Malgré les forfaits de dernière minute d’A’ja Wilson et Kelsey Plum, les États-Unis font toujours office de grandissimes favoris pour le titre à la Coupe du monde, qui démarre ce vendredi. Statut dû, en grande partie, à leur invincibilité qui tient depuis désormais vingt ans dans la compétition.
Une échéance attendue de pied ferme par Napheesa Collier, double médaillée d’or olympique, mais qui n’a pas encore participé à un Mondial. Après plus de dix mois d’absence et une opération à chaque cheville, elle a fait un court retour sur les parquets WNBA avant de prendre la direction de l’Allemagne, où elle est prête à tout pour ajouter une nouvelle ligne à son palmarès.
Quel sentiment prédomine à quelques heures de votre premier match à la Coupe du Monde ?
C’est toujours une belle expérience de porter le maillot de Team USA. Plus personnellement, c’est surtout cool de pouvoir être prête dès maintenant malgré mes problèmes aux chevilles. Je suis très excitée, c’est ma première fois en Allemagne, donc ça aussi ça va être cool.
Vous avez repris il y a peu de temps en WNBA, mais où en êtes-vous physiquement ?
Je ne suis pas à 100%, mais je me sens mieux et plus forte après chaque match.
Votre équipe était sur une bonne dynamique, et occupe la première place en WNBA. Est-ce compliqué de devoir mettre tout ça en pause ?
Je pense que c’est une bonne chose pour les joueuses qu’il y ait cette pause. Moi, je n’ai pas beaucoup joué, mais c’est une longue saison donc c’est bien qu’elles puissent souffler. Elles vont pouvoir récupérer mentalement et physiquement pour revenir plus fraîches en vue des play-offs.
Il y a plusieurs joueuses européennes à Minnesota. Avez-vous discuté avec elles depuis votre arrivée à Berlin ?
Oui, on espère pouvoir faire des choses ensemble. Après les matches évidemment. Il y a un peu de trash-talk, chacun essaye de prédire comment les matches vont se passer.
Justement, votre premier match a lieu demain face à la Chine. À quoi vous attendez-vous ?
C’est une très belle équipe, on va avoir un match difficile d’entrée. Elles ont de grandes intérieures et des arrières rapides. On a beaucoup travaillé la défense aujourd’hui, pour être sûr que chacun connaisse ses match-ups.
L’équipe s’est réunie un peu tard, à trois jours du début de la compétition. Comment avez-vous construit une cohésion en si peu de temps ?
C’est sûr que c’est court, mais on est habituées. Ces tournois ont toujours lieu l’été, et nos joueuses proviennent toutes de WNBA. On doit s’assurer d’avoir une bonne communication, et c’est ce qu’on a réussi à faire.
En tant qu’ancienne MVP en WNBA, à quel point est-ce difficile de devoir occuper un rôle plus modeste avec l’équipe nationale ?
Quand tu représentes les États-Unis, tu oublies le rôle que tu avais en WNBA et tu fais ce qui aidera la sélection. Il n’y a pas d’égos dans cette équipe. Peu importe ce que la coach me demande ou le nombre de minutes que je vais jouer, je ferai ce qui aide l’équipe. Le but ultime, c’est la médaille d’or.
La dernière défaite des États-Unis à la Coupe du Monde date d’il y a 20 ans. Y a-t-il une sorte de pression instaurée par la réussite de vos aînées ?
Je ne connaissais pas cette stat, peut-être que maintenant oui alors. [Rires] On essaye d’être toujours aussi compétitif. On sait que l’historique de Team USA génère beaucoup d’attentes. C’est un honneur de pouvoir entretenir la réputation de la sélection. On prend cela très au sérieux. On aborde tous les matchs comme une finale. C’est la moindre des choses quand on porte ce maillot.
Tout de même, il y a deux ans, la France n’était pas loin de vous emmener en prolongation à Paris. Comment voyez-vous l’évolution du rapport de force que vous entretenez avec les Bleues ?
La France, c’est un immense concurrent. C’est une très bonne équipe. Ça s’est joué d’un rien aux Jeux Olympiques. Ça faisait des années qu’on n’avait pas eu un match aussi serré. J’ai l’impression que partout dans le monde, le niveau de jeu s’améliore. Il y a une vraie parité qui est en train de s’installer. On ne va prendre personne à la légère, en particulier la France.
Propos recueillis à Berlin par Nicolas Bulach
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