La star des Knicks a répondu présent pour son premier match de NBA Finals, marquant 13 de ses 30 points dans le dernier quart-temps pour offrir la victoire à son équipe. Les nuances de la performance de Jalen Brunson racontent toutefois une version différente de la même histoire.
Car le meneur de New York a pris 31 tirs lors du premier match, soit presque le tiers des tentatives de son équipe. C’est également son plus grand nombre de tirs sur un match lors de ces playoffs. Dans une rencontre où l’attaque des Knicks n’a jamais trouvé son rythme, il a pris ses responsabilités pour essayer de trouver la faille.
« Je ne pense pas que nous ayons mal défendu sur lui. Il a terminé à 12 sur 31. Dans un match de saison régulière, on dirait que c’est un pourcentage assez pauvre », nous confirmait Julian Champagnie au lendemain du Game 1. « Mais c’est un super joueur, il a réussi à mettre des tirs en fin de match pour mener son équipe à la victoire. »
Un 12/31 qui dit quelque chose
La fin a donc justifié les moyens employés par Jalen Brunson. Il n’était qu’à 7/22 aux tirs lors des trois premiers quart-temps, mais il a inscrit cinq de ses neuf tentatives lors de la dernière période, avec notamment huit points de suite qui ont donné le contrôle du match aux Knicks.
« On aurait pu mieux faire en fin de match sur lui », nous disait Dylan Harper, qui a assisté aux dernières minutes sur le banc. « Je suis certain qu’on continuera à être physique sur lui, à varier nos stratégies défensives mais… 12/31, ça veut dire qu’on lui a rendu la tâche difficile. Avec ce type de joueur, on ne peut faire que ça. »
La principale différence entre le dernier quart-temps et les trois premiers, c’est la façon dont Jalen Brunson a chassé le duel qu’il souhaitait avant d’attaquer. En finale de conférence Est, James Harden était sa proie de prédilection. Lors du Game 1, les Knicks et Jalen Brunson ont ciblé Julian Champagnie.
Julian Champagnie dans le viseur
Cette décision ne vient pas simplement du meneur et de son entraîneur pendant le match. Elle est issue d’un travail collectif effectué en amont pour savoir qui attaquer, et comment le faire, au moment le plus propice.
« Nos scouts font un super travail dans ce domaine. Ils passent des informations à nos assistants, qui consultent nos experts en statistiques pour savoir le duel que l’on veut exploiter selon telle ou telle situation », expliquait Mike Brown. « Les joueurs ont également leur mot à dire, ainsi que d’autres personnes de notre staff. »
Julian Champagnie n’était d’ailleurs pas surpris d’avoir une cible dans le dos. C’était déjà le cas contre Minnesota et Anthony Edwards, mais aussi Oklahoma City et Shai Gilgeous-Alexander.
Nous lui avons donc demandé s’il avait besoin d’un temps d’adaptation pour passer de « Ant » au double MVP, puis maintenant à Jalen Brunson, contre qui il n’a joué que trois fois cette saison. De la même manière que les Knicks se préparent pour attaquer les maillons faibles adverses, les Spurs s’attachent à être prêts quand cette situation arrive.
« Nous avons un excellent staff. Il nous donne des instructions claires sur nos placements individuels, nos schémas collectifs et la façon dont on va défendre un joueur comme Brunson », décrit-il. « Quand on applique le plan de jeu, on est récompensé. Quand on fait confiance au staff mais aussi à nos coéquipiers, sachant qu’ils sont en aide derrière si jamais ça ne se passe pas comme on le souhaite, de bonnes choses arrivent. »
Refuser le duel personnel
Ce duel démarre donc avec de la discipline. Avant le Game 1, Mitch Johnson avait alerté ses joueurs sur le fait que les Knicks savent exploiter la moindre erreur adverse. Et parfois, même si vous appliquez les consignes à la lettre, des stars comme Jalen Brunson peuvent vous sortir un tir difficile au bon moment pour tuer le match.
Les Spurs ne veulent donc pas se précipiter. Ils sont arrivés en finale avec certains principes, et ils ne veulent pas tout remettre en question après un match. Stephon Castle aimerait par exemple rester sur Jalen Brunson tout le match, mais il sait que le coaching staff a un plan.
« J’ai entièrement confiance en mes coéquipiers et en mes entraîneurs. Je ne veux pas essayer de trouver une solution moi-même pendant le match », confirme-t-il. « Nous avons changé sur les écrans pendant toute la saison et ça a fonctionné. Évidemment, nous discutons des pour et des contre de chaque situation mais ce n’est pas le moment de tout remettre en question. En particulier, je ne veux pas que ça se transforme en Castle contre Brunson. Je suis focalisé sur ce dont notre défense collective a besoin pour être performante. »
On verra lors du Game 2 si les Spurs continuent avec la même stratégie, ou s’ils changent leur fusil d’épaule…
Propos recueillis à San Antonio.
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