Nicolas Batum, une carrière en 10 moments inoubliables

NBA – Après 18 ans passés dans la Grande Ligue, Nicolas Batum a décidé de raccrocher les sneakers. BasketUSA vous propose de survoler la carrière de « Batman » à travers dix moments marquants.

Nicolas BatumCe mardi, une nouvelle est venue chambouler les fans de basket français : Nicolas Batum prend sa retraite après 18 saisons disputées en NBA et 11 553 points inscrits, deuxième plus haut total pour un Français derrière Tony Parker.

Mais la carrière de « Batman », ce ne sont pas seulement des statistiques. Ce sont aussi des moments qui ont marqué l’histoire du basket français, et parfois celle de la NBA, qu’on vous propose de (re)découvrir !

Champion d’Europe et MVP à 17 ans

Le premier fait d’armes de Nicolas Batum sur la scène internationale intervient alors qu’il n’a que 17 ans. Le maillot bleu déjà vissé sur les épaules, le jeune ailier est le leader d’une Equipe de France U18 qui a tout d’une génération dorée, avec Antoine Diot, Alexis Ajinça ou encore Adrien Moerman.

Dans le sillage du Normand, MVP du tournoi grâce à ses moyennes de 14.3 points, 7.9 rebonds et 1.1 contre, les Bleuets viennent à bout de l’Espagne en demi-finale, avec 24 points de Batum, puis de la Lituanie en finale. Un dernier carré que « Batman » sera ensuite amené à recroiser chez les grands…

35 points, son record en NBA

Alors qu’il évolue depuis quatre ans à Portland, Nicolas Batum est déjà devenu un titulaire indiscutable. Homme à tout faire et redoutable défenseur, il se montre également capable de prendre feu en attaque.

C’est exactement ce qui se produit le 16 novembre 2012 face aux Rockets. Le Français inscrit 35 points, accompagnés de 5 contres, et permet aux Blazers de s’imposer après prolongation. Une marque qui restera son record personnel en NBA jusqu’à la fin de sa carrière.

Le rarissime « five-by-five »

Un mois plus tard, le 16 décembre 2012, Nicolas Batum entre un peu plus dans les livres d’histoire de la NBA. Face aux New Orleans Hornets, l’ailier réalise un rarissime « five-by-five » avec 11 points, 5 rebonds, 10 passes décisives, 5 interceptions et 5 contres.

Depuis que ces statistiques sont comptabilisées individuellement, seuls quelques joueurs avaient réussi pareille performance avant lui, parmi lesquels Hakeem Olajuwon, David Robinson ou Andreï Kirilenko.

Une prouesse que des légendes aussi polyvalentes que Michael Jordan ou LeBron James n’ont jamais accomplie.

Un lieutenant paré d’or à l’Euro

En 2013, l’Equipe de France arrive à l’Euro dans le flou après le forfait de plusieurs cadres, dont Ronny Turiaf et Joakim Noah. À 24 ans, Nicolas Batum est déjà, derrière Tony Parker et Boris Diaw, l’un des leaders d’une sélection ambitieuse qui vise une médaille en Slovénie.

Les débuts sont poussifs, aussi bien pour l’équipe, battue par l’Allemagne et la Serbie, que pour le jeune ailier, qui peine à trouver son rythme en attaque dans l’ombre de TP. Mais les Bleus se reprennent, sortent la Slovénie puis l’Espagne au terme d’une demi-finale héroïque, avant que le natif de Lisieux ne choisisse le meilleur moment possible pour se réveiller.

Face à la Lituanie en finale, Nicolas Batum inscrit 17 points en première mi-temps et donne immédiatement le ton. Il ne marquera plus ensuite, mais son coup de chaud lance parfaitement les hommes de Vincent Collet vers le premier titre de l’histoire de l’Equipe de France masculine.

Un Mondial 2014 héroïque

L’été suivant, la France se rend à la Coupe du monde sans son virtuose Tony Parker. Si Boris Diaw reste le capitaine et le joueur le plus expérimenté du groupe, le leader offensif attendu est évident : Nicolas Batum.

Un rôle qu’il a encore une fois du mal à endosser en début de compétition. Sans un grand Batum en attaque, les Bleus éliminent pourtant l’Espagne, chez elle, en quart de finale et atteignent le dernier carré.

Moment choisi par « Batman » pour sortir son costume de super-héros. Alors que la France court après le score en demi-finale face à la Serbie, l’ailier inscrit 35 points et maintient ses coéquipiers dans le match. En vain.

Mais Nicolas Batum sait qu’il reste une médaille à aller chercher. Lors de la petite finale, il signe un nouveau récital avec 27 points à 8/12 au tir pour dominer la Lituanie et offrir le bronze aux Bleus.

Sa meilleure saison en carrière

À l’intersaison 2015, les Blazers cherchent à lancer un nouveau cycle et décident d’envoyer Nicolas Batum aux Charlotte Hornets. Aux côtés de Kemba Walker, le Français gagne en responsabilités.

C’est notamment le cas lors de la saison 2016/17, la meilleure de sa carrière sur le plan statistique. Batum tourne alors à 15.1 points, 6.2 rebonds et 5.9 passes décisives de moyenne.

Le 23 décembre 2016, face aux Bulls, il compile notamment 20 points, 11 rebonds et 10 passes pour signer l’un de ses nombreux triple-doubles sous le maillot de Charlotte.

Malgré sa polyvalence et sa régularité, les Hornets ne parviennent pas à atteindre les playoffs cette saison-là. À partir de là, ses statistiques vont progressivement diminuer et le Français va devoir se réinventer.

La renaissance aux Clippers

En 2020, son aventure à Charlotte tourne au vinaigre. Nicolas Batum est de moins en moins utilisé et, à 31 ans, son avenir en NBA semble sérieusement s’assombrir lorsqu’il est finalement coupé. Les Clippers décident alors de lui offrir une nouvelle chance.

Le Français trouve immédiatement un environnement parfaitement adapté à ses qualités. Tyronn Lue l’utilise comme un joueur capable de défendre sur plusieurs postes, de faire circuler le ballon et d’étirer les défenses.

Il ne faut que quelques semaines pour que la mayonnaise prenne. Batum devient un rouage indispensable d’une équipe qui atteint, avec lui, la première finale de conférence de l’histoire de la franchise en 2021.

Redevenu létal à longue distance et précieux dans toutes les tâches de l’ombre, il relance totalement sa carrière en Californie. C’est finalement sous le maillot des Clippers qu’il disputera également son dernier match en NBA.

Le contre de Tokyo

En 2021, la France fait partie des outsiders sérieux pour décrocher une médaille aux Jeux olympiques de Tokyo. Un statut d’abord validé par une victoire face à Team USA en phase de poules, puis par une qualification dans le dernier carré après un succès arraché face à l’Italie.

En demi-finale, les Bleus retrouvent la Slovénie, championne d’Europe en titre et menée par Luka Doncic. Excellent en défense depuis le début du tournoi, Nicolas Batum donne immédiatement le ton en contrant le meneur slovène dès les premières minutes.

Malgré le triple-double de Doncic, la France mène d’un point à quelques secondes du terme. Le prodige slovène décale alors Klemen Prepelic, qui attaque le cercle.

Plus rapide que Batum, l’arrière semble avoir fait la différence et n’a plus qu’à déposer le ballon sur la planche. Mais le capitaine français revient et dévie sa tentative du bout des doigts quelques dixièmes avant la sirène.

Un contre devenu instantanément mythique, qui envoie la France en finale olympique.

Les Bleus ne parviendront pas à battre les États-Unis une deuxième fois et devront se contenter de l’argent. Mais cette action de Nicolas Batum reste l’une des images les plus fortes de l’histoire de l’Equipe de France.

Il envoie les Sixers en playoffs

En 2024, Nicolas Batum a 35 ans et vient d’être transféré aux Sixers dans l’échange qui a envoyé James Harden aux Clippers. Son rôle n’est plus celui d’un scoreur, mais le Français va rappeler lors du play-in qu’il est toujours capable de changer le cours d’un match.

Face au Miami Heat, alors que Joel Embiid est diminué, Batum porte Philadelphie avec 20 points, dont 17 en deuxième mi-temps. Il inscrit six tirs primés et ajoute même un contre déterminant dans les dernières secondes.

Une performance qui permet aux Sixers de décrocher leur billet pour les playoffs et qui rappelle une nouvelle fois la capacité du Français à répondre présent dans les grands rendez-vous.

Paris 2024, la dernière danse en Bleu

Quelques semaines plus tard, l’ailier est de retour avec l’Equipe de France pour disputer les Jeux olympiques devant son public.

À Villeneuve-d’Ascq, le premier tour est poussif. Les Bleus passent tout près de la catastrophe face au Japon avant d’être largement dominés par l’Allemagne lors du dernier match de groupe.

À la mi-temps de cette rencontre, Nicolas Batum, capitaine de la sélection, prend la parole et secoue ses coéquipiers. Une intervention qui symbolise parfaitement son rôle au sein du groupe.

Alors que peu de monde les imagine passer face au Canada en quart de finale, les Bleus maîtrisent pourtant la rencontre à Bercy, puis prennent leur revanche sur les Allemands en demi-finale, avec un Batum toujours aussi précieux défensivement.

Comme trois ans plus tôt à Tokyo, l’épopée s’arrête finalement face à Team USA en finale. Nicolas Batum quitte ainsi l’Equipe de France sur une deuxième médaille d’argent olympique consécutive, à Paris, devant son public.

Une dernière danse à l’image de sa carrière en Bleu : rarement en vedette, mais presque toujours indispensable.

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Rédacteur de contenu Nicolas Bulach
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