Être drafté en NBA puis retourner jouer en NCAA ? C’est le scénario improbable que tente actuellement Trey Kaufman-Renn. Sélectionné en 59e position par les Wolves, l’ancien de Purdue a obtenu une première victoire devant la justice afin de pouvoir disputer une sixième saison universitaire.
Un exemple parmi d’autres du casse-tête juridique dans lequel se trouve actuellement la NCAA, confrontée à une multiplication des recours sur l’éligibilité, mais aussi à l’explosion du NIL et du portail des transferts.
Le Congrès américain veut désormais intervenir. Mardi, le Sénat a voté à une très large majorité, 74 voix contre 24, pour faire avancer le « Protect College Sports Act ». Il s’agit encore d’une étape procédurale : le texte doit désormais passer par d’autres votes au Sénat avant, en cas d’adoption, d’être examiné par la Chambre des représentants.
Une seule mutation et cinq ans d’éligibilité
« Cette loi met de l’ordre [dans le sport universitaire] », assure la sénatrice Maria Cantwell, qui porte le projet avec Ted Cruz. Ce dernier le présente comme « une solution bipartisane destinée à mettre de l’ordre dans le chaos ».
Pour les basketteurs universitaires, les conséquences pourraient être majeures. Le texte limiterait notamment chaque joueur à un seul transfert sans avoir à rester une saison sans jouer, avec certaines exceptions. De quoi freiner les changements d’université à répétition devenus courants avec le « transfer portal ».
Autre mesure : la loi fixerait à cinq années maximum l’éligibilité en NCAA. Une disposition qui permettrait à l’instance de mieux résister aux recours judiciaires qui ont bouleversé ses règles ces derniers mois.
Le NIL serait lui aussi davantage encadré. Le plafond permettant aux universités de partager environ 22% de certaines recettes avec leurs athlètes serait inscrit dans la loi, soit environ 21,5 millions de dollars cette saison. Les établissements pourraient également disposer d’une enveloppe supplémentaire pouvant atteindre 27,5 millions de dollars pour retenir leurs joueurs, avec l’objectif de rapatrier dans un cadre réglementé une partie des accords NIL actuellement conclus avec des tiers.
« Je pense que cela règle environ 75 à 80% de nos problèmes », estime John Calipari, coach d’Arkansas et partisan du projet. « Rien n’est parfait. C’est une première bouchée dans la pomme. »
Redonner du pouvoir à la NCAA ?
C’est justement ce qui inquiète les opposants au texte. Car celui-ci offrirait surtout à la NCAA et aux conférences un cadre fédéral leur permettant de faire respecter certaines règles aujourd’hui contestées devant les tribunaux.
« Encore et encore, les tribunaux ont déterminé que les universités, la NCAA et les conférences violaient la loi », rappelle ainsi le sénateur Chris Murphy, opposé au projet. Pour lui, « ce texte protège, au fond, un système d’exploitation ». Le débat est donc très loin d’être terminé…
Mais après des années de NIL incontrôlable, de transferts à répétition et de décisions contradictoires sur l’éligibilité, le sport universitaire américain pourrait se rapprocher d’un cadre fédéral unique. Avec, pour le basket NCAA, des conséquences directes sur la constitution des effectifs et la durée des carrières universitaires.
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