Mitch Johnson, qui n’a pas trouvé le levier pour stopper l’hémorragie et relancer son équipe en deuxième période. « Et ils ont mis des tirs qui ont renversé la dynamique. Nous avions besoin de quelques actions de caractère pour finir le boulot. »

Ce que San Antonio n’a pas su faire, du lay-up pris par De’Aaron Fox à dix secondes de la fin au lieu de laisser s’égrainer le chronomètre, aux deux lancers-francs manqués par Victor Wembanyama à moins de deux minutes du terme.

Les Spurs étaient sur une voie royale pour complètement relancer cette finale, et conclure ce fou début de série avec un quatrième succès à l’extérieur en quatre rencontres, un scénario inédit. Les voilà désormais contraints à un exploit plus grand encore : remonter un retard de 3-1 pour croire à la bague. Il faudra pour cela panser les plaies de cette défaite historique, la plus large avance dilapidée dans une rencontre des Finals, et tenter de se remobiliser dans trois jours au Frost Bank Center.

« C’est tout en haut des leçons qu’on a reçues cette saison en termes de circonstances et d’enjeux », a expliqué Mitch Johnson. « Faire un aussi bon travail comme nous l’avons fait en première période, avoir l’avance que nous avions, et ne pas être capable de finir le boulot… C’est décevant, c’est le moins que l’on puisse dire. […] Je ne veux en aucun cas occulter ce que les Knicks ont fait, et il faut souligner qu’ils ont joué un bon basket. Mais j’ai le sentiment que nous avons décidé du sort des quatre matchs. »

« Je ne sais pas s’il faut la digérer, je pense qu’il faut ressentir la douleur, le dégoût », soulignait Victor Wembanyama. « Et je pense que ça ne s’apprend pas. Soit on a ce qu’il faut, soit on ne l’a pas. »

Le seul précédent des Cavaliers en 2016

San Antonio devra désormais s’inspirer des Cavaliers, seule équipe de l’histoire à avoir remonté un déficit de 3-1 lors des Finals, en 2016 contre les Warriors. Ou alors des Pistons et des Sixers, qui y sont parvenus tous deux au premier tour cette année.

« Cela peut aller dans deux directions », prophétise « Wemby ». « La mauvaise serait d’abandonner. La bonne serait de devenir plus fort après ça, d’être plus soudés. Et je pense que c’est ce que nous allons faire. »

« Cela fait évidemment mal », résume Dylan Harper, déjà projeté sur la prochaine rencontre. « Nous avons donné ce match alors que nous menions de 30 points. Nous sommes blessés, énervés. Mais cela va alimenter le feu en nous. Quand nous sommes dos au mur, nous avons toujours répondu présents. Ce n’est pas différent pour nous. Il reste beaucoup de basket à jouer. Quand tout ça sera terminé, je vais aller prendre une douche, oublier tout ça et me préparer pour le Game 5. C’est le match le plus important. »

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